Si, en vertu de son pouvoir de direction, lemployeur peut
modifier les conditions dexécution du travail sans laccord du salarié
concerné, il nen est pas de même pour les modifications déléments
substantiels : une modification est substantielle lorsquelle affecte une
clause du contrat jugée essentielle, déterminante, par la partie en cause au moment de
la conclusion du contrat de travail.
A. Modifications non substantielles du contrat de travail
Lemployeur peut modifier unilatéralement, en vue de la
bonne marche de son entreprise, les conditions de travail. Ainsi, lemployeur peut
modifier les fonctions du salarié, le lieu et lhoraire de travail. Le
salarié ne peut refuser ces modifications. Son éventuel refus ne sanalyse
plus comme une démission lui faisant perdre ses droits aux différentes indemnités
prévues en cas de licenciement, mais comme une faute grave pouvant justifier le
licenciement.
A défaut dun tel licenciement. le contrat nest pas rompu,
de sorte que le salarié ne peut réclamer aucune indemnité (Cass. Soc. 10 juillet 1996,
Vanderdonckt ciGan vie).
B. Modifications substantielles du contrat de travail
Si lemployeur a modifié une clause substantielle du contrat de
travail, le refus de cette modification par le salarié est analysé non pas comme une
démission mais comme un licenciement à la charge de lemployeur. Ce dernier
devra respecter le préavis et payer lindemnité de licenciement.
Remarque :
modification substantielle pour motif économique
Selon le nouvel article L. 321-1-2 du Code du travail,
lemployeur qui envisage pour un motif économique dapporter une modification
substantielle aux contrats de travail doit en informer chaque salarié par lettre
recommandée avec accusé de réception; la lettre de notification informe le salarié
quil dispose dun mois à compter de la réception pour faire connaître son
refus. À défaut de réponse dans le délai dun mois, le salarié est réputé
avoir accepté la modification proposée.
Lacceptation entraîne novation du contrat de travail.
Une entreprise espérant conserver tous ses salariés devra mettre en place un plan social
quand bien même moins de dix salariés refuseraient la proposition de modification
substantielle (Cass. soc. 3 décembre 1996, Sté Framatome connectors France/cce N0 4687
P +B). En effet, pour la Cour de cassation, il faut entamer la procédure de licenciement
lourde et mettre en place un plan social si plus de 20 emplois sont supprimés alors même
que tous les salariés se voient proposer des mesures de reclassement et quaucun
licenciement nest envisagé.