Citoyen ! Faisons un bref retour sur nos cours de philosophie et de
droit
La définition
du «citoyen» est double :
1.
Celui qui appartient à la cité,
notion rapportée de la Grèce Antique. Cette vision permettra d’aborder
l’environnement de l’individu.
2.
Individu considéré comme
personne civique : le bon citoyen en somme, avec la prise en considération
de ses droits et de ses devoirs.
L’environnement
de l’individu se réfère inévitablement à la société, aux individus
qui l’entourent. Pour
participer à la vie de la cité, in extenso à celle de la société,
l’individu va devoir respecter des règles définies par la loi mais
aussi se fixer des devoirs de bonne conduite : accepter les autres et
leurs différences, participer et aider à la vie en communauté. Un
non-respect de certaines règles impliquera soit des sanctions définies
par la Justice (amendes, emprisonnement…), soit une mise à l’écart
par les autres individus.
Mais
les règles et les devoirs ne sont pas les seuls "ingrédients"
à la bonne marche de la société. Il
faut pourvoir l’individu de droits, que diverses chartes sur les droits
de l’homme rappellent aussi souvent que possible : égalité et
liberté… d’expression, de circulation, de respect de la vie privée,
rejet de la discrimination. Néanmoins,
«la liberté des uns commence où celle des autres s’arrête».
Au citoyen, se rattache enfin une notion politique.
Pour participer à la vie de la société, l’individu va élire
ses représentants afin qu’une cohésion forte puisse s’établir.
Ne dit-on pas que le bon citoyen doit voter… faire acte de
civisme ? Ne l’a-t-on pas assez entendu au cours de ces dernières
semaines au moment des élections.
Toutefois, on notera que la côte de popularité des hommes politiques
n’a cessé de chuter dans les sondages au cours de ces dernières années.
Comment
rapprocher le salarié de l’image du citoyen ?
Tout
d’abord par son contexte : l’entreprise regroupe bien un ensemble
d’individus. Le salarié reçoit et émet continuellement des
informations à d’autres salariés (collègues, managers, clients,
fournisseurs). La nature des données sera différente selon le niveau de
qualification et le positionnement au sein de la hiérarchie.
Ensuite,
d’autres facteurs se retrouvent à l’identique :
·
les règles : éditées par le règlement intérieur,
le contrat de travail, où il est inscrit que le salarié doit
accomplir un travail défini en respectant des horaires de travail, un
lien de subordination…
·
les droits : en échange du travail qu’il fourni,
l’entreprise a le devoir de rémunérer son salarié. Ce dernier a le
droit d’être formé, d’être informé, d’élire ses représentants
du personnel et ses conseillers prud’homaux, de se défendre en cas de
litige, de voir respecter le secret de ses correspondances personnelles…
·
les sanctions : posées généralement par le
manager. Elles peuvent revêtir un caractère disciplinaire, comme le
licenciement pour faute grave, ou suite à une appréciation favorable des
performances, entraîner le versement d’une prime.
les dirigeants : souvent comparés à des
politiques. Ils dictent les orientations
·
stratégiques de l’entreprise et servent de guide dans
la bonne mise en œuvre de ces dernières. Malheureusement, leur stratégie,
pas toujours clairement expliquée, entraîne parfois un désaveu de leurs
collaborateurs, voire de leurs pairs (Jean-Marie Messier a vu Bernard
Arnault, l’un de ses fidèles soutiens, quitter le conseil
d’administration de Vivendi Universal). Leur honnêteté est même mise
en doute, phénomène amplifié par les affaires Enron, Worldcom ou Xerox.
Les risques de la non-citoyenneté
La
société traverse aujourd’hui de sérieuses difficultés liées à des
problèmes d’intégration de populations qui n’arrivent plus à
trouver leur place : ce sont les chômeurs et les immigrés pour la
grande majorité. Beaucoup se retrouvent en total décalage avec la vie
que mènent les «salariés». Les valeurs de respect mutuel, de vie en
communauté sont rejetées par certains quand plus aucun espoir n’est
possible. Des zones de non-droit où l’insécurité est devenue monnaie
courante, se développent.
Cette
situation risque de mener à l’éclatement de la société, d’autant
plus que l’importance de ces populations ne décline pas et que ces
personnes doivent être considérées comme de futurs salariés, compte-tenu
du vieillissement de la pyramide des âges dans de nombreuses entreprises
qui n’ont pas anticipé le problème suffisamment tôt, et de la
"bombe à retardement" que représente le financement des
retraites. Mais, il est surtout intolérable de laisser ces personnes
abandonnées à leur sort au vue des richesses de notre pays.
Pourtant, le
rejet continuel ne permettra plus, à terme, l’intégration de ces
individus dans le monde de l’entreprise. Une personne qui souffre
d’un manque de reconnaissance, et qui ne connaît plus les règles de
bonne conduite de la vie de tous les jours (arriver à l’heure,
travailler en équipe, apprendre…), n’arrivera plus à s’adapter aux
règles de fonctionnement de l’entreprise et encore moins à adhérer à
une culture d’entreprise.
Refuser cet état de faits, c’est l’affaire de
tous et tout le monde devrait y trouver son compte. Les entreprises ne
devraient pas oublier que tous les