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Par Christelle Jouan

La libéralisation du statut des travailleurs frontaliers suisses

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75 000 frontaliers résidant en France et salariés en Suisse bénéficient depuis le 01 Juin de cette année de la libéralisation de leur statut de frontalier, suite à la signature de l’accord de Libre Circulation des Personnes (LCP) entre la Confédération helvétique et l’Union Européenne. Les restrictions qui sont liées à l’actuel statut de frontalier vont disparaître par étapes, l’une après l’autre jusqu’à la fin de la période transitoire de 12 ans. Ainsi, même si beaucoup de choses restent à définir, le statut du frontalier en Suisse se construit peu à peu.

De nombreuses évolutions sont prévues dans l’application de l’accord sur la LCP. Cependant la libéralisation se fera pas à pas et la liste ici faite n’est pas exhaustive.

 A l’entrée en vigueur de l’accord càd depuis le 01/06/2002 :

·        Tous les ressortissants de L’UE peuvent travailler en qualité de frontaliers.

·        L’obligation de séjour préalable dans la zone frontalière, de 6 mois avant le 01/06/2002, disparaît.

·        Les frontaliers bénéficient d’une extension de la mobilité à toutes les zones frontalières avec les pays voisins.

·        Le salarié n’est plus obligé de rentrer quotidiennement à son domicile, le retour est maintenant accordé de manière hebdomadaire.

·        De plus, il obtient un droit à la mobilité professionnelle et géographique dans la zone frontalière où il exerce.

·        La durée du permis de travail est étendue à 5 ans, contre 1 an précédemment.

·        Et enfin, un frontalier a maintenant le droit d’exercer une activité indépendante.

·        La plupart des diplômes professionnels sont maintenant reconnus en Suisse sous réserve qu’ils répondent à des standards minimaux.

·        Le statut de saisonnier est aboli : les saisonniers et les titulaires d’une autorisation de courte durée ne seront plus tenus de quitter la Suisse à l’échéance de leur autorisation.

Après 2 ans en 2004 :

·        La priorité accordée aux ressortissants nationaux et le contrôle des conditions salariales et de travail disparaissent. Elles seront remplacées par des mesures d’accompagnement visant à éviter les risques de dumping salarial.

Après 5 ans en 2007 :

Les limites et conditions liées aux zones frontalières sont supprimées. La mobilité sera totale : les frontaliers n’auront plus l’obligation de résider dans une zone frontalière pour pouvoir exercer un métier en Suisse.

Après 7 ans en 2009 :

 Les frontaliers seront affiliés au système d’assurances sociales et maladies de leur choix initial sans possibilité de changement. Des précisions doivent malgré tout être apportées :

 

- Cet accord sur la LCP contient une phase d’essai de 7 ans, au terme de laquelle le souverain suisse aura la possibilité de décider, par voie de référendum facultatif, s’il veut proroger ou non cet accord.

A noter que dans le cadre d’une dénonciation de l’accord sur la LCP, tous les autres accords bilatéraux tomberaient également.

- Dès aujourd’hui les permis frontaliers ne sont plus soumis à contingents. Il ne faut pas avoir pour autant peur d’une augmentation massive du nombre de frontaliers en Suisse, car ce nombre dépend de la situation conjoncturelle : il augmente lorsque l’économie est en phase d’expansion.

Malgré tout, la Suisse se réserve le droit de rétablir et maintenir si nécessaire les contingents d’immigrations durant les 5 premières années et par la suite prendre des mesures limitatives en cas de forte immigration.

- Le permis de travail permet aux frontaliers de changer d’emploi, de profession ou de canton, mais seulement à l’intérieur des zones frontalières suisses pendant les 5 premières années.

Les salariés et indépendants jouiront de la liberté de choisir le lieu de leur résidence et le lieu de leur travail et disposeront d’un droit au regroupement familial.

- Concernant plus précisément les choix des assurances sociales et maladie, 3 possibilités sont offertes aux transfrontaliers jusqu’en 2009 :

   1/   Choix de souscrire la Sécurité Sociale française (CMU) à laquelle pourra être adjoint une complémentaire facultative.

   2/   Choix de souscrire une assurance sociale suisse (à un tarif spécial frontaliers) qui versera des prestations selon la base de LAMal pouvant être complétée par une complémentaire facultative.

   3/   ou enfin choix de souscrire une assurance dite « au premier euro » ou « plénière ».

Malgré toutes ces évolutions issues de la signature de l’accord sur la LCP, rien n’a prévu la suppression des contrôles aux frontières, ni la libre circulation des chômeurs : pour s’installer en Suisse un ressortissant de l’UE devra avoir un travail ou justifier de ressources financières suffisantes. Aussi Mesdames et Messieurs, même si la rémunération représente le premier pôle d’attractivité d’un travail en Suisse et que depuis le 1er Juin le statut de frontalier s’est assoupli, n’oubliez pas qu’une autorisation est et sera toujours nécessaire pour exercer une activité lucrative en Suisse.

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Sources :
« Les frontaliers français ne veulent pas se couvrir en Suisse » Entreprise & Carrières – 19/12/2000
Sites web :
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Bureau de l’intégration DFAE/DFE : www.europa.admin.ch
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Mutuelle Santé : www.mutuellesante.ch
v          
Site officiel de l’Etat de Genève : www.geneve.ch
v          
Swissinfo : www.swissinfo.org
v          
Alter & Migration : www.alter-migration.ch

 

 
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