Dans le cadre de son activité de formation professionnelle ou continue, TRiPALiUM publie les articles de veille et de synthèse de ses stagiaires . La publication de ces articles participe à leur progression pédagogique. Si vous êtes interessé par une formation TRiPALiUM cliquer ici

 Contrat initiative emploi

Publié le : 03 juin 2007

Auteur : Clotilde Henry

Autres articles du même auteur : Début

 

Commentaires

C’est en 1995 que M. Alain JUPPE créé le « contrat initiative emploi » qui donnera lieu à la loi du
4 août 1995 et au décret du 19 août 1995. Ultérieurement, deux décrets additionnels du 22 mai 1996 et du 20 août 1996 réorientent l’octroi de l’aide vers le public le plus en difficulté.
Entre 2002 et 2004 le gouvernement en place ne juge pas utile de conserver une politique sociale de l’emploi non marchand et baisse considérablement les budgets alloués aux contrats aidés du secteur et le CIE n’échappera pas à cette décision.
   

C’est en avril 2004 .« après le choc de la victoire du parti socialiste aux élections régionales, sous les termes de « cohésion sociale » qu’une décision fut alors prise de recourir à nouveau à ces emplois publics, pour redonner une perspective à des chômeurs sans qualification » (1) Les emplois aidés reviennent sur le devant de la scène politique et la réforme sur la programmation pour la cohésion sociale du 18 janvier 2005 modifiera la mouture du CIE (2) ainsi que l’ensemble des contrats aidés existants.

Ce que nous dit la loi  sur le Contrat initiative emploi :

Le CIE est régi par l’Art.L5134-65 du nouveau code du travail « il a pour objet de faciliter l’insertion professionnelle des personnes sans emploi rencontrant des difficultés sociales d’accès à l’emploi.

Il donne lieu :

1.   A la conclusion d’une convention entre l’état et l’employeur;

2.   A la conclusion d’un contrat de travail entre l’employeur et le bénéficiaire de la convention ;

3.   A l’attribution d’une aide financière.

                                 I.      Le profil des bénéficiaires

Toutes les personnes qui sont au chômage, inscrites ou non à l’ANPE qui rencontrent des difficultés particulières d’accès à l’emploi. Depuis mai 2005, il n’existe plus de condition d’ancienneté d’inscription au chômage ou d’âge pour y avoir droit. C’est le service public de l’emploi (l’ANPE entre autres) qui décide de l’éligibilité du candidat.

                               II.      Les employeurs concernés :

Toutes entreprises assujetties à l’UNEDIC peuvent conclure à un contrat initiative emploi. Pour bénéficier de ces avantages, l’employeur ne doit pas avoir procédé à des licenciements pour motif économique dans une période de 6 mois précédant l’embauche du CIE (circulaire ministérielle CDE du 6 novembre 1996).

Ni lorsque l’embauche est la conséquence directe d’un salarié en CDI (N°2 art.L5134-68).

L’employeur doit être à jour de ses cotisations et contributions sociales (N°2 art.L5134-68).

(1)       Article de presse  extrait du magazine « Challenge» « les contrats aidés sont de retour »
N°33 du 27 avril 2006

(2)       Décret n°2003-565 du 27 juin 2003 modifiant le décret n°2002-400 du 25 mars 2002 relatif au contrat initiative emploi

                              III.      Les modalités :

Le CIE donne lieu à la conclusion préalable d’une convention entre l’employeur et l’état, représenté par l’ANPE dont dépend l’établissement ou l’entreprise (lieu d’exécution du contrat de travail).

Cette convention s’applique aux contrats conclus depuis le 1er mai 2005. Ce document fixe le montant et la durée de l’aide dont bénéficie l’employeur ainsi que des engagements en matière de formation professionnelle, de tutorat ou d’accompagnement du salarié vers l’emploi (facultative).

Pour être valable, cette convention doit être signée avant la conclusion d’un CIE avec un salarié.

La durée de la convention de CIE ne peut excéder :

Le terme du contrat de travail à durée déterminée ;
24 mois en cas d’embauche en contrat de travail à durée indéterminée.

 

La convention peut être renouvelée 2 fois dans la limite d’une durée totale de 24 mois. Le renouvellement est accordé après examen de la situation du salarié au regard de l’emploi, de la capacité contributive de l’employeur et de la situation locale du marché du travail pour le métier concerné

                           IV.      Caractéristiques du contrat :

Le contrat initiative emploi est un contrat de travail de droit privé à durée indéterminée ou à durée déterminée (art.L5134-69) conclu en  application de l’article L.1242-3.

Il n’y a pas de précision sur la durée hebdomadaire de travail. Le CIE peut être conclu à temps plein ou à temps partiel. Toutefois pour ouvrir droit aux aides de l’état, les CIE doivent prévoir une durée hebdomadaire de travail égal ou supérieur à 20 heures par semaine.

Les droits du salarié sont rigoureusement les mêmes que ceux des autres salariés, seul le type de contrat change.

Les conditions de rupture selon l’article L.5134-70 :

Le contrat initiative emploi peut être rompu avant sont terme à l’initiative du salarié lorsque la rupture à pour objet de lui permettre :

1.       D’être embauché par un contrat à durée déterminée d’au moins 6 mois ;

2.       D’être embauché par un contrat à durée indéterminée ;

3.       De suivre une formation conduisant à une qualification.

Le CIE peut être suspendu, à la demande du salarié, afin de lui permettre d’effectuer une période d’essai afférente à une offre d’emploi, visant une embauche en contrat de travail à durée indéterminée ou à durée déterminée au moins égale à 6 mois.

En cas d’embauche à l’issue de cette période d’essai, le contrat est rompu sans préavis.

                             V.      La rémunération :

Le salaire est fixé avec l’employeur, il ne peut être inférieur au SMIC.

                           VI.      Quelles aides de l’état :

Prise en charge par l’état d’une part du salaire CIE :

Le CIE donne lieu au versement d’une prime dont le montant est fixé chaque année par un arrêté du préfet de région, en tenant compte :

Des qualités d’accompagnement et la formation professionnelle ;
Du statut des employeurs ;
Du secteur d’activités ;
De la situation des bassins d’emploi ;
Des difficultés d’accès à l’emploi des bénéficiaires.

L’aide de l’état ne peut excéder 47 % du taux du SMIC par heure travaillée. L’aide est versée pour le compte de l’état mensuellement et par avance, selon les modalités prévues par le Centre National pour l’Aménagement des Structures des Exploitations Agricoles (CNASEA).

Exonération des cotisations patronales de sécurité sociale :

Grâce au CIE l’employeur est exonéré des cotisations patronales de sécurité sociale de droit commun liées à une embauche. Il bénéfice également de l’allégement « Loi Fillon » (3) sur les bas et moyens salaires

Non prise en compte des salariés CIE dans les effectifs :

Pendant toute la durée du CIE, les salariés embauchés ne sont pas pris en compte dans le calcul des effectifs de l’entreprise pour toutes les dispositions se référant à une condition d’effectif minimum (seuil pour le représentant du personnel, pour la création d’un comité d’entreprise). Ne sont pas concernées les dispositions relatives à la vérification des accidents du travail et des maladies professionnelles.

                          VII.      Dans quels cas doit on reverser les aides de l’état ?

En cas de rupture du contrat de travail à l’initiative de l’employeur avant la fin de la convention, celle-ci est résiliée de plein droit et l’employeur est tenu de reverser au CNASEA l’intégralité des sommes déjà perçues au titre de l’aide.

Par exception, les aides reçues ne font pas objet d’un reversement et l’employeur bénéficie des aides correspondant au nombre de jours complets travaillés par le salarié dans l’entreprise ou l’établissement en cas :

§  Faute du salarié ;

§  De force majeur ;

§  De licenciement pour inaptitude constatée ;

§  De rupture au titre de la période d’essai ;

§  De rupture du fait du salarié ou de rupture anticipée d’un contrat de travail à durée déterminée, résultant de la volonté claire et équivoque des  parties ;

§  D’embauche du salarié par l’employeur.

(3)       La loi n° 2003-47 du 17 janvier 2003 (loi ‘’FILLON’’ relative aux salaires, au temps de travail et au développement de l’emploi) instaure une nouvelle réduction de cotisations patronales d’assurances sociales, allocations familiales et accidents du travail applicable aux bas et moyens salaires. Le décret 2003-487 du 11 juin 2003 en précise les modalités d’application.

SOURCES - BIBLIOGRAPHIE
   

Ouvrages :

« Tout savoir sur les contrats aidés » Eric Larpin Collection www.rebondir.fr

« Lamy administration du personnel » avril 2005  

Articles de presse :

« LE MONDE » du 22 février 2007

« CHALLENGE » n° 33 du 27 avril 2006

« L’USINE NOUVELLE » n°2986 du 17 novembre 2005 – « 

Sites Web :

Legifrance – Le service public de l’accès au droit

Loi n°2005-32 du 18 janvier 2005  de programmation pour la cohésion sociale dite : loi Borloo, art.45

http://www.travail.gouv.fr/informations-pratiques/fiches-pratiques/contrats-travail/contrat-initiative-emploi-renove-cie-contarts-conclus-depuis-pemier-mai-2005-994.htm

http://www.adai13.asso.fr/doctemporaires/circ_cie_2005_11.pdf

http://www.msa28.fr/rubriques/employeurs/loi%20fillon.htm

ANNEXES
 

Cet article a été lu  Hit Counter fois

 
Autorisation de reproduction de documents extraits du site Eur-lex de l'Union Européenne par autorisation de l'Office des publications officielles de la Communauté européenne en date du 21 mai 1999 ref: 99-cop-200
Copyright ã 2007 social conseil entreprise TRiPALiUM - Tous droits réservés. Toute reproduction , même partielle, de la page, par quelque procédé que ce soit ( électronique, photocopie, imprimante, bande magnétique, disquette, cd-rom ou autre ) est interdite sans autorisation par écrit de Yvan Loufrani  L'impression pour usage à titre privé et documentaire est autorisée