Dans le cadre de son activité de formation professionnelle ou continue, TRiPALiUM publie les articles de veille et de synthèse de ses stagiaires .
La publication de ces articles participe à leur progression pédagogique. Si vous êtes interessé par une formation TRiPALiUM
cliquer ici

 Plan d'épargne entreprise

Publié le : 25 décembre 2007

Auteur : Brigitte Laurent

bullet

Autres articles du même auteur :

bullet

 

Commentaires

Le  plan d’épargne d’entreprise est un système d’épargne qui associe les salariés à la stratégie de l’entreprise et les implique davantage dans  son fonctionnement quotidien. Il profite à toutes les parties : au salarié qui bénéficie là d’un rendement supérieur à celui d’une épargne individuelle ce qui lui permet de se constituer une réserve utile à la réalisation de ses projets ;  à l’employeur qui, en faisant participer les salariés aux décisions, aux résultats et au capital de l’entreprise développe leur motivation et leur fidélisation, s’assure des avantages fiscaux et sociaux non négligeables, favorise le financement de son entreprise et évite la dispersion du capital de celle-ci. Créé au départ en 1959 dans le cadre de la loi sur l’intéressement  puis dans le cadre  des ordonnances de 1967 sur la participation des salariés aux fruits de l’expansion des entreprises,  il existe aujourd’hui toute  une législation ayant pour but de développer et d’améliorer les plans d’épargne salariale. Au fil des années, de nombreuses lois ont précisé le système. Les plus récentes sont :
- la loi du 19 Février 2001 dite Loi Fabius qui facilite l’accès aux petites entreprises et consacre l’aide financière que l’entreprise peut apporter dans le cadre de la constitution de l’épargne salariale en triplant ses possibilités d’abondement,
- la loi du 2 Août 2005 qui a ouvert les plans d’épargne salariale au conjoint collaborateur  ou associé,
- celle du 30 Décembre 2006 pour le développement de la participation et de l’actionnariat salarié.
Le plan d’épargne d’entreprise est considéré comme étant la référence de base de l’épargne salariale.Nous tenterons ci-après d’expliquer, dans ses grandes lignes, le mode de fonctionnement de celui-ci et ses finalités.
   

I)  QU’EST-CE QU’UN PLAN D’EPARGNE D’ENTREPRISE (PEE) ?

Il est défini dans le premier alinéa de l’article L.443-1 du Code du travail. Le plan d’épargne d’entreprise est un système d’épargne permettant aux salariés et aux dirigeants de société de se constituer, s’ils le souhaitent et avec l’aide de l’entreprise, une épargne investie en valeurs mobilières. Ils effectuent eux-mêmes leur choix entre les différentes formules de placement proposées. Le mécanisme est socialement et fiscalement intéressant

II)  QUELS SONT LES BENEFICIAIRES D’UN PLAN D’EPARGNE D’ENTREPRISE ?

Tous les salariés de l’entreprise peuvent bénéficier du PEE s’ils le souhaitent. Il peut toutefois leur être demandé une durée minimum d’ancienneté dans l’entreprise, appréciée à la date du premier versement dans le plan. Elle ne pourra être de plus de trois mois. Les chefs d’entreprise et mandataires sociaux (présidents, directeurs généraux, gérants ou membres du directoire) ainsi que le conjoint collaborateur ou associé du chef d’entreprise  des entreprises employant de 1 à 100 salariés, quelle que soit la forme juridique de celle-ci, peuvent accéder aux plans d’épargne d’entreprise. Les anciens salariés retraités peuvent continuer à effectuer des versements sur le plan. Ils peuvent également souscrire aux augmentations de capital et bénéficier de  la décote proposée par l’entreprise. Mais ils ne peuvent plus bénéficier des versements complémentaires de l’entreprise. Les salariés ayant quitté l’entreprise pour un motif autre que retraite ou préretraite peuvent rester adhérents au plan mais ne peuvent plus y effectuer de versements exception faite de l’intéressement qui aurait été versé après leur départ de l’entreprise.

III)  QUELLES SONT LES  PROCEDURES DE MISE EN PLACE ?

Le plan d’épargne d’entreprise peut être octroyé ou négocié. En effet, il peut résulter d’un accord conclu avec le personnel soit :
- en fonction d’un accord de branche si l’employeur est adhérent de l’un des syndicats signataires,
- en fonction d’un accord conclu entre l’employeur et les organisations syndicales de salariés représentatives dans l’entreprise, accord validé par référendum auprès du personnel,
- en fonction d’un accord conclu avec le comité d’entreprise ou à défaut les délégués du personnel, accord validé par une commission paritaire nationale de branche,
- si l’employeur le désire, en fonction d’un accord conclu, en l’absence de syndicats, de comité d’entreprise et de délégués du personnel, avec un salarié de l’entreprise mandaté par un syndicat représentatif pour signer cet accord. Ce dernier doit être validé par un référendum auprès du personnel de l’entreprise.
Lorsque le PEE n’est pas établi en vertu d’un accord avec le personnel mais octroyé  à l’initiative de l’employeur, le comité d’entreprise ou à défaut les délégués du personnel seront consultés sur le projet,  minimum quinze jours avant le dépôt du plan à la DDTEF (Direction Départementale du Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle).

IV)  DE QUELLES MANIERES ALIMENTER LE PLAN ?

Le PEE est alimenté par différentes sources :
- Les versements des salariés :
- Les versements volontaires des salariés limités au quart de leur rémunération annuelle brute  ou,  pour les chefs d’entreprise,  de leur revenu professionnel imposé à l’impôt sur le revenu au titre de l’année précédente ou, pour les retraités ou préretraités,  au quart de leur pension de retraite ou allocation de retraite, que ces versements soient effectifs vers un ou plusieurs plans. Des versements annuels minimum peuvent être prévus sans pouvoir excéder 160€.
- L’intéressement : le salarié peut affecter tout ou partie de ses primes d’intéressement dans le PEE (dans les quinze jours suivant son versement). Ces sommes sont prises en compte dans le calcul des 25 % de rémunération.
- La participation : les salariés peuvent verser les sommes qui leur sont dues au titre de la participation dans le PEE, ceci dans les quinze jours à compter de la date où les sommes sont dues. Elles ne sont pas à prendre en compte dans le calcul des 25 % de rémunération.
- Selon l’article L3332-14 du code du travail, sous réserve d’une attribution à l’ensemble des salariés de l’entreprise, les actions gratuites attribuées aux salariés peuvent être versées, à l’expiration de la période d’acquisition de deux ans, sur un PEE dans la limite d’un montant égal à 7,5 % du plafond annuel de la sécurité sociale par adhérent. Elles pourront ainsi bénéficier de la fiscalité avantageuse du plan d’épargne.
- Les versements complémentaires de l’employeur :  Ils prennent la forme d’abondements. Il s’agit de sommes versées aux salariés afin que ceux-ci constituent à leur profit un portefeuille collectif de valeurs mobilières.

L’abondement ne peut être calculé de manière individuelle et ne peut en aucun cas être croissant avec la rémunération du salarié. Toutefois, il peut varier en fonction des montants versés, de l’origine des sommes placées (c’est l’acte volontaire d’épargne qui ouvre droit à l’abondement)  ou du fonds dans lequel les versements sont faits.
L’abondement annuel est plafonné à trois fois les versements du salarié dans la limite de 8 % du plafond annuel de la sécurité sociale soit 2575 €. Lors de l’acquisition d’actions ou de certificats d’investissement émis par l’entreprise, l’entreprise peut majorer ces sommes à concurrence du montant consacré par le salarié, sans que cette majoration puisse excéder 80 %. 
L’abondement est versé lors du versement de l’adhérent ou au plus tard à la fin de chaque exercice.
L’abondement ne peut se substituer à aucun élément de rémunération.

L’employeur prend obligatoirement à sa charge une partie des frais de gestion du plan, les frais de tenue de compte. Les droits d’entrée annuels (1 à 3 % des versements) sont à la charge, suivant les conventions, du salarié ou de l’employeur. Enfin, il faut tenir compte des frais de gestion financière (1 à 2% par an du montant de l’épargne disponible) qui seront déduits des performances des fonds.

Le règlement du plan peut toutefois exclure une ou plusieurs de ces sources d’alimentation.

V)  QUELLES SONT LES AFFECTATIONS POSSIBLES DES FONDS 

Aucune discrimination ne doit être faite entre salariés quant aux choix des formules de fonds offertes.Selon l’article L443-3 du code du travail, les sommes recueillies peuvent être affectées à l’acquisition :
- de titres émis par des sociétés d’investissement à capital variable (SICAV).
- de parts de fonds  communs de placement. Le FCPE est un instrument de gestion de valeurs mobilières (actions, obligations…) appartenant collectivement aux salariés porteurs de parts. Chaque salarié est « copropriétaire » d’un nombre de parts proportionnel au montant versé. La valeur de la part s’obtient en divisant le montant total de l’actif du Fonds par le nombre total des parts
- de valeurs mobilières émises par l’entreprise ou par une entreprise qui lui est liée. Les sociétés peuvent procéder à des augmentations de capital réservées aux adhérents d’un plan d’épargne d’entreprise. L’institution d’un fonds commun de placement n’est alors pas obligatoire pour la gestion de cet investissement.
- de stock options. Les bénéficiaires de stock options ont la possibilité de financer la levée de celles-ci par la liquidation d’avoirs détenus dans un PEE avant l’expiration de la période de blocage. Les actions ainsi achetées doivent être affectées dans un PEE. En général, les entreprises laissent à leurs salariés la possibilité de choisir entre différents types de fonds, en fonction de leur performance ou de leur exposition au risque des marchés d’actions ou d’obligations.  Il est en général proposé trois produits aux risques gradués : prudent, équilibré, dynamique.

VI)  QU’EN EST-IL DU BLOCAGE DES FONDS ?

Les sommes versées dans un PEE sont bloquées au minimum cinq ans à compter de la date d’acquisition des titres, mais plusieurs cas de déblocage anticipés sont prévus (mariage, divorce, décès, invalidité, création d’entreprise, cessation de contrat de travail, naissance d’un 3ème enfant..).Il est possible de laisser les fonds dans le plan sans limitation de durée. Les retraités peuvent ainsi laisser leurs capitaux fructifier. Selon l’article L3335-1 du code du travail, une entreprise ayant mis en place un PEE et  qui serait l’objet d’une fusion, cession, absorption ou scission peut transférer les fonds dans le PEE de la nouvelle entreprise, après information des représentants du personnel. Le délai d’indisponibilité écoulé des sommes transférées s’impute alors sur la durée de blocage prévue par le nouveau plan.

VII)  QUELLES INFORMATIONS DOIVENT ETRE DONNEES AUX SALARIES ?

Cette information peut se faire par l’entreprise par tous moyens comme l’affichage, l’information individuelle sur support papier ou par voie informatique.Elle doit porter sur le contenu du plan - notamment les possibilités de placement offertes, leurs caractéristiques en termes d’actifs détenus, de rendement et de risque - sur les modalités de l’abondement, sur les règles régissant les modifications du choix des placements (arbitrages). Certaines entreprises confient à l’établissement gestionnaire des fonds la tâche d’information des salariés.

VIII)  QUELS SONT LES AVANTAGES SOCIAUX ET FISCAUX D’UN  PEE ?

Pour le salarié : Les sommes versées par l’entreprise au plan d’épargne (abondements) n’ont pas le caractère de rémunération. Elles sont exonérées de cotisations de Sécurité Sociale sauf CSG et CRDS et sont non soumises à l’impôt sur le revenu. Il en est de même des plus values réalisées et récupérées  à la sortie du plan qui sont toutefois soumises à un prélèvement social supplémentaire de 11 %. Par contre, les sommes versées par les salariés et les dirigeants d’entreprise sont soumises normalement à l’impôt sur le revenu, exceptées celles provenant de l’intéressement ou de la participation.

Pour l’employeur : Les sommes correspondant aux abondements effectués par l’employeur au PEE peuvent être déduites de son bénéfice pour l’assiette de l’impôt sur les sociétés ou de l’impôt sur le revenu selon le cas. Elles sont également exonérées de la taxe sur les salaires, de la taxe d’apprentissage et des participations des employeurs au développement de la formation professionnelle et à l’effort de construction.Pour ouvrir droit à ces exonérations fiscales et sociales, les règlements des plans d’épargne d’entreprise doivent avoir été déposés à la DDTEFP.

En conclusion, il est intéressant de noter que, selon l’Association Française de Gestion Financière (AFG), les fonds communs de placement entreprise investis en actions françaises occupent une place de tout premier ordre dans les différentes catégories de placement en épargne salariale, avec une performance de  76 % sur cinq ans (données au 31/08/07). Le plan d’épargne d’entreprise reste donc une des voies les plus intéressantes pour le salarié de faire fructifier son épargne et pour l’employeur de motiver et fidéliser son personnel tout en réalisant des économies de charges. La volonté du législateur est d’ailleurs de pérenniser le PEE. Ainsi la loi Fillon sur le régime des retraites du 21/08/03 qui crée le PERCO (plan d’épargne retraite collectif) précise que la mise en place de celui-ci ne pourra se faire que dans les entreprises disposant déjà d’un PEE.  Celui-ci est donc appelé à se développer dans les PME et TPE.

 
SOURCES - BIBLIOGRAPHIE
   
- L’épargne salariale PEE – PEI – PPESV
  Bernard le Court aux Editions du puits fleuri.
  Le Conseiller Juridique pour tous
- Epargne salariale – une solution pour les PME – PMI
  De Claire Da-Dalt Gadot / Françoise Duprat aux Editions Liaisons.
- Liaisons sociales : Supplément au numéro 14491 du 28 Octobre 2005 sur l’épargne salariale.
- Sites consultés :
-  Les Echos
            Différents articles de Bernard le Court :
Actionnariat salarié et épargne salariale : toutes les nouvelles mesures (09/05/07)
L’aide de l’entreprise à la constitution d’épargne (09/05/07)
Dix questions réponses sur l’épargne salariale (09/05/07)
-  Travail-solidarité.gouv.
            Qu’est-ce que l’épargne salariale ?
- Le Rucher de l’emploi
            Le plan d’épargne entreprise
- Actufinance
- Legifrance
   Pour tous les articles concernant le PEE
- Pee conseil
- AFG (Association Française de la Gestion Financière)
- Groupama Epargne
 
ANNEXES

GLOSSAIRE

  1. Action : titre de propriété représentant une fraction du capital d’une entreprise et donnant à son porteur le droit de vote aux assemblées, le droit à l’information et aux bénéfices (sous forme de dividendes).

  2. Obligation : titre représentant la part d’un emprunt émis par l’Etat, une collectivité publique ou une entreprise.

  3. Arbitrage : c’est une opération de transfert en tout ou partie des fonds d’un FCPE dans un autre. Il est possible de panacher, c’est-à-dire d’affecter ces fonds à plusieurs FCPE.

 

Cet article a été lu  Hit Counter fois

 
Autorisation de reproduction de documents extraits du site Eur-lex de l'Union Européenne par autorisation de l'Office des publications officielles de la Communauté européenne en date du 21 mai 1999 ref: 99-cop-200
Copyright ã 2007 social conseil entreprise TRiPALiUM - Tous droits réservés. Toute reproduction , même partielle, de la page, par quelque procédé que ce soit ( électronique, photocopie, imprimante, bande magnétique, disquette, cd-rom ou autre ) est interdite sans autorisation par écrit de Yvan Loufrani  L'impression pour usage à titre privé et documentaire est autorisée