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Par Christelle Jouan

L’intérêt du travail frontalier en Suisse

Article suivant : La libéralisation du statut des travailleurs frontaliers suisses


Quand un salarié parle de travailler à l’étranger, la plupart des gens pensent tout de suite à l’expatriation. Il existe cependant un statut particulier, le statut de travailleur frontalier, qui permet au salarié concerné de demeurer et de vivre dans son pays d’origine, tout en travaillant dans un pays autre que le sien. La Suisse, sous certaines conditions, offre cette opportunité aux travailleurs français. Mais ne faisant pas partie de l’Union européenne, elle a dû notamment dans ce cadre conclure un accord qui est entré en vigueur ce 1er Juin, sur la Libre Circulation des Personnes (LCP).

Le statut de travailleur frontalier

Qu’est ce qu’un travailleur frontalier ?
Un travailleur frontalier est un travailleur qui exerce son activité professionnelle dans un pays différent de celui où il réside, et dans lequel il retourne quotidiennement.
Par ailleurs, un employeur désireux d’engager un ressortissant étranger, doit prouver qu’il n’a pas

 

trouvé sur le marché du travail suisse un résident capable d’occuper le poste concerné.
Vivant en France et travaillant en Suisse, le travailleur frontalier se trouve confronté à deux législations différentes. De part cette situation particulière, le frontalier se doit de bien connaître ses droits.
Voici donc quelques points de différence notable entre la législation suisse et la législation française :

En Suisse

En France

Pas de salaire minimum légal
Durée moyenne du travail hebdomadaire = 42 heures
Période d’essai fixée à 1 mois pour tout CDI (cette durée peut être réduite ou prolongée à 3 mois maximum)
4 semaines de CP
Nombres de jours fériés = 10
Retraite à 65 ans
Impôts payés à la source
Assurance maladie non prise en charge par l’employeur
SMIC horaire
Durée moyenne du travail hebdomadaire = 35 heures
Période d’essai, renouvelable 1 fois, fixée à 1 mois pour tout CDI non cadre et de 3 à 6 mois pour tout CDI cadre
5 semaines de CP
Nombres de jours fériés = 13
Retraite à 60 ans
Déclaration annuelle sur le revenu de la part du salarié
Assurance maladie en partie prise en charge par l’employeur

 

Le phénomène de travail frontalier en augmentation continue depuis trente ans, s’est encore accéléré pendant la dernière décennie. L’histoire et la géographie économique constituent un terrain favorable au développement de ce flux (une langue commune, une frontière souvent artificielle qui a connu des fluctuations et est aujourd’hui perméable etc..). L’augmentation régulière du nombre de frontaliers semble dépasser les aléas de la conjoncture économique pendant le dernier quart de siècle.

Le marché de l’emploi suisse

Le taux de chômage en Suisse en Avril 2002 était de 2,5 %.
La Suisse applique donc actuellement des contingents pour l’accès à son marché du travail. Des permis de travail sont délivrés en fonction des disponibilités éventuelles constatées dans les diverses branches professionnelles.
74 000 travailleurs frontaliers français vont ainsi travailler quotidiennement en Suisse, puis regagnent leur domicile en France. Ce retour journalier est actuellement obligatoire du fait de la législation suisse. Mais cet inconvénient est pallié par la pratique d’un niveau élevé des salaires, notamment dans les branches déficitaires en main d’œuvre.

A titre d’exemple, les experts s’accordent à dire qu’en Suisse, dans les domaines de l’informatique, des télécoms et des techniques de l’information près de 40 000 postes sont vacants sur environ 120 000 emplois recensés. Les salaires moyens sont de 53 362 euros (350 000 francs) par an en Suisse, contre seulement 38 115 euros (250 000 francs) en Belgique.

 

La Suisse et l’Union européenne

La Suisse possède une économie florissante : avec un PIB de 1 900 milliards de francs français pour 7,35 millions d’habitants. Son ratio de richesse par habitant la place au premier rang mondial, ce qui en fait un marché du travail très convoité.

La Suisse a jusqu’à présent refusé d’adhérer à l’Union européenne pour des raisons qui lui sont propres (76,7 % des suisses ont encore voté contre l’adhésion à l’Union européenne lors de leur dernier referendum du 04/03/01).

Aussi, un accord concernant la LCP entre l’Union européenne et la Confédération suisse, ratifié par le Parlement français, a été conclu le 21 Juin 1999. La négociation sur la LCP portait également sur six autres points :
· les transports terrestres et aériens,
· la recherche et développement technologique,
· les marchés publics,
· l’agriculture,
· la reconnaissance mutuelle en matière de conformité qui vise les obstacles techniques au commerce et les certifications.

Ces sept domaines forment un tout indissociable dont l’application n’entrera en vigueur qu’à partir du moment ou tous les pays de l’Union européenne auront ratifié cet accord.

Pour les pays membres et plus particulièrement ceux frontaliers de la Suisse, comme la France, ces accords comportent des avancées intéressantes. L’accord bilatéral conclu par la Suisse concernant la libre circulation des personnes est entré en vigueur au début de ce mois de Juin 2002. Aussi les modifications engendrées par son application sur le statut des travailleurs frontaliers fera l’objet d’une prochaine étude précise.

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Sources :

Rapport du Sénat sur le projet de loi autorisant la ratification de l’accord sur la libre circulation des personne entre la Communauté européenne et la Confédération suisse – 19/09/2001

« De plus en plus de frontaliers le long de la frontière nord-est » INSEE Nord Pas de Calais – Mars 2001

« Les bons plans et les pièges du travail transfrontalier » Le Monde Informatique 2000
Site web du groupement transfrontalier : www.frontalier.com

 
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