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 Recrutement : questions interdites et évaluation du candidat

Publié le : 17 juillet 2008

Auteur : Ombeline Thepaut

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Autres articles du même auteur : Évaluer les candidats avec éthique

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Il est légitime qu’un recruteur cherche à se renseigner sur les aptitudes et qualités d’un candidat à un poste à pourvoir. Encore faut-il que les « investigations » menées par ce recruteur,qu’il s’agissed’un employeur ou d’un intermédiaire dans le processus de recrutement (circ. min. n°93-10, 15 mars 1993),ne soient pas susceptibles de porter atteinte à la vie privée du candidat et donc de constituer une discrimination. Pour comprendre les risques encourus par le recruteur, il convient de connaître la cadre juridico historique de la lutte anti discrimination, la notion de respect de la vie privée, les motifs prohibés de discrimination à l’embauche et les recours possibles contre ledit recruteur, appuyés par la jurisprudence.

   

 Questions "interdites "

 

Quelques dates-clés permettant de mieux comprendre la politique actuelle de la France en faveur de la non-discrimination :

·         1789 : c’est l’abolition des privilèges et la proclamation du principe de l’égalité pour tous dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. ·         1958 : l’OIT (Organisation Internationale du Travail) adopte la première convention internationale en matière dediscrimination au travail (convention OIT C111 du 25 juin 1958).

·         1975 : l’Union européenne adopte notamment un dispositifd’accès à l’emploi et de conditionsde travail (Directive 76/207/CEE du 9 février 1976).

Dans le début des années 90, on assiste à une prise de conscience : l’arsenal juridique français bénéficie du travail réalisé par les instances européennes sur le sujet sensible de la discrimination :

·         1992 : la notion de recrutement est définie pour la première fois (rapport Lyon-Caen) ; le domaine des discriminations interdites est étendu à l’embauche (loi n°92-1446 du 31 décembre 1992).

·         1997 : signature du Traité d’Amsterdam (entrée en vigueur en 1999) qui reconnait la compétence de la Communauté Européenne en matière de lutte contre toutesles discriminations.

·         2000 : Sous couvert de cette nouvellecompétence, le Conseil de l’Union européenne adoptede nouvelles directives, notamment :

-          La directive 2000/43/CE du 29 juin 2000 (égalité detraitement entre les personnes sans distinction de race ou d'origine ethnique)

-          La directive 2000/78/CE du 27 novembre 2000 (égalité de traitement en matière d'emploi et de travail)

Cette même année sont adoptées :

-          La charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne du 18 décembre 2000

-          La convention européenne des Droits de l'Homme (interdiction générale de la discrimination)

·        2001 : le code du travail est réformé en profondeur suite au vote de la loi du 16 novembre 2001 relative à la lutte contre les discriminations. Depuis, l’existence des situations de discrimination et la reconnaissance du préjudice subi ont été affirmé dans de nombreux textes. Les sanctions encourues ont été alourdies et de nombreuses instances ont été mises en place, garantes de la bonne application des lois en vigueur.

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2.       La discrimination à l’embauche

 

La discrimination à l’embauche consiste à traiter différemment des chercheurs d'emploi, sur la base de critères de sélection qui manquent de justification objective et raisonnable à l'égard du poste à pourvoir.

La discrimination à l’embauche n’est interdite :

1.       Que si elle est fondée sur un motif prohibé (dont la liste figure dans l’article L1132-1 du code du travail)

2.       Si elle concerne l’un des domaines visés par la Loi.

Ces deux conditions sont cumulatives.

Les questions posées à un candidat, telles que définies dans l’article L1221-6 du Code du Travail, « ne peuvent avoir comme finalité que d’apprécier sa capacité à occuper l’emploi proposé ou ses aptitudes professionnelles ».

Ces questions doivent donc avoir un lien direct et nécessaire avec le poste à pourvoir ou avec l’évaluation de ses aptitudes professionnelles. L’obligation de pertinence a pour objet d’éviter que les questions posées au candidat ne portent atteinte à sa vie privée (circ. min. n°93-10, 15 mars 1993). Toute question sans lien direct avec l’emploi proposé pourrait donc être perçue comme discriminatoire.

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3.       Quelles sont les questions « interdites » ?

3.1   Le principe

L’article L1132-1 du Code du Travail fait la liste des motifs prohibés de discrimination. Cette liste nous permet donc de mieux cerner les questions qu’un recruteur ne doit pas aborder. Aucune personne ne peut être écartée d’une procédure de recrutement en raison de :

-          son sexe,

-          ses mœurs,

-          son orientation sexuelle

-          son âge,

-          sa situation de famille ou la grossesse,

-          ses caractéristiques génétiques,

-          son appartenance ou non appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une race,

-          ses opinions politiques,

-          ses convictions religieuses,

-          son apparence physique, le patronyme,

-          son état de santé

 

Exemples de questions prohibées :

-          De quel parti politique vous sentez-vous proche ?

-          Combien avez-vous d’enfants ? Êtes-vous enceinte ? Projetez-vous d’avoir d’autres enfants?

-          Pratiquez-vous le ramadan ?

-          De quelle origine êtes-vous ?

-          Quelles professions exercent vos parents ?

-          Avez-vous des mandats représentatifs ?  …

3.2   Les exceptions

Le code du Travail apporte, cependant, des réserves à ces interdictions et autorise certaines différences de traitement, fondées sur :

-          l’âge (article L1133-1), notamment dans le but de préserver la santé et la sécurité des jeunes et travailleurs âgés en raison des conditions de travail particulières.

-          le sexe (article L1142-2), si l’appartenance à l’un ou l’autre des sexes constitue une condition sine qua non à l’exercice d’un emploi ou d’une activité professionnelle. Un décret en Conseil d’État, révisé périodiquement, liste ces exceptions, en concertation avec les organisations d’employeurs et de salariés.

Exemple : emplois destinés aux artistes, mannequin, modèles ; travaux souterrains des mines

-          l’état de santé ou le handicap (article L1133-2)dès lors l’inaptitude, en raison de l’état de santé ou du handicap est constatée par le médecin du travail en raison de la nature même du poste à pourvoir

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4.       En cas de discrimination : Quels sont les recours possibles ?

4.1   Les recours non-juridictionnels

Le candidat-salarié peut solliciter directement :

-          L’employeur, dans son rôle de garant du respect des droits et libertés dessalariés (article L1121-1 du Code du travail) ;

-          Le délégué du personnel, en cas de carence de l’employeur (Article L2313-2)

-          L’inspecteur du travail, qui peut constater par procès-verbal l’existence d’une discrimination (articles Article L8112-1 et suivants du Code du travail) ;

-          Les syndicats et/ou les associations de lutte contre les discriminations

-          La HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Égalité). Cette autorité administrative indépendante aide notamment la victime à constituer son dossier et à identifier les procédures adaptées.

4.2   Les recours juridictionnels

4.2.1          Qui peut agir ?

Un recours peut être initié par :

-          La victime : tout postulant, dont la candidature a été rejetée et/ou s’estimant victime de discrimination à l’embauche peut présenter à la juridiction compétente les faits lui laissant penser qu’il est confronté à une situation de discrimination (article L1134-1 du Code du Travail) et demander réparation du préjudice subi.

-          Les organisations syndicales représentatives au niveau national, au niveau départemental dans les départements d'outre-mer, ou dans l'entreprise (article L1134-2) ; la victime, avertie par écrit de cette action, dispose d’un délai de 15 jours pour s’opposer à cette procédure

-          Les associations de lutte contre les discriminations etconstituées depuis au minimum 5 ans, peuvent également agir en justice, sous réserve de l’accord du candidat (Code du travail, article L1132-1).

-          La HALDE, qui peut se saisir d'office en cas de discrimination dont elle a connaissance, sous réserve que la victime ait été avertie et qu'elle ne s'y soit pas opposé.

4.2.2          Le recours pénal

Le candidat, qui s’estime victime d’une discrimination, peut déposer plainte auprès du Procureur de la République, du Commissariat de Police, de la Gendarmerie ou du Doyen des juges d’instruction du Tribunal de Grande Instance, afin que les agissements dont elle est victime soient pénalement sanctionnés (par le tribunal correctionnel).

4.2.3          Le recours civil

Un recours est également possible devant le tribunal des Prud’hommes.

On notera que le Code du Travail prévoit, depuis la loi du 16 novembre 2001 relative à la lutte contre les discriminations, l’aménagement de la charge de la preuve au profit de la victime, du fait du déséquilibre des forces des parties présentes.

Au vu des éléments fournies, la partie défenderesse doit prouver que sa démarche est «  justifiée par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination ». En d’autres termes, l’employeur  doit prouver que son choix de recrutement est déterminé non pas en connaissance d’éléments discriminatoires, mais fondé par des éléments objectifs.

Le juge pourra ordonner toute mesure d’instruction qu’il jugera utile si les éléments recueillis par les deux parties lui semblent insuffisants pour former sa conviction.

4.2.4          Les sanctions

Toute personne reconnue coupable de discrimination encourt :

-          une sanction disciplinaire, s’il s’agit d’un salarié de l’entreprise,

-          des sanctions pénales : tout recruteur refusant d’embaucher une personne en raison de motifs discriminatoires, est passible de sanctions qui peuvent aller jusqu’à « trois ans d’emprisonnement et/ou de 45.000 euros d’amende », outre des dommages intérêts (articles 225-1 et 225-2 du code pénal).

Les personnes morales peuvent aussi être déclarées responsables pénalement d’actes de discriminations. Les peines encourues sont l’amende et l’interdiction d’activité.

4.2.5          Le délai de prescription

L'Assemblée nationale et le Sénat ont adopté la loi n°2008-561 du 17 juin 2008 portant réforme de la prescription en matière civile.

Le texte vise à moderniser et rendre plus cohérentes les règles de la prescription civile.

La durée de prescription de droit commun est notamment fixée à cinq ans pour les actions personnelles.

On notera, notamment à l’article 16 de ladite loi, que « Les dommages et intérêts réparent l'entier préjudice résultant de la discrimination, pendant toute sa durée.»

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5.       Quelques arrêts

-          Grossesse

L’état de grossesse ne peut, entre autre, motiver un refus d’embauche (Cass soc 16 février 2005, n° 03-43402, BC V n° 52 ; Cass soc 2 février 1994, n° 89-42778)

-          Appartenance syndicale

L’employeur ne doit pas, lors de l’embauche, interroger le candidat sur son appartenance syndicale (Cass soc. 13 mai 1969, D. 528, note J. Savatier)

-          Conviction religieuse

Un candidat peut légitimement dissimuler son état de prêtre (Cass soc 17 octobre 1973, JCP 1974, II, 17 698, note Saint Louis)

En conclusion, le recruteur devra être particulièrement prudent quant aux questions qu’il abordera au cours de l’entretien d’embauche, la frontière entre vie privée et vie professionnelle étant facilement franchissable. Bon nombre de recruteurs ne sont toujours pas conscients du risque encouru, autant à titre personnel que pour l’image de l’entreprise qu’ils représentent. La présente veille pourrait donc évoluer au fil des mois vers le thème de la non-discrimination à l’embauche au sens large du terme (pratiques interdites, testing, cv anonyme…) dans le but de créer un guide à l’usage des professionnels du recrutement.

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Évaluation du candidat

Pourquoi évaluer le candidat ?

L’évaluation du candidat est une étape cruciale et incontournable dans le processus de recrutement. Elle permet de comparer le profil du candidat par rapport au poste à pourvoir.

Le recruteur aura également besoin de se rassurer afin de limiter les erreurs et évidemment le coût d’un recrutement raté.

 

À quel moment intervient l’évaluation ?

L’évaluation peut intervenir en amont ou en aval de l’entretien de recrutement (Les échos n° 19759 du 26/09/2006):

·         en amont : cette méthode est utilisée notamment en guise de présélection quand le nombre de candidats est conséquent ; elle permet ainsi de réaliser un gain en temps et en argent conséquent ;

·         en aval : « Ces tests permettent également de confirmer des hypothèses lors de l'entretien, comme par exemple le potentiel de vente du candidat, ou bien son degré d'extraversion, d'initiative. », analyse Patrick LEGUIDE, gérant du site Centraltest.com (spécialisé en tests d’évaluation des candidats).

 
Quel type de candidat est concerné ?

La cible principale de ces méthodes est les jeunes diplômés.

Encore en formation ou jeunes demandeurs d'emploi, ils ont nettement plus de temps que leurs aînés à consacrer aux recruteurs.

C'est également une population qui a un besoin tout particulier d'être informée des métiers et des spécificités de l'activité de l'entreprise qui recrute.

 

Quelles entreprises sont concernées ?

Ces différentes méthodes sont la plupart du temps le fait des grandes entreprises, car coûteuses en temps et en argent.

Elles ne deviennent rentables que pour un volume de recrutements conséquent.

 

Quelles méthodes utiliser ?

Pour dénicher la « perle rare », c'est-à-dire le meilleur candidat, le recruteur devra parfois sortir du traditionnel processus de recrutement (annonce – tri CV – entretien) et introduire souplesse et imagination.

 

Depuis quelques années, on constate l’émergence de techniques alternatives de recrutement.

 

Parmi ces techniques, nous nous attacherons essentiellement dans la présente veille aux tests de recrutement et à la mise en situation (assessment center).

Au travers ces deux méthodes, nous nous poserons les questions suivantes :

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-          quel est le cadre juridique de l’évaluation du candidat?

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-          Parmi les méthodes utilisées en France, que sont les tests et l’assessment center ?

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-          Quelle est la validité de telles méthodes ?

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-          Quelles sont leurs limites ?

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1.       Le cadre juridique

 

La loi du 31 décembre 1992 (suite au rapport Lyon-Caen), précisée par la circulaire DRT 93-10 du 15/03/1993, garantie les droits des candidats et permet d’éviter les éventuelles dérives des recruteurs.

Ce cadre légal repose sur quatre points :

-          L’information préalable du candidat

Le candidat doit être informé préalablement à tout dispositif d’évaluation, et plus particulièrement des méthodes et techniques susceptibles d’être utilisées (code du travail,  article L1221-8).

La loi ne précise pas de forme à respecter ; cependant, la circulaire DRT 93-10 du 15/03/1993 préconise l’information du candidat par écrit afin d’éviter tout contentieux.

-          L’appréciation des ses capacités

Les informations demandées au candidat à un emploi doivent avoir, pour finalité, l’appréciation de sa capacité à occuper l’emploi proposé ou ses aptitudes professionnelles (code du travail, article 1221-6).

Cette appréciation concerne « ses compétences, ses connaissances techniques mais aussi ses facultés d’adaptation, son aptitude à s’intégrer  dans une équipe ou à l’animer et porte sur des éléments de personnalité permettant d’apprécier ces qualités » (circulaire DRT 93-10 du 15/03/1993).

Ces informations doivent présenter « un lien direct et nécessaire avec l'emploi proposé ou avec l'évaluation des aptitudes professionnelles » (code du travail, article 1221-6).

En effet, tel que précisé dans l’article L1121-1 du code du travail, « nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché ».

-          La confidentialité des résultats

Les résultats obtenus sont confidentiels (code du travail, article L1221-8)
Cette confidentialité s’applique uniquement aux tiers et non :

* 
aux candidats, qui peuvent prendre connaissance des résultats qui les concernent
 
*à l’entreprise, dans la mesure où les mesures d’aide au recrutement ont été mises en œuvre par  un cabinet de recrutement mandaté à cet effet

-          La pertinence des méthodes employées

L’article L1221-8 du code du travail précise que les méthodes et techniques utilisées doivent être  « pertinentes au regard de la finalité poursuivie ».

Cette obligation de pertinence a pour but d’éviter le recours à des techniques peu fiables. Ce principe est rappelé dans la circulaire DRT 93-10 du 15/03/1993, et plus précisément l’exigence d’un degré raisonnable de fiabilité.

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2.       les différents tests d’évaluation

Marilou BRUCHON-SCHWEITZER et Dominique FERRIEUX ont réalisé en 1991 une enquête[1] présentant les différentes techniques de recrutement en France.

Cette enquête a été réalisée auprès de 60 cabinets de recrutement et 42 entreprises :

(Classement extrait de l’ouvrage « Recrutement - Les meilleures pratiques », Alain GAVAND, Éditions d’organisation),

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2.1   Les tests

2.1.1          Qu’est ce qu’un test ?

Selon Pierre PICHOT[2] « le test est une situation expérimentale standardisée servant de stimulus à un comportement. Ce comportement est évalué par une comparaison statistique avec celui d’autres individus placés dans la même situation, permettant ainsi de classer le sujet examiné, soit quantitativement, soit typologiquement ».

On peut regrouper les tests existants en deux grandes catégories :

-          Les tests d’aptitude mentale

Ils servent à mesurer les compétences, les connaissances, l’intelligence, l’efficacité, l’habileté, la rapidité et la fiabilité d’exécution des candidats pour une tâche donnée.

Différentes aptitudes peuvent être évaluées :

ü  L’aptitude verbale,
ü  La mémoire,
ü  L’attitude perceptive,
ü  L’aptitude numérique,
ü  L’aptitude spatiale,
ü  L’aptitude mécanique,
ü  L’attention sélective…

Parmi les tests d’aptitude existants, citons notamment le R2000, le D2000, le CTA, le DAT5 ou le GAT 

-          Les tests de personnalité

Ils sont répartis en deux familles :

-            les questionnaires, comme le PAPI, le Sosie ou le Sigmund,

-            les tests projectifs qui font appel à l'imagination du candidat, tels que le TAT de Murray - où l'on doit imaginer une histoire à partir d'une image - le test des taches d'encres de Rorschach ou encore le test de l'arbre.

Dans leur grande majorité, les questionnaires de personnalité ont pour objectif de mettre en lumière un certain nombre de traits de caractère.


Les cinq traits principaux sont :

ü  l'extraversion
ü  la conscience professionnelle,
ü  la stabilité émotionnelle,
ü  l'ouverture d'esprit,
ü  la convivialité.

 « Ces cinq facteurs permettent de cadrer assez bien une personnalité. L'extraversion et la convivialité seront ainsi plus caractéristiques d'un commercial que d'un programmateur », commente Gilles AZZOPARDI, psychologue et auteur des « Nouveaux tests de recrutement » (Éditions Marabout) et de « Calculez votre QI Pro » (Éditions Leduc).

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2.1.2          Quelle validité accorder aux tests ?

Les tests d’aptitude mentale seraient, d’après une étude réalisée par Schmidt et Hunter en 1998, la technique de recrutement offrant la validité la plus élevée en termes d’évaluation de l’apprentissage professionnel, de la réussite du candidat au sein de l’entreprise ou des connaissances professionnelles.

Concernant les tests de personnalité, ils ont pour avantage de compléter les autres méthodes éventuellement utilisées, mais surtout de prendre en considération la réussite du candidat.

2.1.3          Quelles sont les limites des tests ?

-          Un outil complémentaire :

Les tests ont pour objectif de cerner les grandes tendances comportementales dans un contexte professionnel donné. Ils doivent donc être considérés comme des outils complémentaires d'accompagnement à l'entretien traditionnel.

-          Le risque de standardisation des profils :

Pour classer et apprécier les candidats, il convient de se référer à une norme, particulière pour chaque type de test. Le risque évident est la standardisation du recrutement, et donc des profils en se référant trop mécaniquement à une norme de référence.

-          La sincérité des candidats :

Le recruteur est averti que la validité d'un test n'est pas absolue : la pertinence des résultats dépend de la sincérité du candidat.

Bon nombre de tests sont aujourd’hui disponibles en ligne et les candidats ont donc tout le loisir de s’entrainer.

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2.1.4          Exemple de test (en annexe)

(Extrait de « Courrier Cadres » - Juin 2008)

2.2   L’assessment center (ou centre d’évaluation)

2.2.1          Qu’est ce que l’assessment center ? L’assessment center est une méthode permettant de placer le candidat en situation professionnelle. Plus précisément, selon Victor ERNOULT[3], « une méthode qui permet de mettre en relief les points positifs et les points négatifs des comportements par rapport à une fonction. Il est constitué d’une série de stimulations faites sous observation et qui permettent de se placer par anticipation dans la situation professionnelle future pour laquelle on est apprécié. La durée moyenne d’une session d’évaluation est d’une journée.

2.2.2          Quel est son déroulement ? Pour que le résultat soit optimal, l'assessment center doit respecter une méthodologie :

-          La définition précise des besoins : l'entreprise doit définir avec précision ses besoins en termes de compétences, mais aussi intégrer des paramètres propre à l’entreprise, tels que l’environnement, la culture d’entreprise, le leadership, le travail en équipe… ;

-          La pertinence du choix des exercices, qui doit être en adéquation avec les besoins exprimés 

Il existe différents types de simulations :

§  L’exercice « in basket » : une corbeille de courrier (ou une boite mail) est mise à disposition du candidat, dans laquelle s’accumulent lettres, rapports et notes de service. Le candidat devra répondre à un courrier y figurant en un temps limité, avec toute latitude pour s’organiser et entreprendre les éventuelles actions qu’il jugera utiles ;

§  L’exercice « in tray » : on remet au candidat un dossier contenant des documents variés et concernant un problème donné, et auquel le candidat devra apporter une solution ;

§  La recherche d’information : un problème est exposé au candidat. Il dispose de peu de renseignements et devra poser les questions pertinentes à un observateur jouant le rôle de « personne informante » ;

§  L’exposé oral : le candidat est amené à présenter un exposé oral sur un sujet prédéfini ; l’exposé peut être préparé à l’avance ou non ;

§  Les jeux avec des compères : c’est un série de jeux de rôle ; le candidat va s’entretenir successivement avec un interlocuteur, le « compère ». Les plus utilisés sont « le client furieux », « la visite du commercial devant convaincre un client », « l’entretien de recadrage entre un manager et son subordonné » ;

-          Le choix et la formation des observateurs : La session peut-être animée par des consultants spécialisés mais aussi par des collaborateurs des ressources humaines ou des managers opérationnels ;

-          Le débriefing final avec le candidat : la restitution les points forts et les points faibles qui ont été décelés doit être réalisée en fin de session, que cette session aboutisse sur une embauche ou pas.

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2.2.3          Quelle validité accorder à la mise en situation ?

-          Pour les recruteurs : le niveau de validité est très élevé.En effet, les études les plus récentes (Saldago en 1999, Schmidt et Hunter en 1998) placent notamment l’assessment center devant les tests de personnalité

-          Pour le candidat : dans la mesure où la mise en situation se fait individuellement, c’est une méthode bien perçue par le candidat. Ce dernier a le sentiment d’être jugé sur ses compétences professionnelles, dans des conditions similaires au poste qu’il brigue. Le débriefing, étape importante de la simulation, permet également au candidat de se sentir considéré par le recruteur et donc au cœur du processus.

2.2.4          Quelles sont les limites de la mise en situation ?

-          Une évaluation longue et couteuse : Selon Yves Buisson, Directeur Général en charge des Ressources Humaines d'Unilog « en matière de recrutement, l'assessment center est la méthode la plus rationnelle ». Pourtant, malgré les qualités de cette évaluation, elle est loin d'être systématique à toute procédure de recrutement. La raison : la durée de la situation et son coût élevé. Aujourd’hui, Unilog n’utilise par exemple cette méthode que pour le recrutement de consultants junior en managment.

-          Une épreuve en groupe mal perçue par les candidats : Bénédicte Monneron, responsable du recrutement à BNP Paribas, a préféré arrêter les exercices de simulation en groupe car « l'épreuve était très mal perçue par les candidats, qui ressortaient souvent frustrés de n'avoir pas eu l'occasion de suffisamment s'exprimer ». Le risque est alors double : freiner des candidats à potentiel, voire passer à côté de la perle rare. « Les entretiens collectifs nous faisaient parfois exclure des profils pourtant adaptés à nos postes. »

Toutes ces méthodes ont prouvé leur fiabilité. Cependant, pour être non seulement efficaces, mais aussi bien perçues par les candidats, il est clair qu’elles doivent s’inscrire non seulement dans un processus de recrutement cohérent quant au poste à pourvoir (ce qui sous-entend une formation pointue pour les recruteurs), mais aussi et surtout respectueux vis-à-vis des candidats. Dans ce sens, les chartes déontologies et normes professionnelles gagnent aujourd’hui du terrain, pour mettre un terme à de nombreuses pratiques douteuses (graphologie, astrologie, numérologie, morphopsychologie…), redorer l’image de l’entreprise et replacer le candidat au cœur du processus. On peut donc s’interroger sur la place de l’éthique et de la déontologie dans le processus de recrutement, ce qui fera l’objet de mon mémoire final.

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[1] Marilou BRUCHON-SCHWEITZER et Dominique  FERRIEUX, « une enquête sur le recrutement en France », Revue européenne de psychologie appliquée

[2] Pierre PICHOT, « les tests mentaux », PUF, Paris, 1954

[3] Victor ERNOULT, « Le bilan comportemental dans l’entreprise », PUF, 1984

 

 

 
SOURCES - BIBLIOGRAPHIE
   

Questions interdites

Textes de référence

 
·      Code du travail
Article L1131-1
Article L1132-1
Article L1133-1
Article L1133-2
Article L1134-1
Article L1134-2
Article L1134-3
 
·      Code pénal
Article 225-1
Article 225-2
Article 225-3-1
Article 225-4
 
 
Webographie
 
www.entreprise-et-droit.com
www.tripalium.com
www.legifrance.gouv.fr
http://www.travail-solidarite.gouv.fr/
www.lexbase.fr
www.unjf.fr
www.andrh.fr/
http://www.stop-discrimination.info
http://vosdroits.service-public.fr
http://www.senat.fr/rap/l07-358/l07-3585.html
http://themisjle.blogspot.com/2007/11/proposition-de-loi-portant-rforme-de-la.html
http://www.lucide-contre-toutes-les-discriminations.org
http://www.equall.fr
 
 
Bibliographie
bullet « Les jeux de Lois » Par Frédéric Turlan Editions Liaisons
bullet « Droit du travail » Par Jean Rivero & Jean Savatier  Editions Thémis Droit Privé
bullet « Prévenir la discrimination à l’embauche » Par Alain Gavand Editions d’Organisation (2006)
bullet « Les libertés publiques et l’emploi» Par Gérard Lyon-Caen Rapport au Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle Editions La documentation française (1992)
bullet « Lamy Social - droit du travail & charges sociales» Version 2008
bullet « Lamy Social – guide pratique» Version 2007
bullet Management  N° 154 – Juin 2008
bullet 

L'Evaluation du candidat

 

Textes de référence

 

·         Code du Travail
-          Article L1121-1
-          Article L1221-6
-          Article L1221-8
 
·         Compléments
-          Circulaire DRT 93-10 du 15/03/1993
-          Loi du 31 décembre 1992 et Rapport Gérard Lyon-Caen
 

Webographie

http://www.legifrance.gouv.fr/
http://www.travail.gouv.fr/
http://www.jobetic.net
http://www.syntec-recrutement.org/img/histo-diversite-sr07.pdf
http://www.mercuriurval.com/mercuri/Page____22346.aspx?epslanguage=FR
http://www.marque-nf.com/
http://archives.lesechos.fr/archives/2006/LesEchos/19759-48-ECH.htm?texte=tests%20de%20recrutement
http://www.journaldunet.com/management/dossiers/0605134recruter-autrement/leader.shtml

Bibliographie

bullet

·         « Recrutement : les meilleures pratiques » Par Alain GAVAND – Préface de Jean-Marie PERETTI Éditions d’organisation Mai 2005 NB : Toutes les annotations de bas de pages sont issues de cet ouvrage

bullet

·         « Le recrutement dans tous ses états » Par Alain GAVAND – Préface de Sylvain BREUZARD Éditions Management et Communication Juillet 2002

bullet

·         Courrier Cadres Juin 2008

ANNEXES

Exemple d’un test d’analyse critique


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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