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 LES AIDES A L'EMPLOI DE L'AGEFIPH A DESTINATION DES TRAVAILLEURS HANDICAPES

Publié le : 17 juillet 2008

Auteur : Hervé Rouchon

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[Commentaires]

La première Conférence nationale sur le handicap s'est tenue le 10/06/2008. Le Président de la République dans le cadre d'un « pacte pour l'emploi » reprécise la nécessité de favoriser l'emploi des personnes handicapées dans les entreprises. En effet les travailleurs handicapés présentent des difficultés particulières d'insertion: le secteur privé n'emploie que 2,7% de travailleurs handicapés.
Il est important de préciser les différentes étapes dans la mise en place des aides financières de l'Agefiph à travers notamment une Recommandation et une Convention sur le plan International. Cette Recommandation et cette Convention donnent des axes de politique générale à mener et à décliner ensuite dans chaque pays.
   

l  Au niveau International: [1]

Recommandation R168 de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) de 1983 adoptée le 20/06/1983 sur la réadaptation professionnelle et l'emploi des personnes handicapées. L'article II  11 a) précise les axes de travail «  des mesures appropriées en vue de créer des possibilités d'emploi sur le marché libre du travail, y compris des incitations financières aux employeurs afin de les  encourager à assurer la formation et l'emploi ultérieur des personnes handicapés.... ». Il est clairement évoqué dans cette Recommandation la nécessité de mettre en place des mesures entre autres financières à destination des employeurs afin de favoriser l'emploi du public handicapé.

Convention C159 (Recommandation correspondante: R168 (ci dessus)) de l'organisation International du Travail  adoptée le 20/06/1983 sur la réadaptation professionnelle et l'emploi des personnes handicapées ratifiée par la France le 16 mars 1989. L'article I 2 précise le champ d'application de ladite Convention « ...tout membre devra considérer que le but..est de permettre aux personnes handicapées ... d'obtenir..un emploi convenable, .. de faciliter leur insertion ou leur réinsertion dans la société ».

Le Bureau International du Travail jette les bases d'une incitation à l'emploi du public handicapé dès 1983 avec la Convention C159. Cette Convention précise que l'emploi doit être convenable mettant ainsi l'accent sur la nécessaire  employabilité et de facto répondre aux  besoins de  formation du public handicapé. La Convention précise que la réinsertion de la personne handicapée fait partie intégrante du dispositif.

Sur le plan Communautaire, une Charte sociale, une Directive et des Recommandations(voir ci-dessous) viennent compléter et préciser les mesures prises dans le cadre de la Convention C159 au niveau de l'OIT.

[Commentaires]

l  Au niveau Communautaire:

La Charte Sociale Européenne, [2] révisée en 1996 ratifiée le 07/05/1999 par la France reconnaît le droit des personnes handicapées à l'autonomie, à l'intégration sociale et à la participation à la vie de la communauté comme le précise entre autres son article 15- 2 « Favoriser leur accès à l'emploi par toute mesure susceptible d'encourager les employeurs à embaucher et à maintenir des personnes handicapées dans le milieu ordinaire de travail.. ». La Charte souhaite permettre à toute entreprise avec entre autres des aides financières l'embauche et/ou le maintien des travailleurs handicapés  prioritairement hors des structures adaptées.

La Directive 2000/78/CE [3] du conseil du 27/11/2000 crée un cadre général en faveur de l'égalité de traitement en matière d'emploi et de travail. Son article 8 insiste sur la nécessité de promouvoir un marché du travail favorable à l'insertion sociale en formulant un ensemble cohérent de politiques destinées à lutter contre les discriminations à l'égard  de groupes tels que les personnes handicapées. Nous ne pouvons en effet évoquer l'insertion du public handicapé sans évoquer l'égalité de traitement et la lutte contre les discriminations. Cette Directive insiste sur la nécessité de rendre l'environnement professionnel accessible au travailleur handicapé.

La Recommandation R1592 [4] adoptée par l'assemblée le 29/01/2003 « Vers la pleine intégration sociale des personnes handicapées » charge les organes du Conseil de l'Europe de mettre en chantier une Convention afin de développer l'aide à l'emploi des personnes handicapées. (art: 11). Cette Recommandation R1592 fixe un quota minimal d'emploi de personnes porteuses d'un handicap dans les entreprises employant plus de 50 personnes avec la contribution à un fond  spécifique au profit des personnes handicapées pour les entreprises dans l'impossibilité constatée d'atteindre ce quota.(Article 11 IV C). La Recommandation évoque l'aspect sanction financière pour les entreprises n'atteignant pas le quota prévu de travailleurs handicapés.

La Recommandation Rec (2006) 5  [5] du Comité des Ministres aux Etats membres sur le Plan d'action 2006-2015 du Conseil de l'Europe pour la promotion des droits et de la pleine participation des personnes handicapées à la société: améliorer la qualité de vie des personnes handicapées. Cette Recommandation a été adoptée par le Conseil des Ministres le 05/04/2006.

La ligne d'action n°5 touche à l'emploi, l'orientation et la formation professionnelles notamment l'article 3-5-3-VII « prévoir des mesures efficaces afin d'encourager l'emploi des personnes handicapées ».

Cette  Recommandation de politique générale (en faveur des personnes handicapées) laisse toute latitude aux gouvernements nationaux de décliner les actions à mener dans la limite où l'action doit être la plus efficace possible pour l'emploi.

La France, quant à elle, a légiféré très tôt en la matière. Trois grandes lois ont été votées depuis 1975 concernant le public handicapé.     

[Commentaires]

l  Au niveau National:

 La loi n° 2005-102 du 11 février 2005[6] pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées est une réforme de la loi du 30 juin 1975 [7], elle complète et renforce la loi du 10 juillet 1987. En effet elle crée un droit à compensation Ressources des personnes handicapées,  renforce l'obligation d'emploi et le principe de non-discrimination et d'accessibilité renforcée.

La loi du 10 juillet 1987 [8] crée l'Association de Gestion des Fonds pour l'Insertion des Personnes Handicapées (AGEFIPH) relative à l'insertion professionnelle des travailleurs handicapés. Cette loi de 1987 détermine que toute entreprise d'au moins 20 salariés doit satisfaire à l'emploi de personnes handicapées, à hauteur de 6 % de son effectif soit par embauche directe, soit par le biais de contrats de sous traitance avec le milieu protégé, soit par le versement d'une contribution annuelle.

Les articles L 5214-1, L5214-2, R5214-19 et L5214-3 [9] du code du travail  précisent ce qu'est l'Agefiph. L'emploi des ressources dudit fonds dont les aides à l'emploi des travailleurs handicapés sont précisés ainsi que la convention passée entre l'Etat et l'Agefiph.

Article L5214-2

-   « Une convention d'objectifs est conclue, tous les trois ans, entre l'Etat et l'association chargée de la gestion du fonds dedéveloppement pour l'insertion professionnelle des handicapés ». La dernière convention triennale signée le 20/02/2008 [10] (par le président de l'Agefiph et la Ministre de l'Economie, des finances et de l'Emploi) redéfinie et fixe le budget concernant les aides à l'emploi des travailleurs handicapés. Cette convention d'objectifs pour les années 2008,2009,2010 fixe la réalisation de 6 grands objectifs:

1.     Mettre en place et consolider des politiques régionales concertées de formation des personnes handicapées
2.     Développer l'accès durable à l'emploi des personnes handicapées
3.     Inciter et accompagner les entreprises à quota zéro à passer à l'emploi
4.     Améliorer la qualité et la durée des carrières des salariés handicapés
5.     Décliner les quatre objectifs ci-dessus dans toutes les régions et en suivre la mise en oeuvre
6.     Les moyens consacrés à l'application de ladite convention

Toutes les décisions en matière d'aides Agefiph auprès du public handicapé sont décidées par l'association Agefiph (gestion paritaire) en fonction des 6 grands objectifs ci-dessus. Les aides sont formalisées sous forme de Directives précisant les montants alloués, les bénéficiaires, les durées de validité de la prime. Après demande en date du 18/06/08 auprès du service communication de l'Agefiph de pouvoir disposer desdites Directives, il ne leur est pas possible de les communiquer car ce sont des documents strictement internes. La seule possibilité offerte c'est la consultation des aides sur le site officiel de l'Agefiph.

Bien entendu les aides de l'Agefiph sont nombreuses et variées: les aides à la formation professionnelle, le maintien dans l'emploi, la mobilité, le tutorat,la création d'entreprise,l'aménagement et la transformation des locaux de l'entreprise afin de les adapter. Ces aides sont financières mais également techniques afin de donner une expertise à l'entreprise sur ses possibilités d'intégration d'une personne handicapée. Par exemple, il vient d'être mis en place  une aide « première action handicap » afin d'aider les entreprises à recruter un premier salarié handicapé. A la vue de la diversité des aides, nous  allons développer que les aides financières concernant l'emploi des travailleurs handicapés.[11]

[Commentaires]

La prime à l'insertion:

Cette aide s'adresse aux personnes handicapées et aux entreprises. Chacun pourra être destinataire d'une subvention spécifique. La nature et le montant des aides proposées par l'Agefiph varient selon les destinataires.

l  Pour l'employeur:

 Une subvention forfaitaire de 1 600 euros pour la signature d'un CDI ou d'un CDD d'au moins 12 mois. La prime pour l'employeur est versée pour chaque nouvelle embauche d'un salarié handicapé.

l  Pour la personne handicapée:

Une subvention forfaitaire de 800 euros pour la signature d'un CDI ou d'un CDD d'au moins 12 mois. La prime pour la personne handicapée n'est pas renouvelable. Tous les contrats en milieu ordinaire de travail d'une durée de 12 mois minimum sont concernés. La durée du contrat de travail devra être égale au moins à 16 heures par semaine ou à une moyenne hebdomadaire de 16 heures sur l'année.

La prime initiative emploi:

La Prime Initiative Emploi (PIE), d'un montant de 6000€ (proratisée en cas de travail à temps partiel), est proposée à l'entreprise pour l'embauche d'une personne handicapée en contrat à durée indéterminée ou déterminée d'une durée minimale de 12 mois. La PIE n'est pas cumulable avec les aides à l'emploi financées par l'Etat, les collectivités territoriales ou l'Unedic. Elle est cumulable avec la prime à l'insertion et les autres aides de l'Agefiph (tutorat, formation, aménagement de poste, …), à l'exception des aides aux contrats d'apprentissage et de professionnalisation et de la subvention à l'embauche d'un travailleur handicapé sortant d'ESAT ou d'entreprise adaptée. Le public visé: les  personnes handicapées confrontées à des difficultés sociales et professionnelles particulières d'accès à l'emploi (demandeurs d'emploi de longue durée, plus de 45 ans, bénéficiaires des minima sociaux, …).

·       Employeurs concernés:
-les entreprises du secteur privé (hors associations), quelle que soit leur taille,
-les groupements d'employeurs, quel que soit leur statut,
-les entreprises adaptées, quel que soit leur statut, pour les personnes ne bénéficiant pas de l'aide au poste.

Cette aide « Prime Initiative Emploi » est précisée par une instruction             DS n°2007-114 du 12 septembre 2007 BO ANPE N°53, 15 septembre [12]

Aide à l'embauche d'un collaborateur handicapé issu du milieu protégé ou adapté: Favoriser le recrutement par des entreprises du milieu ordinaire de personnes handicapées sortant d’un établissement ou service d'aide par le travail (ESAT) ou d’une entreprise adaptée (EA). Cette aide est accordée pour un an, de sorte à laisser le temps à l’employeur de faire aboutir les démarches sur la reconnaissance de la lourdeur du handicap pour son salarié. Cette aide s'adresse aux entreprises y compris à celles ayant signé un accord sur l'emploi des personnes handicapées.

 Pour l'embauche d'une personne sortant d'un établissement ou service d'aide par le travail (ESAT), une subvention d'un montant variable en fonction du temps de travail:
§ Pour un temps de travail supérieur ou égal à temps plein : subvention forfaitaire de 9000 €
§ Pour un temps de travail compris entre 50% et 80% : subvention forfaitaire de 6750 €
§ Pour un temps de travail compris de moins de 50%  et de 16 h/semaine minimum : subvention forfaitaire de 4500 €.

 Pour l'embauche d'une personne sortant d'une entreprise adaptée (EA), une subvention d'un montant variable en fonction du temps de travail :
§ Pour un temps de travail supérieur ou égal à temps plein : subvention forfaitaire de 4500 €
§ Pour un temps de travail compris entre 50% et 80% : subvention forfaitaire de 3375 €
§  Pour un temps de travail compris de moins de 50%  et de 16 h/semaine minimum : subvention forfaitaire de 2250 €.

La subvention est cumulable avec la prime à l'insertion. En revanche elle n'est cumulable ni avec les autres aides publiques, ni avec les autres aides de l'Agefiph portant sur le contrat de travail (aides aux contrats en alternance…), ni avec l'aide à l'emploi pour la lourdeur du handicap.Tous les contrats en milieu ordinaire de travail d'une durée de 12 mois minimum sont concernés. L'embauche doit avoir lieu 30 jours maximum (hors congés légaux) après la sortie du milieu protégé.

[Commentaires]

Aide à l'emploi:

Cette aide s’adresse aux entreprises employant des salariés lourdement handicapés. L’aide à l’emploi est une aide financière versée trimestriellement à l'employeur, par l'Agefiph. Elle est destinée à compenser les charges induites par la lourdeur du handicap de la personne (ex: organisation particulière de l’activité,  moindre productivité…). La lourdeur du handicap est reconnue, lorsque le montant des charges induites par l’emploi du salarié handicapé est égal ou supérieur ou égal à 20 % du montant du SMIC annuel. Le montant annuel de l’aide à l’emploi est fixé à 450 fois le taux horaire du SMIC chargé, par poste de travail occupé à temps plein. Le montant de l’aide à l’emploi peut atteindre  900 fois le taux horaire du SMIC chargé, si le montant du surcoût lié à l’incidence de la lourdeur du handicap, est égal ou supérieur à 50% du SMIC annuel.

Les aides au contrat de professionnalisation:   


 

Faciliter l'accès des personnes handicapées à l'entreprise par le contrat de professionnalisation. Ces aides s'adressent aux personnes handicapées afin de les soutenir dans leur démarche de professionnalisation ainsi qu'aux entreprises pour les inciter à recruter des personnes handicapées. La nature et le montant des aides proposées par l'Agefiph varient selon les destinataires.

l  Pour l'employeur:

Une subvention forfaitaire de 1 525 euros par période de 6 mois, en appui d'un contrat de professionnalisation des jeunes handicapés de moins de 30 ans. Une subvention forfaitaire de 3 050 euros par période de 6 mois, en appui d'un contrat de professionnalisation pour les personnes de plus de 30 ans. Une prime à l'insertion de 1 600 euros pour la signature d'un CDI ou d'un CDD d'au moins 12 mois avec la personne handicapée à l'issue de son contrat de professionnalisation.

l  Pour la personne handicapée:

Une subvention forfaitaire de 1 525 euros, si le contrat de professionnalisation a une durée d'au moins 12 mois et si la personne n'a pas déjà bénéficié d'une prime à l'insertion. Une prime à l'insertion de 800 euros pour la signature d'un CDI ou d'un CDD d'au moins 12 mois, versée à l'issue du contrat de professionnalisation si la personne handicapée n'a pas perçu la subvention forfaitaire ci-dessus.

[Commentaires]

L'aide à l'apprentissage:

Ces aides s'adressent aux jeunes handicapés pour les soutenir dans leur démarche d'apprentissage ainsi qu'aux entreprises pour les inciter à recruter des apprentis handicapés. La nature et le montant des aides proposées par l'Agefiph varient selon les destinataires.

l  Pour l'employeur :

Une subvention forfaitaire de 1 525 euros par période de 6 mois, ou de 3 050 euros par période de 12 mois (année scolaire d'apprentissage), à l'appui d'un contrat d'apprentissage, pour chaque apprenti handicapé de moins de 30 ans. Une subvention forfaitaire de 3 050 euros, par période de 6 mois, à l'appui d'un contrat d'apprentissage dans le cadre d'un projet de création d'entreprise. Les créateurs ayant dépassé l'âge de 30 ans peuvent également en bénéficier. Une prime à l'insertion de 1 600 euros pour la signature d'un CDI ou d'un CDD d'au moins 12 mois avec l'apprenti à l'issue du contrat d'apprentissage.

l  Pour l'apprenti handicapé :

Une subvention forfaitaire de 1 525 euros si la durée du contrat d'apprentissage est d'au moins 12 mois et si l'apprenti n'a pas déjà bénéficié d'une prime à l'insertion.

Les  branches professionnelles sont de plus en plus sensibilisées à l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés. Mme Lagarde Ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi précise dans son discours du 20/02/2008    concernant la signature de la convention Etat-Agefiph « Les entreprises et les branches professionnelles seront sensibilisées à cette obligation de négocier sur l'emploi des travailleurs handicapés »

l  Au niveau des Conventions Collectives: (exemple)

Convention collective nationale des industries chimiques et connexes. Etendue par arrêté du 13 novembre 1956 JONC 12 décembre 1956 Accord du 20 juillet 2007 relatif à la diversité dans l'entreprise

[Commentaires]

 

Un accord a été signé afin d'ouvrir des  négociations complémentaires de branche sur l'emploi des personnes handicapées au sein de l'industrie chimique.

Article 7:
« Dans le prolongement des dispositions du présent accord, afin que le principe d'égalité de traitement entre salariés trouve dans les industries chimiques une traduction concrète, les parties signataires conviennent d'ouvrir, à partir du second semestre 2007, des négociations qui pourraient porter sur les thèmes suivants :
― égalité professionnelle et salariale entre les hommes et les femmes ;
emploi et insertion des salariés handicapés ;
― emploi des seniors ;
― emploi des jeunes et stages en entreprise ;
― droit syndical et représentation du personnel.
Les parties signataires sont convenues d'aborder dans ces négociations, entre autres sujets, les questions ayant trait au recrutement, à la formation professionnelle et à l'évolution de carrière.
Elles précisent que chacune de ces négociations sera menée distinctement et pourra donner lieu à accord séparé avec tout ou partie des signataires ou non-signataires du présent accord-cadre ».

La Convention Collective des industries chimiques et connexes à travers cet accord du 20 juillet 2007 [13] pose les bases d'une démarche volontariste de participer à l'insertion de travailleurs handicapés. (la veille 2 fera état des avancées concernant cet accord et de la signature ou non avec l'Agefiph d'une convention).

[Commentaires]

Synthèse:

Les aides financières de l'Agefiph sont ciblées et axées en fonction des décisions de son Conseil d'Administration. La dernière loi du 11 février 2005 renforce la sanction auprès de l'entreprise si le quota de travailleurs handicapés n'est pas atteint renforçant d'autant plus les moyens financiers de l'Agefiph pour aider à l'intégration des handicapés. L'entreprise  a donc tout intérêt à profiter des aides financières  à l'emploi plutôt que d'être tenue de reverser une cotisation.  La veille juridique 2 actualisera les données ci-dessus et détaillera quelques accords conventionnels entre l'Agefiph et la branche d'activité concernée. Un point précis sera fait sur les aides financières destinées à développer l'emploi des personnes handicapées au niveau de  pays voisins.


[1]    Source:http://www.ilo.org Convention 159, Recommandation 168
[6]    Source: http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000809647&dateTexte=20080618&fastPos=10&fastReqId=866057829&oldAction=rechTexte  
[11]  Source: Valable pour toutes les primes détaillées 1: liaisons sociales quotidien du 07/12/2007 N°276/2007  2:  http://www.agefiph.fr/index.php?nav1=entreprises&nav2=toutes&action=search
[13]  Source: http://www.legifrance.gouv.fr/affichIDCC.do;jsessionid=579ACAE8560E9A6EB92A36A7788BC3C9.tpdjo09v_2? idConvention=KALICONT000005635613&cidTexte=KALITEXT000018561745&dateTexte=
 

Qu'en est-il au niveau européen ?

 

1/Au niveau  européen (Espagne et Royaume-Uni):
 
La législation dans les pays européens est encore marquée  fortement par des conceptions spécifiques qui tiennent plus  à leur vision de la politique de l’emploi des travailleurs handicapés et à leur législation, plutôt qu’à une démarche européenne commune. De facto la communauté européenne depuis des années essaie d'impulser une démarche cohérente vis à vis de la personne handicapées. Le 26/11/2007,la Commission des Communautés Européennes a rendu un communiqué au Conseil, au Parlement Européen, au Comité économique et Social Européen et au Comité des Régions: la situation des personnes handicapées dans l'Union européenne: plan d'action européen 2008-2009. « Dans le prolongement de sa communication sur la flexicurité, la Commission étudiera la mesure dans laquelle le cadre général pour une flexibilité accrue allant de pair avec la sécurité sur le marché du travail peut permettre aux personnes handicapées de trouver et de conserver plus facilement un emploi. Les modèles habituels de la flexicurité associent modalités contractuelles flexibles et fiables, formules de travail temporaire ou à temps partiel, politiques actives du marché du travail, stratégies globales d’apprentissage tout au long de la vie et systèmes de protection sociale modernes apportant une aide au revenu adéquate pendant les périodes de chômage».
 
Ce plan d'action européen va développer  la flexibilité qui selon la commission va aider à trouver et à conserver plus facilement un emploi pour les travailleurs handicapés. 
Mais aujourd’hui nous  constatons toujours un clivage entre les pays qui comme la France, L'Italie, l'Espagne, l'Allemagne ont créé une obligation d'emploi des handicapés dans toutes les entreprises d'une certaine taille et ceux comme le Royaume-Uni et les Pays Bas qui privilégient l'élimination des discriminations dont les handicapés peuvent être victimes sur leur lieu de travail.  
Ci-dessous le premier exemple avec un pays ayant créé une obligation d'emploi des handicapés.

[Commentaires]

 
L'Espagne:
 
Les entreprises bénéficiaires sont obligées de maintenir ces personnes dans leur emploi pour une durée minimum de 3 ans et ne peuvent les licencier sans raison justifiée. Dans le cas de licenciement justifié, ces personnes devront être remplacées par d’autres travailleurs handicapés.
l  Un ensemble de normes, issues de la Loi pour l’intégration sociale des personnes handicapées du 7 avril 1982[1], établissent des mesures de protection au travail des personnes handicapées. Dans les entreprises de plus de 50 employés, un minimum de 2% du personnel devra être constitué de personnes ayant un handicap (présentant un degré de handicap reconnu égal ou supérieur à 33%), pourcentage qui s’élève à 3% dans le secteur public.
l  La Loi 51/2003[2] sur l’égalité des chances, non-discrimination et accessibilité universelle du 2 décembre 2003 constitue l’application de la directive 2000/78/CE
l  Le décret royal 364/2005[3] du 8 avril 2005, régle l’application d’une alternative, à caractère exceptionnel, au quota de réserve en faveur des travailleurs handicapés. Les causes de cette exception sont : lorsque la non-incorporation d’un travailleur handicapé est imputable aux services publics d’offre d’emploi compétents ou aux agences de placements qui ne peuvent satisfaire la demande, malgré toutes les démarches faites pour répondre aux exigences ou lorsqu’il n’y a pas de demandeur d’emploi handicapé pour couvrir le poste à pourvoir. Par conséquent, si l’entreprise argumente que pour des raisons de production, d’organisation, techniques ou économiques, etc., il y a des problèmes pour engager des travailleurs handicapés et que le quota n’est pas couvert, les mesures alternatives qui peuvent être appliquées sont les suivantes :
         • Signer un contrat de travail avec un travailleur handicapé indépendant ou un Centre Spécial d’Emploi qui fournira les matières premières, machines ou autres biens nécessaires au développement de l’activité de l’entreprise ;
         • Signer un contrat de travail avec un travailleur handicapé indépendant ou un Centre Spécial d’Emploi pour la prestation de services indépendants de l’activité normale de l’entreprise ;
         • Soutenir des activités d’insertion professionnelle  ou associations d’utilité publique spécialisées dans la formation, l’intégration et la génération d’emploi dans le domaine du handicap.

[Commentaires]

 
Ci-dessous un second exemple de pays n'ayant pas créé d'obligation d'emploi des travailleurs handicapés:
 
Le Royaume-Uni:
 
l  La loi de 1995[4] « Disability Discrimination » sur les discriminations envers les handicapés interdit toute discrimination fondée sur le handicap, notamment dans le domaine de l'emploi.
 
Les dispositions analysées ci-dessous bénéficient aux personnes que la loi de 1995 considère comme porteuses d'un handicap, c'est-à-dire d'«une altération physique qui a une conséquence négative sur l'aptitude à exécuter les activités normales de la vie quotidienne, et ce de façon substantielle et à long terme», l'expression «long terme» signifiant pour au moins douze mois.
 Les  employeurs n'ont aucune obligation d'emploi avec cette loi de 1995.
Par contre les employeurs qui entrent dans le champ d'application de la loi ont l'obligation de traiter les handicapés, qu'il s'agisse de candidats à l'emploi ou de salariés, de la même façon que les autres.
Nous voyons donc ici la différence fondamentale avec les pays pratiquant une obligation d'emploi et ceux qui légifèrent uniquement sur la non discrimination. Dans la cas du Royaume-Uni c'est l'application strict d'une non discrimination.
Les employeurs doivent aussi, dès qu'ils ont connaissance du handicap, procéder aux adaptations «raisonnables» requises par l'état du handicapé. Ces adaptations ne sont définies dans aucun texte, car elles dépendent de chaque cas particulier. La loi en donne quelques exemples: il peut s'agir de l'aménagement des locaux ou du poste de travail, de l'assistance d'une tierce personne, de la modification de la procédure de recrutement, de l'assouplissement des horaires...

L'appréciation du caractère raisonnable de l'adaptation dépend avant tout de la situation financière de l'employeur.

Si l'employeur ne procède pas aux adaptations nécessaires cela est considéré comme un acte discriminatoire.
Les employeurs bénéficient d' incitations à l'emploi des salariés handicapés dans le cadre du programme «accès à l'emploi» avec par exemple le remboursement des surcoûts entraînés par l'emploi des handicapés. Les entreprises peuvent obtenir une compensation financière pour les surcoûts engendrés par l'emploi de travailleurs handicapés qu'ils s'agissent d'emplois à temps plein ou à temps partiel, à durée indéterminée ou non.

L'employeur peut ainsi obtenir une aide pour rémunérer le traducteur grâce auquel l'employeur peut organiser l'entretien d'embauche d'un sourd, ou pour financer des travaux d'aménagement des locaux ou d'un poste de travail.

L'importance de l'aide dépend avant tout de la situation du handicapé.

Les employeurs qui recrutent des handicapés ont l'obligation de les rémunérer normalement, mais ils peuvent obtenir le remboursement d'une partie des frais de personnel pendant les six premières semaines (subvention à l'embauche): dans la mesure où un salarié handicapé est recruté pour au moins six mois, l'employeur peut, au titre du programme «Insertion professionnelle», obtenir une subvention hebdomadaire  pendant six semaines, cette durée pouvant être portée à treize semaines dans certains cas.
Les salariés handicapés au Royaume-Uni ne jouissent d'aucun statut particulier. Ils sont employés dans les mêmes conditions que les autres, la loi de 1995 s'efforce précisément d'empêcher la discrimination.
 
 
En avril 2005[5], une nouvelle loi sur le handicap a été adoptée « the Disability Discrimination Act » pour compléter les dispositions en vigueur en vertu de la loi de 1995. Entre autres il est interdit aux clubs ou associations de plus de 25 membres de refuser la candidature d'une personne handicapée sur le seul critère de son handicap et les organismes publics sont tenus de promouvoir l'égalité des chances en direction des personnes handicapées.
La Commission des droits des personnes atteintes d'un handicap - "Disability Rights Commission" [6] - est un organisme administratif indépendant institué en 1999 dont l'action, financée par les pouvoirs publics, vise à éliminer toute discrimination à l'encontre de cette catégorie de personnes. Elle diffuse les bonnes pratiques auprès des employeurs, commerçants et prestataires de services, et assure son conseil juridique au gouvernement pour les contentieux ou litiges qui pourraient naître autour de ces questions.
Synthèse: beaucoup de travail reste encore à effectuer pour pouvoir prétendre à une véritable politique européenne  d'aides en faveur des travailleurs handicapés. C'est un défi majeur pour  l'Europe.
 
 
 

[Commentaires]

2/Au niveau des Accords (avec ou sans l'Agefiph):
 
Il est important de rappeler en préambule que les employeurs peuvent s'acquitter de l'obligation d'emploi des travailleurs en créant des accords d'entreprise par exemple.
Les employeurs soumis à l’obligation d’emploi peuvent s’acquitter de cette obligation en faisant application d’un accord de branche, d’un accord de groupe, d’un accord d’entreprise ou d’établissement qui prévoit la mise en oeuvre d’un programme annuel ou pluriannuel en faveur des travailleurs handicapés comportant obligatoirement un plan d’embauche en milieu ordinaire et deux au moins des actions suivantes:
·       plan d’insertion et de formation;
·       plan d’adaptation aux mutations technologiques;
·       plan de maintien dans l’entreprise en cas de licenciement. L’accord doit être agréé par l’autorité administrative, après avis de l’instance départementale compétente en matière d’emploi et de formation professionnelle ou du Conseil supérieur pour le reclassement professionnel et social des travailleurs handicapés. Les modalités de cet agrément figurent aux articles R. 5212-15 et R. 5212-17 du Code du travail.
L’agrément est donné pour la durée de validité de l’accord.
 
La Loi est à ce sujet très précise quant à ces accords;on le voit notamment avec la nécessité que ces accords soient agréés. Par contre un tel accord dispense l'entreprise de verser la cotisation à l'Agefiph, même si l'emploi des 6% de travailleurs handicapés n'est pas encore atteint.
 
Lorsqu’une entreprise relève d’un accord d’entreprise ou de branche agréé, une demande de subvention à l’AGEFIPH n’est recevable que dans la mesure où l’action n’est pas expressément prévue dans l’accord. Si tel était le cas, le financement du projet ne pourrait intervenir qu’au-delà des dispositifs prévus dans l’accord, tant au plan technique que financier.
 
Nous allons voir ci-dessous un exemple avec un accord de Branche au Crédit agricole:  de manière chronologique
Un accord de Branche a été signé le 02/11/2005[7] sur l'emploi des travailleurs handicapés dans les caisses régionales de Crédit Agricole et les organismes adhérant à la Convention Collective du Crédit Agricole. Cet accord vise à matérialiser l'allocation de moyens adaptés à l'atteinte de l'objectif de 6 % de travailleurs handicapés.
Le champ d'application de l'accord est constitué par les Caisses régionales de Crédit agricole et les organismes adhérant à la Convention Collective nationale du Crédit agricole.
Cet accord a une durée de 5 ans et propose l'embauche de 800 travailleurs handicapés  pendant cette période. Chaque Caisse régionale contribuera à l'effort national d'embauches selon sa réalité sociale et économique.
Le Crédit agricole va mettre en place une politique de formation diplômante en alternance au profit des jeunes en situation de handicap. Il propose également d'accueillir des stagiaires scolaires et/ou universitaires handicapés.
Concernant l'intégration, les nouveaux embauchés handicapés bénéficieront d'entretiens en amont et en aval de leur embauche afin de vérifier l'efficience des aménagements  du poste de travail.

 

Des mesures concourant au maintien dans l'emploi et à une intégration durable sont évoqués:

 

l  Adaptation du poste de travail du travailleur handicapé au moment de la survenance du handicap.
l  Aménagement du temps de travail
l  Recherche d'un poste adéquat
l  Examen de mesures matérielles spécifiques destinées à accompagner les mobilités géographiques favorisant le maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés.
l  Mise en place d’un suivi spécifique des travailleurs handicapés, notamment par
des contacts fréquents avec le responsable de la cellule handicap, des rencontres régulières avec le médecin du travail. Des mesures favorisant le maintien dans l'emploi et la sensibilisation des salariés des Caisses régionales sont mises en place avec notamment:
l  Mise en place une politique de sensibilisation de l’ensemble des salariés  sur le handicap, les personnes handicapées, la prévention du handicap. 
l  Création au niveau national d'un module de formation des managers permettant de dispenser la formation au meilleur moment, c'est-à dire au plus près de l’accueil d’un travailleur handicapé ou de la survenance du handicap chez un collaborateur. Ce module aura pour objectif d’apporter des réponses concrètes aux managers, leur permettant de développer, y compris à l’attention des membres de leur équipe, les comportements et méthodes favorables à l’accueil puis au management d’un salarié handicapé.
l   Adapter la formation professionnelle, aux niveaux national et régional, pour prendre pleinement en compte les nécessités physiques et matérielles induites par le handicap.
l  Accompagner, via le responsable de la cellule handicap de la Caisse régionale, les travailleurs handicapés dans leurs démarches administratives liées à leur handicap ou à la  reconnaissance de celui-ci.
 
Des mesures visant au développement du travail avec les entreprises adaptées, les centres de distribution de travail à domicile et les établissements ou services d'aide par le travail sont envisagées. Par ailleurs, les Caisses régionales pourront proposer des stages de réinsertion professionnelle à des travailleurs handicapés ayant une activité professionnelle dans les entreprises et établissements de service d'aide par le travail.
Des moyens spécifiques sont alloués pour assurer l'éxécution de cet accord. Une association va être créée et sera rattachée au Département des relations sociales de la Fédération Nationale du Crédit Agricole.

 

Elle aura pour mission:
 
l  d’assurer le financement des dispositions du présent accord, notamment en ce qui concerne les actions de la cellule handicap nationale telles que la communication externe, la promotion de l’alternance, la mise à disposition d’outils de communication interne, la conception de bagages de formation …
l  d’assurer le suivi des résultats obtenus et d’assurer annuellement le bilan d’activité et financier auprès du Ministre chargé de l’emploi..
l  de financer l’ensemble des actions engagées par les Caisses régionales dans le
cadre des dispositions du présent accord.
l  d’assurer la mutualisation des moyens entre Caisses régionales
Cette association sera dotée, pendant toute la durée de l'accord, des moyens humains et matériels nécessaires à la mise en oeuvre de sa mission.
Le budget de l’association sera composé des cotisations des Caisses régionales correspondant au montant total des contributions dues par lesdites Caisses au titre du financement du fonds de développement pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées de l’année 2005. La gestion des fonds sera animée autour des principes suivants :
 
l  Les actions et moyens des Caisses régionales représenteront au minimum
80% du budget.
l  Les actions et moyens nationaux ne pourront excéder 20% du budget.
l  Les sommes non utilisées seront mutualisées.
 
Chaque Caisse régionale mettra en place une cellule handicap dédiée, rattachée à la Direction des Ressources Humaines et ayant pour objet :
 
• d’animer la mise en oeuvre, au plus près des contraintes et opportunités de la
Caisse régionale, les dispositions du présent accord et dispositions complémentaires éventuelles plus favorables conclues dans l’entreprise.
• d’assurer la promotion de l’emploi des travailleurs handicapés auprès de l’ensemble des acteurs internes et externes.
• de promouvoir et suivre les actions en faveur de l’emploi des travailleurs handicapés.
• d’assurer, en Caisse régionale, un suivi des résultats et des ressources financières allouées.
Chaque Caisse régionale dotera, pendant toute la durée de l’accord, la cellule handicap des moyens humains et matériels nécessaires à la mise en oeuvre de sa mission.

[Commentaires]

 

 
Par rapport au suivi de l'accord:
 
Les instances représentatives du personnel participent à l’atteinte des objectifs du présent accord, notamment en collaborant à sa mise en oeuvre et en facilitant la création de contacts privilégiés avec un certain nombre d’intervenants dans le domaine de l’emploi des travailleurs handicapés. Elles doivent également contribuer à l’analyse des réussites et échecs des actions mises en place.
 
Le suivi au niveau local:
Un suivi de la politique d’emploi des travailleurs handicapés sera assuré au niveau de chaque Caisse régionale et présenté à la Commission Formation, au Comité d’Entreprise ainsi qu’au Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT).
 
Suivi au niveau National:
Un suivi de l’application de l’ensemble des dispositions de l'accord sera réalisé chaque année par le Département des relations sociales de la Fédération Nationale du Crédit Agricole et communiqué aux organisations syndicales, dans le cadre de la Commission Nationale de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, et au Ministre chargé de l’emploi.
 
Concernant l'application et la durée de l'accord:
 
Les accords conclus dans les Caisses régionales ne pourront déroger aux dispositions du présent accord, sauf dans un sens favorable.
L’entrée en vigueur de l'accord est subordonnée à son agrément par le Ministre chargé de l’emploi.
L' accord sera applicable à compter de la date d’obtention de son agrément, pour une durée de cinq années, à l’expiration desquelles il cesse de plein droit de produire tout effet. Au terme de ces 5 années, un bilan exhaustif des actions mises en oeuvre et des résultats sera établi avec précision et comparé aux engagements contenus dans  cet accord puis sera communiqué au Ministre chargé de l’emploi.
Pendant la durée de l’accord, les Caisses régionales continueront à établir les déclarations annuelles obligatoires d’emploi des travailleurs handicapés, des mutilés de guerre et assimilés, qu’elles transmettront à la Direction Départementale du Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle.
Si les signataires sont d'accord, il pourra être possible de procéder à la  reconduction  de l’accord, pour une nouvelle durée déterminée. Cette reconduction  fera l’objet d’un agrément du Ministre chargé de l’emploi.
Pendant sa durée d’application, la révision des dispositions de cet accord pourra être demandée par un écrit précisant les points sur lesquels porte cette demande. Pour prendre effet, l’avenant de révision éventuellement signé devra être préalablement agréé par le Ministre chargé de l’emploi.

[Commentaires]

 

 
Suite à la signature de cet accord, le Ministère de l'Emploi a agréé l'accord en publiant un arrêté en date du 20 décembre 2005 paru au journal officiel du 28 janvier 2006.
 
«Arrêté du 20 décembre 2005 portant agrément de l’accord de branche du 2 novembre 2005 sur
l’emploi des travailleurs handicapés dans les caisses régionales de crédit agricole et les
organismes adhérant à la convention collective du Crédit agricole
NOR : METF0610020A
Le ministre délégué à l’emploi, au travail et à l’insertion professionnelle des jeunes, Vu le code du travail, notamment son article L. 323-8-1 ;
Vu l’accord du 2 novembre 2005 conclu entre la Fédération nationale du Crédit agricole et la Fédération générale agroalimentaire (CFDT), la Fédération CFTC de l’agriculture (CFTC-AGRI), le Syndicat national de l’entreprise du Crédit agricole (SNECA-CGC), UNSA/Crédit agricole et ses filiales (UNSA-CA), la Fédération des employés et cadres (FO), le Syndicat national indépendant des agents du Crédit agricole mutuel (SNIACAM) ;
Vu l’avis du Conseil supérieur pour le reclassement professionnel et social des travailleurs handicapés en date du 14 décembre 2005,
Arrête :
Art. 1er. − L’accord de branche du 2 novembre 2005 sur l’emploi des travailleurs handicapés dans les caisses régionales de crédit agricole et les organismes adhérant à la convention collective du Crédit agricole est agréé pour la durée de validité de l’accord.
Art. 2. − Le délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle est chargé de l’exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française.
Fait à Paris, le 20 décembre 2005.
GÉRARD LARCHER»
 
L'association évoquée dans l'accord du 02/11/2005 a été créée «HECA- Handicap et Emploi au Crédit Agricole» [8] pour mettre en œuvre une politique active de recrutement, d’intégration, de formation et de maintien dans l’emploi en faveur des travailleurs handicapés.
Un site internet a été créé et permet de retrouver toutes les actions menées et à mener pour atteindre l'objectif fixé dans l'accord du 02/11/2005. Il est possible d'accéder à des témoignages de travailleurs handicapés et à des offres d'emploi dans tout le groupe Crédit Agricole.
Des initiatives régionales voient le jour avec comme par exemple cette dernière convention en date du 19/05/2008[9].
 
«Afin de favoriser l'insertion durable dans l'emploi,le Crédit Agricole Val de France va développer des actions partenariales avec CAP EMPLOI, l'acteur principal de l'emploi des travailleurs handicapés en Loir- et- Cher. Cette collaboration est définie dans une convention qui a été signée, lundi 19 mai 2008 à Blois par Elisabeth EYCHENNE, Directrice Générale Adjointe, Noël HERISSON, Directeur des Ressources Humaines, Alain LEJEAU, Président de Prométhée et Yvan COELHO, Directeur».
 
Une synthèse a été effectuée par l'Agefiph le 03/07/2007  sur les avancées de l'accord de 2005 du Crédit Agricole. Confer Annexe
Il en ressort que pour le premier semestre 2007, 96 recrutements ont été concrétisés et un module de formation (comme prévu dans l'accord de 2005) à destination des managers est en cours de création.
 
Nous voyons que depuis la mise en place de cet accord du 02/11/2005, le travail réalisé a été important  pour insérer et maintenir des travailleurs handicapés dans l'entreprise comme en témoigne la synthèse de l'Agefiph en annexe.
 
2ème exemple d'accord:
 Schneider Electric et l'Agefiph en date du 26/06/2008[10] ont signé un accord concernant l'insertion des jeunes handicapés dans les métiers de l'industrie.
 
A travers l’alternance, véritable filière de formation menant à l’emploi, l’objectif de cette convention est de favoriser l’accès de jeunes handicapés à des métiers industriels. Les signataires s’associent pour mettre leur savoir-faire, leurs spécificités et leur expertise à la disposition des jeunes handicapés :
- Schneider Electric dans les métiers de l’industrie, en couvrant des besoins de recrutements avérés
- le CESI dans le domaine de l’alternance, en facilitant leur intégration dans des parcours de formation
- l’Agefiph dans l’insertion professionnelle des personnes handicapées, en dépassant les freins limitant leur accès à l’alternance
Les partenaires proposeront une communication ciblée, avec des moyens et des outils appropriés, et définiront des parcours de formation liés aux métiers de l’industrie – électrotechniciens,qualiticiens, ingénieurs.
 
Synthèse:
 
Cet accord de Branche et cet accord d'entreprise ci-dessus montrent que les entreprises développent un maximum de moyens afin d'intégrer les travailleurs handicapés avec notamment la mise en place de formations, la création de sites internet sur les différents postes disponibles dans la Branche.
Par contre il est intéressant que ces entreprises effectuent très fréquemment des audits internes afin de voir si les axes de travail sont respectés et bien sûr si les résultats sont là.
Malheureusement beaucoup d'entreprises n'ont engagé aucune démarche d'intégration de travailleur handicapé et se contentent de « payer » la contribution à l'Agefiph. Il me paraît intéressant que l'Agefiph puisse informer largement auprès de ce type d'entreprises afin qu'elles comprennent tout l'intérêt d'employer des travailleurs handicapés. C'est une responsabilité sociale et éthique de toute entreprise citoyenne.

[Commentaires]

 

[1]    http://www.ilo.org/dyn/natlex/natlex_browse.details?p_lang=fr&p_sortby=SORTBY_DATE&p_country=ESP&p_country_all_any=ALL&p_keyword_all_any=ALL&p_type_of_text=7&p_start=251&p_increment=50
[2]    Idem 1
[3]    Ibidem
[4]    http://www.opsi.gov.uk/acts/acts1995/ukpga_19950050_en_1
[5]    http://www.opsi.gov.uk/acts/acts2005/ukpga_20050013_en_1
[6]          http://www.drc-gb.org
[8]    http://www.touteslescompetences.fr/jcms/c_5012/correspondants-heca
[9]    http://www.touteslescompetences.fr/jcms/heca_10217/signature-d-une-convention-de-partenariat-entre-le-credit-agricole-val-de-france-et-cap-emploi-41?portal=c_5031&cid=c_5031
[10]  http://www.agefiph.fr/upload/files/1214467832_Communiqué%20AgefiphSchneider2008doc.pdf

 

SOURCES - BIBLIOGRAPHIE
   

Bibliographie:
bullet

Magazine Liaisons Sociales n° 276/2007 du 07/12/2007

Webographie:
bullet

www.minefi.gouv.fr Ministère de l'Economie, de l'Industrie et des Finances

bullet

www.ilo.org Organisation Internationale du Travail

bullet

wcd.coe.int    Conseil de l'Europe

bullet

www.legifrance.gouv.fr   Legifrance

bullet

www.anpe.fr  ANPE

bullet

WWW.agefiph.fr  Agefiph

bullet

www.britishembassy.gov.uk  Ambassade de Grande Bretagne en France

bullet

www.heca.fr  Site de l'association « Handicap et emploi au Crédit Agricole »

 

ANNEXES

Document Agefiph

Le Crédit agricole harmonise la politique d'emploi de ses caisses régionales .
Après avoir signé son accord de branche fin 2005, la Fédération nationale du Crédit agricolelance une série de diagnostics au sein des caisses régionales. Au vu de son profil, chacune severra proposer un plan d'actions adapté. Un fil rouge cependant : la formation.
Situations « dispersées » autour du handicap
Courant 2005, la Fédération nationale du Crédit agricole (FNCA) ambitionne de mettre en ?uvreune politique active et durable pour promouvoir et développer l'emploi des travailleurs handicapésau sein des caisses régionales réparties sur le territoire. Elle fait un rapide état de l'existant, cequi ne constitue pas un diagnostic au sens propre du terme. Le taux d'emploi de travailleurshandicapés est alors de 2,13 %. Les situations sont « dispersées », tant en termes d'emploidirect que de recours au secteur protégé. En outre, chaque caisse régionale est indépendante.
Une mission handicap sous forme d'association loi 1901
L'accord de groupe sur l'emploi des travailleurs handicapés dans les caisses régionales du Créditagricole et les organismes adhérant à la convention collective nationale du groupe est signé le 2novembre 2005 avec le ministère du Travail et six des huit représentants syndicaux. Pour lemettre en ?uvre, une association nationale loi 1901 dédiée est créée sous le nom « Handicap etEmploi du Crédit agricole (HECA) ». Son rôle est d'animer cette politique, en lien avec chaquecellule handicap ouverte dans chaque caisse régionale, et d'en financer les actions. Elle a aussipour missions d'assurer le suivi et de consolider les résultats. Près d'un an après la signature del'accord, les diagnostics des caisses sont organisés. Une vaste enquête est menée pourdéterminer leur profil afin de leur proposer, dans un second temps, un scénario-type de pland'actions à adapter et à décliner localement. La Fédération nationale a été conseillée par l'Agefiphpour la méthodologie des diagnostics.
La formation au coeur du dispositif
L'objectif ultime est d'atteindre un taux d'emploi de 5 % en 2010, à la fin de l'accord. 800recrutements sont escomptés, en CDI ou en contrats d'alternance. La formation occupe une placeprépondérante dans le dispositif d'intégration. À ce titre, des partenariats sont noués avec leréseau Cap Emploi pour le processus de sélection de candidats. En fonction de leur cursusscolaire, différentes solutions sont proposées : bacs professionnels pour ceux qui ont un niveaud'enseignement inférieur, formation supérieure en alternance pour les titulaires du baccalauréatet formations diplômantes (de type diplôme universitaire) en alternance pour les adultes nedisposant d'aucune formation initiale. Ces formations s'effectuent en lien, lorsque c'est possible,avec les neuf centres de formation des apprentis (CFA) rattachés à l'Institut de formation duCrédit agricole mutuel (IFCAM).
Une expérience à reproduire
96 recrutements ont déjà été concrétisés pour le premier semestre 2007. Sur le plan de laformation des travailleurs handicapés, une première expérience innovante menée par la caisserégionale de Crédit agricole Sud Méditerranée en faveur de formations en alternance etdiplômantes a bien fonctionné. Dès la rentrée prochaine, d'autres caisses lui emboîteront le pas.Les procédures de maintien dans l'emploi doivent être étudiées au cas par cas, au niveau local,en partenariat avec les médecins du travail. Mais pour l'heure aucun chiffre ne témoigne encore de l'évolution des procédures. Enfin, une action de sensibilisation au handicap a eu lieu au siègede la Fédération. Tous les dirigeants des caisses y étaient conviés. Un module de formation àdestination des managers, cette fois, est en cours de création.
Groupe: Crédit agricole
Entreprise: Crédit agricole<strong>Activité(s)</strong>: Activités financières
Effectif entreprise: 72 000
Effectif TH de l’entreprise: 936
Unités valorisables au titre de la sous-traitance: nc
Accord d’entreprise: OUI
Convention Agefiph: NON
CONTACT: Enor Le MeurResponsable association Handicap et Emploi du Crédit agricoleenor-lemeur@ca-fnca.fr
Mise à jour : 03/07/2007Diagnostic : oui Accord : 2005-2010 (5 ans)Budget accord : à préciserCofinancements :association nationale Handicap et emploi du Crédit agricole (HECA), AgefiphAutres partenaires :Réseau Cap emploi, CFA, Ifcam
Nom : Enor Le Meur
Profession : Responsable association Handicap et Emploi du Crédit agricole
« « Un site Internet dédié à la politique d'emploi du Crédit agricole » »« Nous constatons une forte mobilisation des caisses. Les chiffres sont bons. Côté partenariats,les caisses régionales ont appris à connaître les Cap emploi et réciproquement. Un site Internetdédié à l'association a été créé www.touteslescompetences.fr. Son but est de faire connaître nosactions et nos réalisations. Cet outil sert également aux travailleurs handicapés qui souhaitentdéposer un CV, une candidature ou pour répondre aux offres d'emploi des caisses, directementaccessibles sur le site. »

 

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