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LES
AIDES A L'EMPLOI DE L'AGEFIPH A DESTINATION DES TRAVAILLEURS HANDICAPES
La première Conférence nationale sur le handicap s'est tenue le
10/06/2008. Le Président de la République dans le cadre d'un « pacte pour
l'emploi » reprécise la nécessité de favoriser l'emploi des personnes
handicapées dans les entreprises. En effet les travailleurs handicapés
présentent des difficultés particulières d'insertion: le secteur privé
n'emploie que 2,7% de travailleurs handicapés.
Il est important de préciser les différentes étapes dans la mise en place
des aides financières de l'Agefiph à travers notamment une Recommandation et
une Convention sur le plan International. Cette Recommandation et cette
Convention donnent des axes de politique générale à mener et à décliner
ensuite dans chaque pays.
Recommandation R168 de l'Organisation
Internationale du Travail (OIT) de 1983 adoptée le 20/06/1983 sur la
réadaptation professionnelle et l'emploi des personnes handicapées.
L'article II 11 a) précise les axes de travail « des mesures
appropriées en vue de créer des possibilités d'emploi sur le marché
libre du travail, y compris des incitations financières aux employeurs
afin de les encourager à assurer la formation et l'emploi ultérieur des
personnes handicapés.... ». Il est clairement évoqué dans cette
Recommandation la nécessité de mettre en place des mesures entre autres
financières à destination des employeurs afin de favoriser l'emploi du
public handicapé.
Convention C159 (Recommandation
correspondante: R168 (ci dessus)) de l'organisation International du
Travail adoptée le 20/06/1983 sur la réadaptation professionnelle et
l'emploi des personnes handicapées ratifiée par la France le 16 mars
1989. L'article I 2 précise le champ d'application de ladite Convention
« ...tout membre devra considérer que le but..est de permettre aux
personnes handicapées ... d'obtenir..un emploi convenable, .. de
faciliter leur insertionou leur réinsertion dans la société ».
Le Bureau International du Travail jette
les bases d'une incitation à l'emploi du public handicapé dès 1983 avec
la Convention C159. Cette Convention précise que l'emploi doit être
convenable mettant ainsi l'accent sur la nécessaire employabilité et de
facto répondre aux besoins de formation du public handicapé. La
Convention précise que la réinsertion de la personne handicapée fait
partie intégrante du dispositif.
Sur le plan Communautaire, une Charte
sociale, une Directive et des Recommandations(voir ci-dessous) viennent
compléter et préciser les mesures prises dans le cadre de la Convention
C159 au niveau de l'OIT.
La Charte Sociale Européenne,
[2]
révisée en 1996 ratifiée le 07/05/1999 par la France reconnaît le droit
des personnes handicapées à l'autonomie, à l'intégration sociale et à la
participation à la vie de la communauté comme le précise entre autres
son article 15- 2 « Favoriser leur accès à l'emploi par toute mesure
susceptible d'encourager les employeurs à embaucher et à maintenir des
personnes handicapées dans le milieu ordinaire de travail.. ». La
Charte souhaite permettre à toute entreprise avec entre autres des aides
financières l'embauche et/ou le maintien des travailleurs handicapés
prioritairement hors des structures adaptées.
La Directive 2000/78/CE
[3]
du conseil du 27/11/2000 crée un cadre général en faveur de l'égalité de
traitement en matière d'emploi et de travail. Son article 8 insiste sur
la nécessité de promouvoir un marché du travail favorable à l'insertion
sociale en formulant un ensemble cohérent de politiques destinées à
lutter contre les discriminations à l'égard de groupes tels que les
personnes handicapées. Nous ne pouvons en effet évoquer l'insertion du
public handicapé sans évoquer l'égalité de traitement et la lutte contre
les discriminations. Cette Directive insiste sur la nécessité de rendre
l'environnement professionnel accessible au travailleur handicapé.
La Recommandation R1592
[4]
adoptée par l'assemblée le 29/01/2003 « Vers la pleine intégration
sociale des personnes handicapées » charge les organes du Conseil de
l'Europe de mettre en chantier une Convention afin de développer l'aide
à l'emploi des personnes handicapées. (art: 11). Cette Recommandation
R1592 fixe un quota minimal d'emploi de personnes porteuses d'un
handicap dans les entreprises employant plus de 50 personnes avec la
contribution à un fond spécifique au profit des personnes handicapées
pour les entreprises dans l'impossibilité constatée d'atteindre ce
quota.(Article 11 IV C). La Recommandation évoque l'aspect sanction
financière pour les entreprises n'atteignant pas le quota prévu de
travailleurs handicapés.
La Recommandation Rec (2006) 5
[5]
du Comité des Ministres aux Etats membres sur le Plan d'action 2006-2015
du Conseil de l'Europe pour la promotion des droits et de la pleine
participation des personnes handicapées à la société: améliorer la
qualité de vie des personnes handicapées. Cette Recommandation a été
adoptée par le Conseil des Ministres le 05/04/2006.
La ligne d'action n°5 touche à l'emploi,
l'orientation et la formation professionnelles notamment l'article
3-5-3-VII « prévoir des mesures efficaces afin d'encourager l'emploi
des personnes handicapées ».
Cette Recommandation de politique
générale (en faveur des personnes handicapées) laisse toute latitude aux
gouvernements nationaux de décliner les actions à mener dans la limite
où l'action doit être la plus efficace possible pour l'emploi.
La France, quant à elle, a légiféré très tôt en la
matière. Trois grandes lois ont été votées depuis 1975 concernant le
public handicapé.
La loi n° 2005-102 du 11
février 2005[6]
pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la
citoyenneté des personnes handicapées est une réforme de la loi
du 30 juin 1975
[7],
elle complète et renforce la loi du 10 juillet 1987. En effet elle crée
un droit à compensation Ressources des personnes handicapées, renforce
l'obligation d'emploi et le principe de non-discrimination et
d'accessibilité renforcée.
La loi du 10 juillet 1987
[8]
crée l'Association de Gestion des Fonds pour l'Insertion des Personnes
Handicapées (AGEFIPH) relative à l'insertion professionnelle des
travailleurs handicapés. Cette loi de 1987 détermine que toute
entreprise d'au moins 20 salariés doit satisfaire à l'emploi de
personnes handicapées, à hauteur de 6 % de son effectif soit par
embauche directe, soit par le biais de contrats de sous traitance avec
le milieu protégé, soit par le versement d'une contribution annuelle.
Les articles L 5214-1, L5214-2, R5214-19
et L5214-3
[9]
du code du travail précisent ce qu'est l'Agefiph. L'emploi des
ressources dudit fonds dont les aides à l'emploi des travailleurs
handicapés sont précisés ainsi que la convention passée entre l'Etat et
l'Agefiph.
Article L5214-2
-« Une
convention d'objectifs est conclue, tous les trois ans, entre l'Etat et
l'association chargée de la gestion du fonds dedéveloppement pour
l'insertion professionnelle des handicapés ».La
dernière convention triennale signée le 20/02/2008
[10]
(par le président de l'Agefiph et la Ministre de l'Economie, des
finances et de l'Emploi) redéfinie et fixe le budget concernant les
aides à l'emploi des travailleurs handicapés. Cette convention
d'objectifs pour les années 2008,2009,2010 fixe la réalisation de 6
grands objectifs:
1.Mettre en place et
consolider des politiques régionales concertées de formation des
personnes handicapées
2.Développer l'accès
durable à l'emploi des personnes handicapées
3.Inciter et accompagner
les entreprises à quota zéro à passer à l'emploi
4.Améliorer la qualité et
la durée des carrières des salariés handicapés
5.Décliner les quatre
objectifs ci-dessus dans toutes les régions et en suivre la mise en
oeuvre
6.Les moyens consacrés à
l'application de ladite convention
Toutes les décisions en matière d'aides
Agefiph auprès du public handicapé sont décidées par l'association
Agefiph (gestion paritaire) en fonction des 6 grands objectifs
ci-dessus. Les aides sont formalisées sous forme de Directives précisant
les montants alloués, les bénéficiaires, les durées de validité de la
prime. Après demande en date du 18/06/08 auprès du service communication
de l'Agefiph de pouvoir disposer desdites Directives, il ne leur est pas
possible de les communiquer car ce sont des documents strictement
internes. La seule possibilité offerte c'est la consultation des aides
sur le site officiel de l'Agefiph.
Bien entendu les aides de l'Agefiph sont
nombreuses et variées: les aides à la formation professionnelle, le
maintien dans l'emploi, la mobilité, le tutorat,la création
d'entreprise,l'aménagement et la transformation des locaux de
l'entreprise afin de les adapter. Ces aides sont financières mais
également techniques afin de donner une expertise à l'entreprise sur ses
possibilités d'intégration d'une personne handicapée. Par exemple, il
vient d'être mis en place une aide « première action handicap » afin
d'aider les entreprises à recruter un premier salarié handicapé. A la
vue de la diversité des aides, nous allons développer que les aides
financières concernant l'emploi des travailleurs handicapés.[11]
Cette aide s'adresse auxpersonnes handicapées
et aux entreprises. Chacun pourra être destinataire
d'une subvention spécifique. La nature et le montant des aides proposées
par l'Agefiph varient selon les destinataires.
lPour l'employeur:
Une subvention forfaitaire de 1 600 euros
pour la signature d'un CDI ou d'un CDD d'au moins 12 mois. La prime pour
l'employeur est versée pour chaque nouvelle embauche d'un salarié
handicapé.
lPour la personne handicapée:
Une subvention forfaitaire de 800 euros
pour la signature d'un CDI ou d'un CDD d'au moins 12 mois. La prime pour
la personne handicapée n'est pas renouvelable. Tous les contrats en
milieu ordinaire de travail d'une durée de 12 mois minimum sont
concernés. La durée du contrat de travail devra être égale au moins à 16
heures par semaine ou à une moyenne hebdomadaire de 16 heures sur
l'année.
La prime initiative emploi:
La Prime Initiative Emploi (PIE), d'un
montant de 6000€ (proratisée en cas de travail à temps partiel), est
proposée à l'entreprise pour l'embauche d'une personne handicapée en
contrat à durée indéterminée ou déterminée d'une durée minimale de 12
mois. La PIE n'est pas cumulable avec les aides à l'emploi financées par
l'Etat, les collectivités territoriales ou l'Unedic. Elle est cumulable
avec la prime à l'insertion et les autres aides de l'Agefiph (tutorat,
formation, aménagement de poste, …), à l'exception des aides aux
contrats d'apprentissage et de professionnalisation et de la subvention
à l'embauche d'un travailleur handicapé sortant d'ESAT ou d'entreprise
adaptée. Le public visé: les personnes handicapées confrontées à des
difficultés sociales et professionnelles particulières d'accès à
l'emploi (demandeurs d'emploi de longue durée, plus de 45 ans,
bénéficiaires des minima sociaux, …).
·Employeurs
concernés:
-les entreprises du secteur privé (hors associations), quelle que soit
leur taille,
-les groupements d'employeurs, quel que soit leur statut,
-les entreprises adaptées, quel que soit leur statut, pour les personnes
ne bénéficiant pas de l'aide au poste.
Cette aide « Prime
Initiative Emploi » est précisée par une instruction DS
n°2007-114 du 12 septembre 2007 BO ANPE N°53, 15 septembre
[12]
Aide à
l'embauche d'un collaborateur handicapé issu du milieu protégé ou
adapté: Favoriser le recrutement par des
entreprises du milieu ordinaire de personnes handicapées sortant d’un
établissement ou service d'aide par le travail (ESAT) ou d’une
entreprise adaptée (EA). Cette aide est accordée pour un an, de sorte à
laisser le temps à l’employeur de faire aboutir les démarches sur la
reconnaissance de la lourdeur du handicap pour son salarié. Cette aide
s'adresse aux entreprises y compris à celles ayant signé un accord sur
l'emploi des personnes handicapées.
Pour l'embauche
d'une personne sortant d'un établissement ou service d'aide par le
travail (ESAT), une subvention d'un montant variable en fonction du
temps de travail:
§ Pour un temps de travail supérieur ou égal à temps plein : subvention
forfaitaire de 9000 €
§ Pour un temps de travail compris entre 50% et 80% : subvention
forfaitaire de 6750 €
§ Pour un temps de travail compris de moins de 50% et de 16 h/semaine
minimum : subvention forfaitaire de 4500 €.
Pour l'embauche
d'une personne sortant d'une entreprise adaptée (EA), une subvention
d'un montant variable en fonction du temps de travail :
§ Pour un temps de travail supérieur ou égal à temps plein : subvention
forfaitaire de 4500 €
§ Pour un temps de travail compris entre 50% et 80% : subvention
forfaitaire de 3375 €
§ Pour un temps de travail compris de moins de 50% et de 16 h/semaine
minimum : subvention forfaitaire de 2250 €.
La subvention est
cumulable avec la prime à l'insertion. En revanche elle n'est cumulable
ni avec les autres aides publiques, ni avec les autres aides de l'Agefiph
portant sur le contrat de travail (aides aux contrats en alternance…),
ni avec l'aide à l'emploi pour la lourdeur du handicap.Tous les contrats
en milieu ordinaire de travail d'une durée de 12 mois minimum sont
concernés. L'embauche doit avoir lieu 30 jours maximum (hors congés
légaux) après la sortie du milieu protégé.
Cette aide
s’adresse aux entreprises employant des salariés lourdement handicapés.
L’aide à l’emploi est une aide financière versée trimestriellement à
l'employeur, par l'Agefiph. Elle est destinée à compenser les charges
induites par la lourdeur du handicap de la personne (ex: organisation
particulière de l’activité, moindre productivité…). La lourdeur du
handicap est reconnue, lorsque le montant des charges induites par
l’emploi du salarié handicapé est égal ou supérieur ou égal à 20 % du
montant du SMIC annuel. Le montant annuel de l’aide à l’emploi est fixé
à 450 fois le taux horaire du SMIC chargé, par poste de travail occupé à
temps plein. Le montant de l’aide à l’emploi peut atteindre 900 fois le
taux horaire du SMIC chargé, si le montant du surcoût lié à l’incidence
de la lourdeur du handicap, est égal ou supérieur à 50% du SMIC annuel.
Les
aides au contrat de professionnalisation:
Faciliter l'accès des personnes handicapées à
l'entreprise par le contrat de professionnalisation. Ces aides s'adressent
aux personnes handicapées afin de les soutenir dans leur
démarche de professionnalisation ainsi qu'aux entreprises
pour les inciter à recruter des personnes handicapées. La nature et le
montant des aides proposées par l'Agefiph varient selon les destinataires.
lPour l'employeur:
Une subvention forfaitaire de 1 525 euros par
période de 6 mois, en appui d'un contrat de professionnalisation des jeunes
handicapés de moins de 30 ans. Une subvention forfaitaire de 3 050 euros par
période de 6 mois, en appui d'un contrat de professionnalisation pour les
personnes de plus de 30 ans. Une prime à l'insertion de 1 600 euros pour la
signature d'un CDI ou d'un CDD d'au moins 12 mois avec la personne
handicapée à l'issue de son contrat de professionnalisation.
lPour la personne handicapée:
Une subvention forfaitaire de 1 525 euros, si
le contrat de professionnalisation a une durée d'au moins 12 mois et si la
personne n'a pas déjà bénéficié d'une prime à l'insertion. Une prime à
l'insertion de 800 euros pour la signature d'un CDI ou d'un CDD d'au moins
12 mois, versée à l'issue du contrat de professionnalisation si la personne
handicapée n'a pas perçu la subvention forfaitaire ci-dessus.
Ces aides s'adressent aux jeunes
handicapés pour les soutenir dans leur démarche d'apprentissage
ainsi qu'aux entreprises pour les inciter à recruter des
apprentis handicapés. La nature et le montant des aides proposées par l'Agefiph
varient selon les destinataires.
lPour l'employeur :
Une subvention forfaitaire de 1 525 euros par
période de 6 mois, ou de 3 050 euros par période de 12 mois (année scolaire
d'apprentissage), à l'appui d'un contrat d'apprentissage, pour chaque
apprenti handicapé de moins de 30 ans. Une subvention forfaitaire de 3 050
euros, par période de 6 mois, à l'appui d'un contrat d'apprentissage dans le
cadre d'un projet de création d'entreprise. Les créateurs ayant dépassé
l'âge de 30 ans peuvent également en bénéficier. Une prime à l'insertion de
1 600 euros pour la signature d'un CDI ou d'un CDD d'au moins 12 mois avec
l'apprenti à l'issue du contrat d'apprentissage.
lPour l'apprenti handicapé :
Une subvention forfaitaire de 1 525 euros si
la durée du contrat d'apprentissage est d'au moins 12 mois et si l'apprenti
n'a pas déjà bénéficié d'une prime à l'insertion.
Les branches professionnelles sont de plus
en plus sensibilisées à l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés.
Mme Lagarde Ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi précise dans
son discours du 20/02/2008 concernant la signature de la convention
Etat-Agefiph « Les entreprises et les branches professionnelles seront
sensibilisées à cette obligation de négocier sur l'emploi des travailleurs
handicapés »
Un accord a été signé
afin d'ouvrir des négociations complémentaires de branche sur l'emploi des
personnes handicapées au sein de l'industrie chimique.
Article 7:
« Dans le prolongement des dispositions du présent accord, afin que le
principe d'égalité de traitement entre salariés trouve dans les industries
chimiques une traduction concrète, les parties signataires conviennent
d'ouvrir, à partir du second semestre 2007, des négociations qui pourraient
porter sur les thèmes suivants :
― égalité professionnelle et salariale entre les hommes et les femmes ;
― emploi et insertion des salariés handicapés ;
― emploi des seniors ;
― emploi des jeunes et stages en entreprise ;
― droit syndical et représentation du personnel.
Les parties signataires sont convenues d'aborder dans ces négociations,
entre autres sujets, les questions ayant trait au recrutement, à la
formation professionnelle et à l'évolution de carrière.
Elles précisent que chacune de ces négociations sera menée distinctement et
pourra donner lieu à accord séparé avec tout ou partie des signataires ou
non-signataires du présent accord-cadre ».
La Convention Collective des industries
chimiques et connexes à travers cet accord du 20 juillet 2007
[13]
pose les bases d'une démarche volontariste de participer à l'insertion de
travailleurs handicapés. (la veille 2 fera état des avancées concernant cet
accord et de la signature ou non avec l'Agefiph d'une convention).
Les aides financières de l'Agefiph
sont ciblées et axées en fonction des décisions de son Conseil
d'Administration. La dernière loi du 11 février 2005 renforce la
sanction auprès de l'entreprise si le quota de travailleurs
handicapés n'est pas atteint renforçant d'autant plus les moyens
financiers de l'Agefiph pour aider à l'intégration des handicapés.
L'entreprise a donc tout intérêt à profiter des aides financières
à l'emploi plutôt que d'être tenue de reverser une cotisation.
La veille juridique 2 actualisera les données ci-dessus et
détaillera quelques accords conventionnels entre l'Agefiph et la
branche d'activité concernée. Un point précis sera fait sur les
aides financières destinées à développer l'emploi des personnes
handicapées au niveau de pays voisins.
[11]
Source: Valable pour toutes les primes détaillées1: liaisons sociales quotidien du 07/12/2007 N°276/2007
2: http://www.agefiph.fr/index.php?nav1=entreprises&nav2=toutes&action=search
La législation dans les pays européens est encore marquée fortement
par des conceptions spécifiques qui tiennent plus à leur vision de
la politique de l’emploi des travailleurs handicapés et à leur
législation, plutôt qu’à une démarche européenne commune. De facto
la communauté européenne depuis des années essaie d'impulser une
démarche cohérente vis à vis de la personne handicapées. Le
26/11/2007,la Commission des Communautés Européennes a rendu un
communiqué au Conseil, au Parlement Européen, au Comité économique
et Social Européen et au Comité des Régions: la situation des
personnes handicapées dans l'Union européenne: plan d'action
européen 2008-2009. «
Dans le prolongement de sa communication sur la
flexicurité, la Commission étudiera la
mesure dans laquelle le cadre général pour une flexibilité accrue
allant de pair avec la sécurité sur le marché du travail peut
permettre aux personnes handicapées de trouver et de conserver plus
facilement un emploi. Les modèles habituels de la flexicurité
associent modalités contractuelles flexibles et fiables, formules de
travail temporaire ou à temps partiel, politiques actives du marché
du travail, stratégies globales d’apprentissage tout au long de la
vie et systèmes de protection sociale modernes apportant une aide au
revenu adéquate pendant les
périodes de chômage».
Ce plan d'action européen va développer
la flexibilité qui selon la commission va aider à trouver et à
conserver plus facilement un emploi pour les travailleurs
handicapés.
Mais
aujourd’hui nous constatons toujours un clivage entre les pays qui
comme la France, L'Italie, l'Espagne, l'Allemagne ont créé une
obligation d'emploi des handicapés dans toutes les entreprises d'une
certaine taille et ceux comme le Royaume-Uni et les Pays Bas qui
privilégient l'élimination des discriminations dont les handicapés
peuvent être victimes sur leur lieu de travail.
Ci-dessous le premier exemple avec un pays ayant créé une obligation
d'emploi des handicapés.
Les entreprises bénéficiaires sont
obligées de maintenir ces personnes dans leur emploi pour une durée
minimum de 3 ans et ne peuvent les licencier sans raison justifiée.
Dans le cas de licenciement justifié, ces personnes devront être
remplacées par d’autres travailleurs handicapés.
lUn ensemble de normes,
issues de la Loi pour l’intégration sociale des personnes
handicapées du 7 avril 1982[1],
établissent des mesures de protection au travail des personnes
handicapées. Dans les entreprises de plus de 50 employés, un minimum
de 2% du personnel devra être constitué de personnes ayant un
handicap (présentant un degré de handicap reconnu égal ou supérieur
à 33%), pourcentage qui s’élève à 3% dans le secteur public.
lLa Loi 51/2003[2]
sur l’égalité des chances, non-discrimination et accessibilité
universelle du 2 décembre 2003 constitue l’application de la
directive 2000/78/CE
lLe décret royal 364/2005[3]
du 8 avril 2005, régle l’application d’une alternative, à caractère
exceptionnel, au quota de réserve en faveur des travailleurs
handicapés. Les causes de cette exception sont : lorsque la
non-incorporation d’un travailleur handicapé est imputable aux
services publics d’offre d’emploi compétents ou aux agences de
placements qui ne peuvent satisfaire la demande, malgré toutes les
démarches faites pour répondre aux exigences ou lorsqu’il n’y a pas
de demandeur d’emploi handicapé pour couvrir le poste à pourvoir.
Par conséquent, si l’entreprise argumente que pour des raisons de
production, d’organisation, techniques ou économiques, etc., il y a
des problèmes pour engager des travailleurs handicapés et que le
quota n’est pas couvert, les mesures alternatives qui peuvent être
appliquées sont les suivantes :
• Signer un contrat de
travail avec un travailleur handicapé indépendant ou un Centre
Spécial d’Emploi qui fournira les matières premières, machines ou
autres biens nécessaires au développement de l’activité de
l’entreprise ;
• Signer un contrat de
travail avec un travailleur handicapé indépendant ou un Centre
Spécial d’Emploi pour la prestation de services indépendants de
l’activité normale de l’entreprise ;
• Soutenir des activités
d’insertion professionnelle ou associations d’utilité publique
spécialisées dans la formation, l’intégration et la génération
d’emploi dans le domaine du handicap.
Ci-dessous un second exemple de
pays n'ayant pas créé d'obligation d'emploi des travailleurs
handicapés:
Le
Royaume-Uni:
l
La loi de 1995[4]
« Disability Discrimination » sur les discriminations envers les
handicapés interdit toute discrimination fondée sur le handicap,
notamment dans le domaine de l'emploi.
Les
dispositions analysées ci-dessous bénéficient aux personnes que la
loi de 1995 considère comme porteuses d'un handicap, c'est-à-dire
d'«une altération physique qui a une conséquence négative sur
l'aptitude à exécuter les activités normales de la vie quotidienne,
et ce de façon substantielle et à long terme», l'expression «long
terme» signifiant pour au moins douze mois.
Les employeurs n'ont aucune
obligation d'emploi avec cette loi de 1995.
Par contre les employeurs qui entrent dans le champ
d'application de la loi ont l'obligation de traiter les
handicapés, qu'il s'agisse de candidats à l'emploi ou de
salariés, de la même façon que les autres.
Nous voyons donc ici la différence
fondamentale avec les pays pratiquant une obligation d'emploi et
ceux qui légifèrent uniquement sur la non discrimination. Dans la
cas du Royaume-Uni c'est l'application strict d'une non
discrimination.
Les employeurs doivent aussi, dès qu'ils ont connaissance du
handicap, procéder aux adaptations «raisonnables» requises par
l'état du handicapé. Ces adaptations ne sont définies dans aucun
texte, car elles dépendent de chaque cas particulier. La loi en
donne quelques exemples: il peut s'agir de l'aménagement des locaux
ou du poste de travail, de l'assistance d'une tierce personne, de la
modification de la procédure de recrutement, de l'assouplissement
des horaires...
L'appréciation du caractère raisonnable de l'adaptation dépend avant
tout de la situation financière de l'employeur.
Si l'employeur ne procède pas aux adaptations nécessaires cela est
considéré comme un acte discriminatoire.
Les employeurs bénéficient d'
incitations à l'emploi des salariés handicapés dans le cadre du
programme «accès à l'emploi» avec par exemple le remboursement des
surcoûts entraînés par l'emploi des handicapés. Les entreprises
peuvent obtenir une compensation financière pour les surcoûts
engendrés par l'emploi de travailleurs handicapés qu'ils s'agissent
d'emplois à temps plein ou à temps partiel, à durée indéterminée ou
non.
L'employeur peut ainsi obtenir une aide pour rémunérer le traducteur
grâce auquel l'employeur peut organiser l'entretien d'embauche d'un
sourd, ou pour financer des travaux d'aménagement des locaux ou d'un
poste de travail.
L'importance de l'aide dépend avant tout de la situation du
handicapé.
Les employeurs qui recrutent des handicapés ont l'obligation de les
rémunérer normalement, mais ils peuvent obtenir le remboursement
d'une partie des frais de personnel pendant les six premières
semaines (subvention à l'embauche): dans la mesure où un salarié
handicapé est recruté pour au moins six mois, l'employeur peut, au
titre du programme «Insertionprofessionnelle»,
obtenir une subvention hebdomadaire pendant six semaines, cette
durée pouvant être portée à treize semaines dans certains cas.
Les salariés handicapés au Royaume-Uni
ne jouissent d'aucun statut particulier. Ils sont employés dans les
mêmes conditions que les autres, la loi de 1995 s'efforce
précisément d'empêcher la discrimination.
En avril 2005[5],
une nouvelle loi sur le handicap a été adoptée « the
Disability Discrimination Act » pour
compléter les dispositions en vigueur en vertu de la loi
de 1995. Entre autres il est interdit aux clubs ou
associations de plus de 25 membres de refuser la
candidature d'une personne handicapée sur le seul
critère de son handicap et les organismes publics sont
tenus de promouvoir l'égalité des chances en direction
des personnes handicapées.
La Commission des droits des personnes
atteintes d'un handicap - "Disability
Rights Commission"
[6]
- est un organisme administratif indépendant institué en
1999 dont l'action, financée par les pouvoirs publics,
vise à éliminer toute discrimination à l'encontre de
cette catégorie de personnes. Elle diffuse les bonnes
pratiques auprès des employeurs, commerçants et
prestataires de services, et assure son conseil
juridique au gouvernement pour les contentieux ou
litiges qui pourraient naître autour de ces questions.
Synthèse: beaucoup de
travail reste encore à effectuer pour pouvoir prétendre
à une véritable politique européenne d'aides en faveur
des travailleurs handicapés. C'est un défi majeur pour
l'Europe.
Il est
important de rappeler en préambule que les employeurs peuvent
s'acquitter de l'obligation d'emploi des travailleurs en créant des
accords d'entreprise par exemple.
Les employeurs soumis à l’obligation
d’emploi peuvent s’acquitter de cette obligation en faisant
application d’un accord de branche, d’un accord de groupe, d’un
accord d’entreprise ou d’établissement qui prévoit la mise en oeuvre
d’un programme annuel ou pluriannuel en faveur des travailleurs
handicapés comportant obligatoirement un plan d’embauche en milieu
ordinaire et deux au moins des actions suivantes:
·plan d’insertion et de
formation;
·plan d’adaptation aux
mutations technologiques;
·plan de maintien dans
l’entreprise en cas de licenciement. L’accord doit être agréé par
l’autorité administrative, après avis de l’instance départementale
compétente en matière d’emploi et de formation professionnelle ou du
Conseil supérieur pour le reclassement professionnel et social des
travailleurs handicapés. Les modalités de cet agrément figurent aux
articles R. 5212-15 et R. 5212-17 du Code du travail.
L’agrément est donné pour la durée de validité de l’accord.
La Loi est à ce sujet très précise quant à ces accords;on le voit
notamment avec la nécessité que ces accords soient agréés. Par contre un
tel accord dispense l'entreprise de verser la cotisation à l'Agefiph,
même si l'emploi des 6% de travailleurs handicapés n'est pas encore
atteint.
Lorsqu’une entreprise relève d’un accord
d’entreprise ou de branche agréé, une demande de subvention à l’AGEFIPH
n’est recevable que dans la mesure où l’action n’est pas expressément
prévue dans l’accord. Si tel était le cas, le financement du projet ne
pourrait intervenir qu’au-delà des dispositifs prévus dans l’accord,
tant au plan technique que financier.
Nous allons voir ci-dessous un exemple
avec un accord de Branche au Crédit agricole: de manière chronologique
Un accord de Branche a été signé le
02/11/2005[7]
sur l'emploi des travailleurs handicapés dans les caisses régionales de
Crédit Agricole et les organismes adhérant à la Convention Collective du
Crédit Agricole. Cet accord vise à matérialiser l'allocation de moyens
adaptés à l'atteinte de l'objectif de 6 % de travailleurs handicapés.
Le champ d'application de l'accord est
constitué par les Caisses régionales de Crédit agricole et les
organismes adhérant à la Convention Collective nationale du Crédit
agricole.
Cet accord a une durée de 5 ans et propose
l'embauche de 800 travailleurs handicapés pendant cette période. Chaque
Caisse régionale contribuera à l'effort national d'embauches selon sa
réalité sociale et économique.
Le Crédit agricole va mettre en place une
politique de formation diplômante en alternance au profit des jeunes en
situation de handicap. Il propose également d'accueillir des stagiaires
scolaires et/ou universitaires handicapés.
Concernant l'intégration, les nouveaux
embauchés handicapés bénéficieront d'entretiens en amont et en aval de
leur embauche afin de vérifier l'efficience des aménagements du poste
de travail.
Des mesures concourant au maintien dans
l'emploi et à une intégration durable sont évoqués:
lAdaptation du poste de
travail du travailleur handicapé au moment de la survenance du handicap.
lAménagement du temps de
travail
lRecherche d'un poste adéquat
lExamen de mesures
matérielles spécifiques destinées à accompagner lesmobilités géographiques favorisant le maintien dans l’emploi destravailleurshandicapés.
lMise en place d’un suivi
spécifique des travailleurs handicapés, notamment par
des contacts fréquents avec le responsable
de la cellule handicap, des rencontres régulières avec le médecin du
travail.Des mesures favorisant le maintien dans
l'emploi et la sensibilisation des salariés des Caisses régionales sont
mises en place avec notamment:
lMise en place une politique
de sensibilisation de l’ensemble des salariés sur le handicap, les
personnes handicapées, la prévention du handicap.
lCréation au niveau national
d'un module de formation des managers permettant de dispenser la
formation au meilleur moment, c'est-à dire au plus près de l’accueil
d’un travailleur handicapé ou de la survenance du handicap chez un
collaborateur. Ce module aura pour objectif d’apporter des réponses
concrètes aux managers, leur permettant de développer, y compris à
l’attention des membres de leur équipe, les comportements et méthodes
favorables à l’accueil puis au management d’un salarié handicapé.
l Adapter la formation
professionnelle, aux niveaux national et régional, pour prendre
pleinement en compte les nécessités physiques et matérielles induitespar le handicap.
lAccompagner, via le
responsable de la cellule handicap de la Caisse régionale,les travailleurs handicapés dans leurs démarches administratives
liées à leurhandicap ou à la reconnaissance de
celui-ci.
Des mesures visant au développement du
travail avec les entreprises adaptées, les centres de distribution de
travail à domicile et les établissements ou services d'aide par le
travail sont envisagées. Par ailleurs, les Caisses régionales pourront
proposer des stages de réinsertion professionnelle à des travailleurs
handicapés ayant une activité professionnelle dans les entreprises et
établissements de service d'aide par le travail.
Des moyens spécifiques sont alloués pour
assurer l'éxécution de cet accord. Une association va être créée et sera
rattachée au Département des relations sociales de la Fédération
Nationale du Crédit Agricole.
Elle aura pour mission:
ld’assurer le financement des
dispositions du présent accord, notamment en ce
qui concerne les actions de la cellule handicap nationale telles que la
communication externe, la promotion de l’alternance, la mise à
disposition d’outils de communication interne, la conception de bagages
de formation …
ld’assurer le suivi des
résultats obtenus et d’assurer annuellement le bilan d’activité et
financier auprès du Ministre chargé de l’emploi..
lde financer l’ensemble des
actions engagées par les Caisses régionales dans le
cadre des dispositions du présent accord.
ld’assurer la mutualisation
des moyens entre Caisses régionales
Cette association sera dotée, pendant
toute la durée de l'accord, des moyens humains et matériels nécessaires
à la mise en oeuvre de sa mission.
Le budget de l’association sera composé
des cotisations des Caisses régionales
correspondant au montant total des contributions dues par lesdites
Caisses au titredu financement du fonds de
développement pour l’insertion professionnelle despersonnes handicapées de l’année 2005.La
gestion des fonds sera animée autour des principes suivants :
lLes actions et moyens des
Caisses régionales représenteront au minimum
80% du budget.
lLes actions et moyens
nationaux ne pourront excéder 20% du budget.
lLes sommes non utilisées
seront mutualisées.
Chaque Caisse régionale mettra en place
une cellule handicap dédiée, rattachée à la
Direction des Ressources Humaines et ayant pour objet :
• d’animer la mise en oeuvre, au plus près
des contraintes et opportunités de la
Caisse régionale, les dispositions du
présent accord et dispositionscomplémentaires
éventuelles plus favorables conclues dans l’entreprise.
• d’assurer la promotion de l’emploi des
travailleurs handicapés auprès del’ensemble des
acteurs internes et externes.
• de promouvoir et suivre les actions en
faveur de l’emploi des travailleurshandicapés.
• d’assurer, en Caisse régionale, un suivi
des résultats et des ressourcesfinancières
allouées.
Chaque Caisse régionale dotera, pendant
toute la durée de l’accord, la cellulehandicap
des moyens humains et matériels nécessaires à la mise en oeuvre de samission.
Les instances représentatives du personnel
participent à l’atteinte des objectifs du présent accord, notamment en
collaborant à sa mise en oeuvre et en facilitant la création de contacts
privilégiés avec un certain nombre d’intervenants dans le domaine de
l’emploi des travailleurs handicapés. Elles doivent également contribuer
à l’analyse des réussites et échecs des actions mises en place.
Le suivi au niveau local:
Un suivi de la politique d’emploi des
travailleurs handicapés sera assuré au niveaude
chaque Caisse régionale et présenté à la Commission Formation, au Comitéd’Entreprise ainsi qu’au Comité d’Hygiène, de Sécurité et des
Conditions de Travail(CHSCT).
Suivi au niveau National:
Un suivi de l’application de l’ensemble
des dispositions de l'accord seraréalisé chaque
année par le Département des relations sociales de la FédérationNationale du Crédit Agricole et communiqué aux organisations
syndicales, dans lecadre de la Commission
Nationale de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, etau Ministre chargé de l’emploi.
Concernant l'application et la durée de
l'accord:
Les accords conclus dans les Caisses
régionales ne pourront déroger aux dispositions du présent accord, sauf
dans un sens favorable.
L’entrée en vigueur de l'accord est
subordonnée à son agrément par le Ministre chargé de l’emploi.
L' accord sera applicable à compter de la
date d’obtention de son agrément, pour une durée de cinq années, à
l’expiration desquelles il cesse de plein droit de produire tout effet.
Au terme de ces 5 années, un bilan exhaustif des actions mises en oeuvre
et des résultats sera établi avec précision et comparé aux engagements
contenus dans cet accord puis sera communiqué au Ministre chargé de
l’emploi.
Pendant la durée de l’accord, les Caisses
régionales continueront à établir les déclarations annuelles
obligatoires d’emploi des travailleurs handicapés, des mutilés de guerre
et assimilés, qu’elles transmettront à la Direction Départementale du
Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle.
Si les signataires sont d'accord, il
pourra être possible de procéder à la reconduction de l’accord, pour
une nouvelle durée déterminée. Cette reconduction fera l’objet d’un
agrément du Ministre chargé de l’emploi.
Pendant sa durée d’application, la
révision des dispositions de cet accord pourra être demandée par un
écrit précisant les points sur lesquels porte cette demande. Pour
prendre effet, l’avenant de révision éventuellement signé devra être
préalablement agréé par le Ministre chargé de l’emploi.
Suite à la signature de cet accord, le
Ministère de l'Emploi a agréé l'accord en publiant un arrêté en date du
20 décembre 2005 paru au journal officiel du 28 janvier 2006.
«Arrêté du 20 décembre 2005 portant agrément de l’accord de branche
du 2 novembre 2005 sur
l’emploi des travailleurs handicapés dans les caisses régionales de
crédit agricole et les
organismes adhérant à la convention collective du Crédit agricole
NOR :
METF0610020A
Le
ministre délégué à l’emploi, au travail et à l’insertion professionnelle
des jeunes,Vu le code du travail, notamment son
article L. 323-8-1 ;
Vu
l’accord du 2 novembre 2005 conclu entre la Fédération nationale du
Crédit agricole et la Fédérationgénérale
agroalimentaire (CFDT), la Fédération CFTC de l’agriculture (CFTC-AGRI),
le Syndicat national del’entreprise du Crédit
agricole (SNECA-CGC), UNSA/Crédit agricole et ses filiales (UNSA-CA), la
Fédérationdes employés et cadres (FO), le
Syndicat national indépendant des agents du Crédit agricole mutuel(SNIACAM) ;
Vu l’avis
du Conseil supérieur pour le reclassement professionnel et social des
travailleurs handicapés endate du 14 décembre
2005,
Arrête :
Art.
1er. − L’accord de
branche du 2 novembre 2005 sur l’emploi des travailleurs handicapés dans
lescaisses régionales de crédit agricole et les
organismes adhérant à la convention collective du Crédit agricole estagréé pour la durée de validité de l’accord.
Art. 2.
− Le délégué général à
l’emploi et à la formation professionnelle est chargé de l’exécution duprésent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la
République française.
Fait à
Paris, le 20 décembre 2005.
GÉRARD
LARCHER»
L'association évoquée dans l'accord du 02/11/2005 a été créée «HECA-
Handicap et Emploi au Crédit Agricole»
[8]
pour mettre en œuvre une politique active de recrutement,
d’intégration, de formation et de maintien dans l’emploi en faveur des
travailleurs handicapés.
Un site internet a été créé et permet
de retrouver toutes les actions menées et à mener pour atteindre
l'objectif fixé dans l'accord du 02/11/2005. Il est possible d'accéder à
des témoignages de travailleurs handicapés et à des offres d'emploi dans
tout le groupe Crédit Agricole.
Des initiatives régionales voient le
jour avec comme par exemple cette dernière convention en date du
19/05/2008[9].
«Afin de favoriser l'insertion
durable dans l'emploi,le Crédit Agricole Val de France va développer des
actions partenariales avec CAP EMPLOI, l'acteur principal de l'emploi
des travailleurs handicapés en Loir- et- Cher. Cette collaboration est
définie dans une convention qui a été signée, lundi 19 mai 2008 à Blois
par Elisabeth EYCHENNE, Directrice Générale Adjointe, Noël HERISSON,
Directeur des Ressources Humaines, Alain LEJEAU, Président de Prométhée
et Yvan COELHO, Directeur».
Une synthèse a été effectuée par l'Agefiph
le 03/07/2007 sur les avancées de l'accord de 2005 du Crédit Agricole.
Confer Annexe
Il en ressort que pour le premier semestre
2007, 96 recrutements ont été concrétisés et un module de formation
(comme prévu dans l'accord de 2005) à destination des managers est en
cours de création.
Nous voyons que depuis la mise en place de
cet accord du 02/11/2005, le travail réalisé a été important pour
insérer et maintenir des travailleurs handicapés dans l'entreprise comme
en témoigne la synthèse de l'Agefiph en annexe.
2ème exemple d'accord:
Schneider Electric et l'Agefiph en date
du 26/06/2008[10]
ont signé un accord concernant l'insertion des jeunes handicapés dans
les métiers de l'industrie.
A travers l’alternance, véritable filière
de formation menant à l’emploi, l’objectif de cette convention est de
favoriser l’accès de jeunes handicapés à des métiers industriels. Les
signataires s’associent pour mettre leur savoir-faire, leurs
spécificités et leur expertise à la disposition des jeunes handicapés :
- Schneider Electric dans les métiers de
l’industrie, en couvrant des besoins de recrutements avérés
- le CESI dans le domaine de l’alternance,
en facilitant leur intégration dans des parcours de formation
- l’Agefiph dans l’insertion
professionnelle des personnes handicapées, en dépassant les freins
limitant leur accès à l’alternance
Les partenaires proposeront une
communication ciblée, avec des moyens et des outils appropriés, et
définiront des parcours de formation liés aux métiers de l’industrie –
électrotechniciens,qualiticiens, ingénieurs.
Synthèse:
Cet accord de Branche et cet accord
d'entreprise ci-dessus montrent que les entreprises développent un
maximum de moyens afin d'intégrer les travailleurs handicapés avec
notamment la mise en place de formations, la création de sites internet
sur les différents postes disponibles dans la Branche.
Par contre il est intéressant que ces
entreprises effectuent très fréquemment des audits internes afin de voir
si les axes de travail sont respectés et bien sûr si les résultats sont
là.
Malheureusement beaucoup d'entreprises
n'ont engagé aucune démarche d'intégration de travailleur handicapé et
se contentent de « payer » la contribution à l'Agefiph. Il me paraît
intéressant que l'Agefiph puisse informer largement auprès de ce type
d'entreprises afin qu'elles comprennent tout l'intérêt d'employer des
travailleurs handicapés. C'est une responsabilité sociale et éthique de
toute entreprise citoyenne.
www.heca.fr Site de
l'association « Handicap et emploi au Crédit Agricole »
ANNEXES
Document Agefiph
Le Crédit agricole
harmonise la politique d'emploi de ses caisses régionales.
Après avoir signé son accord de branche fin
2005, la Fédération nationale du Crédit agricolelance une série de diagnostics au sein des
caisses régionales. Au vu de son profil, chacune severra proposer un plan d'actions adapté. Un fil
rouge cependant : la formation.
Situations « dispersées » autour du handicap
Courant 2005, la Fédération nationale du Crédit
agricole (FNCA) ambitionne de mettre en ?uvreune politique active et durable pour promouvoir
et développer l'emploi des travailleurs handicapésau sein des caisses régionales réparties sur le
territoire. Elle fait un rapide état de l'existant, cequi ne constitue pas un diagnostic au sens
propre du terme. Le taux d'emploi de travailleurshandicapés est alors de 2,13 %. Les situations
sont « dispersées », tant en termes d'emploidirect que de recours au secteur protégé. En
outre, chaque caisse régionale est indépendante.
Une mission handicap sous forme
d'association loi 1901
L'accord de groupe sur l'emploi des
travailleurs handicapés dans les caisses régionales du Créditagricole et les organismes adhérant à la
convention collective nationale du groupe est signé le 2novembre 2005 avec le ministère du Travail et
six des huit représentants syndicaux. Pour lemettre en ?uvre, une association nationale loi
1901 dédiée est créée sous le nom « Handicap etEmploi du Crédit agricole (HECA) ». Son rôle
est d'animer cette politique, en lien avec chaquecellule handicap ouverte dans chaque caisse
régionale, et d'en financer les actions. Elle a aussipour missions d'assurer le suivi et de
consolider les résultats. Près d'un an après la signature del'accord, les diagnostics des caisses sont
organisés. Une vaste enquête est menée pourdéterminer leur profil afin de leur proposer,
dans un second temps, un scénario-type de pland'actions à adapter et à décliner localement.
La Fédération nationale a été conseillée par l'Agefiphpour la méthodologie des diagnostics.
La formation au coeur du dispositif
L'objectif ultime est d'atteindre un taux
d'emploi de 5 % en 2010, à la fin de l'accord. 800recrutements sont escomptés, en CDI ou en
contrats d'alternance. La formation occupe une placeprépondérante dans le dispositif d'intégration.
À ce titre, des partenariats sont noués avec leréseau Cap Emploi pour le processus de
sélection de candidats. En fonction de leur cursusscolaire, différentes solutions sont proposées
: bacs professionnels pour ceux qui ont un niveaud'enseignement inférieur, formation supérieure
en alternance pour les titulaires du baccalauréatet formations diplômantes (de type diplôme
universitaire) en alternance pour les adultes nedisposant d'aucune formation initiale. Ces
formations s'effectuent en lien, lorsque c'est possible,avec les neuf centres de formation des
apprentis (CFA) rattachés à l'Institut de formation duCrédit agricole mutuel (IFCAM).
Une expérience à reproduire
96 recrutements ont déjà été concrétisés pour
le premier semestre 2007. Sur le plan de laformation des travailleurs handicapés, une
première expérience innovante menée par la caisserégionale de Crédit agricole Sud Méditerranée
en faveur de formations en alternance etdiplômantes a bien fonctionné. Dès la rentrée
prochaine, d'autres caisses lui emboîteront le pas.Les procédures de maintien dans l'emploi
doivent être étudiées au cas par cas, au niveau local,en partenariat avec les médecins du travail.
Mais pour l'heure aucun chiffre ne témoigne encorede l'évolution des procédures. Enfin, une
action de sensibilisation au handicap a eu lieu au siègede la Fédération. Tous les dirigeants des
caisses y étaient conviés. Un module de formation àdestination des managers, cette fois, est en
cours de création.
Unités valorisables au titre de la
sous-traitance: nc
Accord d’entreprise:
OUI
Convention Agefiph:
NON
CONTACT:
Enor Le MeurResponsable association Handicap et Emploi du
Crédit agricoleenor-lemeur@ca-fnca.fr
Mise à jour : 03/07/2007Diagnostic : oui Accord : 2005-2010 (5
ans)Budget accord : à préciserCofinancements :association nationale Handicap et emploi du
Crédit agricole (HECA), AgefiphAutres partenaires :Réseau Cap emploi, CFA, Ifcam
Nom :
Enor Le Meur
Profession : Responsable association Handicap et Emploi du
Crédit agricole
« « Un site Internet dédié à la politique
d'emploi du Crédit agricole » »« Nous constatons une forte mobilisation des
caisses. Les chiffres sont bons. Côté partenariats,les caisses régionales ont appris à connaître
les Cap emploi et réciproquement. Un site Internetdédié à l'association a été créé
www.touteslescompetences.fr. Son but est de faire connaître nosactions et nos réalisations. Cet outil sert
également aux travailleurs handicapés qui souhaitentdéposer un CV, une candidature ou pour répondre
aux offres d'emploi des caisses, directementaccessibles sur le site. »
Cet article a été lu
fois
Autorisation de
reproduction de documents extraits du site Eur-lex de l'Union
Européenne par autorisation de l'Office des publications
officielles de la Communauté européenne en date du 21 mai 1999
ref: 99-cop-200
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