Dans le cadre de son activité de formation professionnelle ou continue, TRiPALiUM publie les articles de veille et de synthèse de ses stagiaires .
La publication de ces articles participe à leur progression pédagogique. Si vous êtes interessé par une formation TRiPALiUM
cliquer ici

 Le Cumul Emploi-Retraite

Publié le :  28 décembre 2007

Auteur : Brucker Edouard

bullet

Autres articles du même auteur : Début de l'article

bullet

 

Commentaires

Comme nous avons vu dans la gazette précédente, le poids des actifs au sein de la population totale décroît. En effet, selon l’OCDE, la proportion d’actifs rapportée à la population en âge de travailler à diminué de 54% en 2005 et diminuera de 50% en 2020. Alors que 30% des 65-75 ans cumulent un emploi et une retraite aux Etats-Unis, que 80% des hommes de 55 à 64 ans ont un emploi au Japon, la France affiche des résultats bien plus faibles. Toujours selon l’OCDE, le taux d’emploi des hommes de 55 à 59 ans est inférieur au taux européen (environ 62% pour la France contre 70% pour l’UE), mais la réelle différence se fait pour les hommes âgés de 60 à 64 ans (38% pour l’UE contre 23% pour la France).
   

Depuis 10 ans, le gouvernement tente de mettre en place une politique dite « Active » pour maintenir l’emploi des séniors. Depuis la loi Fillon de 2003, la problématique des séniors et de l’emploi est de plus en plus d’actualité. Selon les propos de Nicolas Sarkozy lors de sa campagne présidentielle : « Il faut commencer par encourager l’activité des séniors en supprimant la contribution Delalande, la dispense de recherche d’emploi, les interdictions de cumul emploi-retraite ».

Nous allons voir dans un premier temps les différents contrats qui ont été mis en place ces dernières années, leurs évolutions, leurs limites et les avantages qu’en retirent les « séniors ».

Selon l’OCDE, la France est considérée comme l’un des pays ou la recherche en matière du vieillissement et de l’enjeu de la gestion des âges est le plus avancé. Ainsi, il y a environ 10 ans, l’état a créé de nouveaux contrats destinés aux personnes rencontrant des difficultés particulières d'accès à l'emploi :

-          contrat emploi solidarité (CES) :
-          contrat emploi consolidé (CEC)
-          contrat initiative emploi (CIE)

A la clé pour ces employeurs, plusieurs avantages financiers sont accordés, sous réserve de respecter certaines formalités, dont la signature d’une convention avec l'Etat. Pour le bénéficiaire, le contrat de travail est assorti d'une rémunération et d'une aide à l'insertion adaptée : tuteur, actions de formation et d'accompagnement vers l'emploi. Le cumul avec une activité complémentaire est possible, mais strictement encadré.

Ces différents contrats ont été modifiés par la loi n°005-32 du 18 janvier 2005 de programmation pour la cohésion sociale qui a supprimé et créé  de nouveaux contrats destinés à ces personnes rencontrant des difficultés particulières d'accès à l'emploi : contrat d'accompagnement dans l'emploi et contrats d'avenir. Cette loi organise également l'extinction progressive des contrats emploi solidarité. Cette réforme a notamment prévu la possibilité pour le service public de l’emploi au niveau régional (les préfets de région) d’adapter la définition des publics prioritaires et les taux de prise en charge en fonction des difficultés de  ces publics. En 2006, 20 000 CIE ont été mobilisées à destination des demandeurs d’emploi de plus de 50 ans.

L’ensemble de ces contrats ne sont pas spécifiques aux « séniors ». Ils s’adressent à toutes les personnes rencontrant des difficultés d’accès à l’emploi tout en permettant à l’employeur de bénéficier d’avantages financiers. Malgré tout, l’accent à été mis sur l’importance de réinsérer les « séniors » dans la population active avec dans certaines circonscriptions par des objectifs de CIE séniors à respecter.

Nous pouvons constater que depuis la loi du 18 janvier 2005, l’état à mis en place d’autres dispositifs précis s’appliquant aux séniors.

En premier lieu nous pouvons parler de l’aide dégressive à l’employeur. Afin de faciliter l'embauche des demandeurs d'emploi indemnisés au titre de l'assurance chômage, une aide financière versée par l'Assédic peut être accordée à l'employeur. L'embauche doit être réalisée en contrat à durée indéterminée ou à durée déterminée d'au moins 12 mois et n'excédant pas 18 mois, à temps plein ou à temps partiel. Ces dispositions sont issues de la Convention d'assurance chômage du 18 janvier 2006 et des textes pris pour son application, sont applicables aux conventions d'aide dégressive à l'employeur (ADE) conclues à compter du 18 janvier 2006. Les bénéficiaires doivent être âgés d’au moins 50 ans à la date de l’embauche, être inscrits à l’ANPE depuis au moins trois mois et bénéficier de l’ARE.

En second lieu, il à été créé le contrat d’avenir. Les contrats d'avenir sont destinés à favoriser le retour à l'emploi des personnes bénéficiant du revenu minimum d'insertion (RMI), de l'allocation de solidarité spécifique (ASS), de l'allocation de parent isolé (API) ou de l'allocation aux adultes handicapés (AAH). Ils ouvrent droit à des aides pour les employeurs. Le contrat est d'une durée déterminée de 2 ans (avec des possibilités de dérogation), à temps partiel. Durant la durée du contrat, le salarié perçoit un salaire calculé au minimum sur la base du SMIC horaire et peut dans certains cas continuer de percevoir une part de son allocation d'origine (RMI, ASS, AAH ou API), diminuée du montant de l'aide forfaitaire versée à l'employeur. Il bénéficie par ailleurs obligatoirement d'actions de formation et d'accompagnement. Ce dispositif est réservé au secteur non marchand. Les personnes âgées de cinquante ans et plus bénéficient d’une limite étendue à soixante mois ce qui lui permet de compléter sa retraite. Le contrat d'avenir est un contrat de travail de droit privé à durée déterminée et à temps partiel. La durée hebdomadaire du travail des personnes embauchées dans le cadre d'un contrat d'avenir est fixée à 26 heures (éventuellement 20 à 26 heures lorsque l'embauche est réalisée par un employeur conventionné au titre de l'article L. 322-4-16-8 du Code du travail (ateliers et chantiers d'insertion) ou par une association de services à la personne visée à l'article L. 129-1 du Code du travail.

Dans un troisième temps, lancé en août 2005, nous pouvons parler du contrat nouvelle embauche (CNE).

 Le contrat « nouvelles embauches » (CNE) s'adresse aux entreprises du secteur privé qui comptent au plus 20 salariés. Il s'agit d'un véritable contrat de travail, le titulaire de ce contrat bénéficiant de l'ensemble des droits et garanties qui s'attachent à la qualité de salarié. Conclu pour une durée indéterminée, ce contrat obéit toutefois à des modalités de rupture particulières durant les deux premières années qui suivent sa conclusion, le dispositif mis en place reposant sur la recherche d'un nouvel équilibre dans la relation de travail, en associant, à une simplification de la procédure de rupture, de nouvelles garanties (revenu de remplacement, aide au retour à l'emploi...) pour le salarié. Obligatoirement écrit, le contrat « nouvelles embauches » peut être conclu depuis le 4 août 2005. Ce type de contrat est mieux adapté aux contraintes des TPE. Il favorise les embauches en CDI. Cette mesure était une des mesures phare du plan d’urgence pour l’emploi présenté par le Premier Ministre Dominique de Villepin le 8 juin 2005.

Nous pouvons aussi mettre en avant les CDD séniors. Cet accord signé le 9 mars 2006, prévoit un cas de recours spécifique au CDD, dans l’optique du retour à l’emploi des séniors. Ce dispositif a été aménagé par l’avenant du 9 mars 2006. Il permet aux séniors âgés de plus de 57 ans et inscrits comme demandeurs d’emploi depuis plus de trois mois ou en convention de reclassement personnalisé d’acquérir des droits supplémentaires en vue de la liquidation de leur retraite à taux plein. D’une durée de 18 mois renouvelable une fois, l’employeur devra verser au salarié, à l’issu du contrat, une indemnité de même nature et de même montant que l’indemnité de fin de contrat de droit commun. L’objectif poursuivi par le CDD séniors est de permettre à ces salariés d’aller jusqu’à le retraite afin de toucher pleinement leur droit.

Comme nous l’avons notifié dans l’introduction, le gouvernement souhaite supprimer la loi Delalande afin de pousser les employeurs à l’embauche des séniors. La contribution Delalande créée en 1987 est une cotisation versée par l’employeur à l’occasion d’une rupture d’un contrat de travail de salariés âgés de plus de 50 ans. L’évolution de cette contribution à fait l’objet d’une réflexion approfondie de la part du gouvernement qui en a étudié l’éventuelle suppression. La loi du 21 aout 2003 portant sur la réforme des retraites avait déjà réformé la contribution pour limiter les effets « désincitatifs » à l’embauche. Le gouvernement après étude souhaite supprimer progressivement cette contribution avec la loi n° 2006-1770 du 30 décembre 2006. Il souhaite exonérer du versement de la contribution la rupture du contrat de travail de tout salarié nouvellement embauché à compter de la date de présentation du plan : de la sorte, la contribution ne pourra en aucune façon constituer un frein à l’embauche quel que soit l’âge de la personne recrutée.

Au travers de cette étude, nous constatons que le gouvernement a saisie l’enjeu de la réinsertion des séniors dans la vie active et cela depuis plus de 10 ans. La France s’insère dans un processus continu de développement de ces contrats en faveur de cette population. Sans cesse remaniés, ces contrats proposent de plus en plus d’incitations fiscales pour les employeurs et de plus en plus d’aides pour les séniors aux petites retraites. Par ce procédé, toute la population peut trouver son compte. En effet, les travailleurs actifs auront le sentiment de cotiser moins pour une population de retraité de plus en plus importante, les employeurs pourront embaucher des séniors leur permettant une plus grande flexibilité du temps de travail et des coûts. Enfin, certains séniors pourront continuer à cotiser afin d’obtenir une retraite complète ou encore garder une activité pour ne pas sombrer dans la dépression.

Au même titre que Rachida Benhamada dans son article « INCITATIONS FINANCIERES POUR L’EMPLOI DES SENIORS » du 16 mars 2006 sur le site Tripalium : « On peut s’interroger sur le bien fondé de la discrimination positive vis-à-vis des séniors à travers des politiques de contrats aidés ou spécifiques aux séniors (CDD sénior). Sont-elles réellement souhaitables ? Ne vont-elles pas stigmatiser davantage les séniors ? ».

 

SOURCES - BIBLIOGRAPHIE
   

La presse spécialisée

 SULTA Yoanna « Cumuler emploi et retraite, c’est possible ». Le Figaro Entreprises, n°18928, 13 juin 2005, p13
 REY Bénédicte. « Emploi des séniors : L’OCDE propose un arsenal de mesures à la France ». Agence France Presse, 16 mars 2005.
 Salariés de plus de 45 ans : Embauche-Gestion de l’emploi-Départ de l’entreprise. HS Liaisons sociales, novembre 2004.
 Le Monde, mardi 7 mars 206 : « Même sans l’aide de l’Etat, les préretraites font toujours recette », Nathalie Quérel.

 Sites Internet

http://www.legifrance.gouv.fr
http://www.cnav.fr
http://www.service-public.fr
http://www.anact.fr
http://www.anpe.fr
http://www.senioractu.com
http://www.tripalium.com
http://www.dares.com

Rapports divers

Jean-Marc Boulanger. Cumul emploi-retraite. Rapport remis au conseil d’Orientation des retraites (COR), 6 mars 2003.
Anne Sonnet. Vieillissement et politiques de l’emploi. Rapport OCDE remis au ministère de l’emploi, du travail et de la cohésion sociale, 16 décembre 2004.
INSEE 2004 « Contribution Delalande et transitions sur le marché du travail », L.Bagahel, B.Crépon, B.Sédillot

 

ANNEXES
 

Cet article a été lu  Hit Counter fois

 
Autorisation de reproduction de documents extraits du site Eur-lex de l'Union Européenne par autorisation de l'Office des publications officielles de la Communauté européenne en date du 21 mai 1999 ref: 99-cop-200
Copyright ã 2007 social conseil entreprise TRiPALiUM - Tous droits réservés. Toute reproduction , même partielle, de la page, par quelque procédé que ce soit ( électronique, photocopie, imprimante, bande magnétique, disquette, cd-rom ou autre ) est interdite sans autorisation par écrit de Yvan Loufrani  L'impression pour usage à titre privé et documentaire est autorisée