La flexibilité des programmes permet de « se former où et quand on veut, dès lors que l’on dispose d’un ordinateur et d’un accès à Internet ».
Le formé devient maître de sa formation : il choisit ses horaires, la fréquence et la durée du travail. Il maîtrise entièrement le rythme d’apprentissage et la possibilité s’offre à lui d’individualiser son parcours en fonction de ses besoins et de ses propres connaissances.
Aujourd’hui, la formation tend à s’adapter, non seulement aux besoins pédagogiques des formés, mais aussi à ses impératifs professionnels et à ses convenances personnelles. La formation en ligne favorise le « juste à temps, juste assez », souligne Sylvain Phélippeau, directeur d’Edyweb, prestataire d’e-learning présent sur le marché depuis Août dernier. La formation à distance place le salarié formé au cœur
de la problématique de formation.
Si l’e-learning semble être une solution avantageuse en matière de formation, il n’en est pas moins vrai que tout dépend de la bonne volonté du salarié formé. Ce dernier est la clé de réussite d’une formation à distance. « L’autoformation demande plus d’autonomie et plus d’esprit d’initiative que la formation classique », souligne Alain Meyer du Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM). Selon le CNAM, les expériences en cours font d’ailleurs apparaître que le taux d’abandon des formations sur Internet est plus élevé que celui des formations à distance traditionnelles, qui s’élève à 35 %, principalement à cause des différences d’ordre technologique rencontrées par les individus en
formation. Dans le cadre d’une formation à distance, le formateur a pour objectif de guider et d’appuyer un parcours dont seul le formé est maître. Pour le responsabiliser, il convient donc « d’impulser un changement de comportement chez le formé, apparemment paradoxal : être à la fois plus autonome et être plus communiquant », (projet Adapt Bis « Internet : nouveaux horizons pour
la formation » de Valérie Hellouin, chargée d’études au département observatoire de l’évolution des pratiques de formation).
Philippe Gil, dans son livre consacré à l’e-learning (e-formation, NTIC et reengeneering de la formation professionnelle, Ed. Dunod (www.infotheque.com/books/2100051768.html ou www.formatel.com/parole7.html) se pose la question de « la motivation et de l’engagement que l’on va pouvoir susciter chez l’apprenant. On sait que sans ces deux leviers, l’autoformation devient quasiment inaccessible ». Chez Danone, la direction de la formation l’a bien compris. Avant la mise en place du logiciel de
formation Progression (I Progress), Jeanne Cormand, Responsable de la Communication et de la Formation à la Direction des systèmes d’information, a pensé à tout pour faire adopter le projet par les salariés. Questionnaires aux futurs utilisateurs, communication spécifique avant chaque lancement et démonstration sont autant de points qui vont permettre aux salariés de Danone de se préparer à ce changement et
d’adopter le projet avec conviction.
Partant du principe que aujourd’hui « le salarié seul face à un écran, renonce tout simplement à se former (cf. Le Monde du mardi 30/01/01, Antoine Reverchon) ; pour espérer faire adhérer
l’ensemble des salariés à un projet d’e-learning, il faudra veiller à contrôler et guider l’individu formé, le préparer à ce nouveau mode de formation, le responsabiliser et enfin le motiver » … telle est la problématique actuelle de l’e-learning.