Dans le cadre de son activité de formation professionnelle ou continue, TRiPALiUM publie les articles de veille et de synthèse de ses stagiaires .
La publication de ces articles participe à leur progression pédagogique. Si vous êtes interessé par une formation TRiPALiUM
cliquer ici

 LA REPRISE DU TRAVAIL A TEMPS PARTIEL POUR MOTIF THERAPEUTIQUE

Publié le : 28 mai 2007

Auteur : Marie Laure Bertin

bullet

Autres articles du même auteur : Début

bullet

 

Commentaires

Après un arrêt de travail prolongé -d'une durée minimale de six mois- le Code de la Sécurité Sociale permet de maintenir le versement des indemnités journalières de sécurité sociale pour tout ou partie à celui qui reprend le travail alors même qu'il n'est pas pleinement guéri ou consolidé.  
Art. L. 323-3 Code de la Sécurité Sociale - Partie Législative
« En cas de reprise du travail, l'indemnité journalière peut être maintenue en tout ou en partie pendant une durée fixée par la caisse, mais ne pouvant excéder une durée déterminée :
1º) soit si la reprise du travail et si le travail effectué sont reconnus comme étant de nature à favoriser l'amélioration de l'état de santé de l'assuré ;
2º) soit si l'assuré doit faire l'objet d'une rééducation ou d'une réadaptation professionnelle pour recouvrer un emploi compatible avec son état de santé.
Sauf cas exceptionnel que la caisse appréciera, le montant de l'indemnité maintenu ne peut porter le gain total de l'assuré à un chiffre excédant le salaire normal des travailleurs de la même catégorie professionnelle »
   

L’objectif de la reprise du travail à temps partiel
La reprise du travail à temps partiel est une thérapeutique, c'est-à-dire une réadaptation à l'effort -donc limitée dans le temps (six mois maximum)-, en vue de la reprise de travail à plein-temps.
Cette reprise doit être de nature à favoriser la guérison ou la consolidation. La reprise du travail est prescrite par le médecin traitant après une période d'arrêt complet.

Le plus souvent cette reprise s’effectue à mi-temps, c’est pourquoi elle plus connue sous la dénomination “ mi-temps thérapeutique ”.

Les conditions d’application
Le « mi-temps thérapeutique » est une forme de reprise du travail à temps partiel après un arrêt pour une maladie ou un accident professionnel ou non.

La durée du mi-temps thérapeutique ne devrait se limiter qu’à quelques mois avant une reprise à temps plein. Si le médecin estime qu’il n’y a pas de reprise à temps plein prévisible à court terme, il convient plutôt de faire une demande d’invalidité en 1ère catégorie et de favoriser le cumul avec un travail à temps partiel.

 

En principe, lorsqu’un salarié reprend son travail, la CPAM (Caisse Primaire d’Assurance Maladie) cesse le versement des indemnités journalières (IJ). Mais par dérogation, en cas de reprise du travail, l'indemnité journalière peut être maintenue en tout ou en partie pendant une durée fixée par la caisse (art. L. 323-3 CSS).

Cette disposition législative permet au salarié de cumuler une indemnisation et un salaire. Pendant la période du « mi-temps thérapeutique », il perçoit donc, outre son salaire, des indemnités journalières afin de compenser la perte de salaire occasionnée par la réduction d’activité.

Elle n’est accordée par la CPAM que dans deux situations (art. L. 323-3 CSS) :

1°) soit si la reprise du travail et si le travail effectué sont reconnus comme étant de nature à favoriser l'amélioration de l'état de santé de l'assuré ;

2°) soit si l'assuré doit faire l'objet d'une rééducation ou d'une réadaptation professionnelle pour recouvrer un emploi compatible avec son état de santé.

L’article L. 323-3 du Code de la Sécurité Sociale dispose également que, sauf cas exceptionnel que la caisse appréciera, le montant de l'indemnité maintenue ne peut porter le gain total de l'assuré à un chiffre excédant le salaire normal des travailleurs de la même catégorie professionnelle.

Cet article permet d’éviter que la perte totale des indemnités soit un élément dissuasif de reprise du travail.

La décision de reprise du travail à temps partiel repose sur une évaluation médicale préalable qui apporte la justification de l’impossibilité pour le patient de reprendre son activité professionnelle à temps complet ou la nécessité d’une reprise progressive.

La prescription est identique à l'arrêt de travail et se fait sur le même formulaire avec mention manuscrite mi-temps thérapeutique. En cas d'accident du travail, le mi-temps thérapeutique doit être prescrit avant la consolidation de l'accident du travail.

Il faut dissocier le régime général de la sécurité sociale qui obéit aux règles du Code de la Sécurité Sociale (CSS) et le cas des salariés de la fonction publique (fonctionnaires) qui suivent d’autres réglementations.

A noter que l’aménagement portant sur le temps de travail est indépendant des procédures de reclassement professionnel.

L'employeur doit être d'accord avec cette forme de reprise à temps partiel.


Durée

Cette période est en général de 1 à 3 mois, parfois, elle peut être portée à 6 mois après évaluation du médecin conseil et accord de la CPAM.

Il n’y a pas de durée minimale, elle peut être prescrite pour 1 mois.
L’article R. 323-3
du Code de la Sécurité Sociale dispose que la durée maximale, prévue au premier alinéa de l'article L. 323-3, durant laquelle, en cas de reprise du travail, l'indemnité journalière peut être maintenue par la caisse, ne peut excéder d'un an le délai de trois ans prévu à l'article R. 323-1.

Art. R. 323-1 Code de la Sécurité Sociale  - Partie Réglementaire (Décrets en Conseil d'Etat)Pour l'application du premier alinéa de l'article L. 323-1 :
1º) le point de départ de l'indemnité journalière définie par le 4º de l'article L. 321-1 est le quatrième jour de l'incapacité de travail ;

2º) la durée maximale de la période pendant laquelle l'indemnité journalière peut être servie est fixée à trois ans ;
3º) la durée de la reprise du travail, mentionnée au 1º de l'article L. 323-1, au-delà de laquelle le délai de trois ans court à nouveau, est fixée à un an ;

4º) le nombre maximal d'indemnités journalières mentionné au 2º de l'article L. 323-1, que peut recevoir l'assuré pour une période quelconque de trois ans, est fixé à 360.

Cette période de trois ans représente le maximum de la durée d’indemnités journalières versées pour une affection de longue durée (art. L. 324-1 CSS).

Si le salarié en affection de longue durée a déjà épuisé ses droits aux trois ans d’IJ, il peut bénéficier d’une reprise à temps partiel d’une durée maximale d’un an.

Dans les autres cas, la CPAM peut accepter de prolonger le versement des IJ complémentaires tant que cela est justifié par le médecin conseil.

Rôle du médecin du travail et de l’employeur

L’employeur doit soumettre le salarié à une visite médicale de reprise du travail.
Seul le médecin du travail peut se prononcer sur l’aptitude du salarié à son poste de travail.

La visite de reprise est obligatoire dans les 8 jours qui suivent la reprise du travail d’un salarié suite à un arrêt de plus de 8 jours en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle, ou de plus de 3 semaines en maladie ordinaire. Cependant cette question n’est pas tranchée selon qu’on considère la reprise à temps partiel comme un arrêt de travail à modalité particulière ou une reprise effective.

Le salarié n’a pas droit au complément de salaire prévu en cas de maladie sauf dispositions conventionnelles.

Les conventions collectives de branche ou d’entreprise, ou à défaut de dispositions conventionnelles l’accord national interprofessionnel de mensualisation du 10 décembre 1977, imposent à l’employeur de verser un complément de salaire aux salariés malades.

Afin de faciliter les démarches, une visite de pré-reprise avec le médecin du travail peut être demandée par le salarié, le médecin traitant ou le médecin conseil durant l’arrêt de travail. Cette visite de pré-reprise ne peut pas être demandée par l’employeur ou le médecin du travail et ne donne pas lieu à l’élaboration d’une fiche d’aptitude.

 

Le médecin du travail est un bon relais entre le médecin traitant ou le médecin conseil et l’employeur. Il ne peut pas prescrire d’arrêt de travail car ses fonctions sont uniquement préventives, mais peut sensibiliser l’employeur à l’intérêt de la reprise à temps partiel [1].

Sur production de l’autorisation du contrôle médical de la sécurité sociale et la fiche d’aptitude à la reprise du travail à mi-temps établie par le médecin du travail, l’employeur doit occuper le salarié à temps partiel, sauf impossibilité liée au fonctionnement de l’entreprise.

.

Les impératifs et exceptions

La décision de reprise du travail à temps partiel nécessite un accord entre l’employeur, le médecin du travail, la CPAM, le médecin conseil et le médecin traitant. Il faut donc une prescription par le médecin traitant, puis solliciter l’accord du médecin conseil.

Il n’est pas possible de reprendre à temps plein quelques jours « à l’essai » puis de demander un mi-temps thérapeutique. Il est en principe impératif que la reprise à temps partiel suive un arrêt complet.

Cependant, selon la jurisprudence de la cour de cassation [2], le maintien d’indemnités journalières partielles lors d’une reprise à mi-temps peut succéder une période de travail à plein-temps, si l’impossibilité du salarié de poursuivre son activité à temps plein est médicalement justifiée et procède de l’affection ayant donné lieu à l’arrêt de travail initial.

 

Le contentieux

Si la reprise à temps partiel est refusée par la CPAM, le salarié peut soit reprendre à temps plein soit être en arrêt de travail complet sous réserve d’une éventuelle visite par le médecin conseil qui peut décider d’une consolidation d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle ou d’un avis d’aptitude à une activité salariée en cas de maladie ordinaire [3].

La contestation de l’avis de la CPAM ne relève pas d’un contentieux particulier, c’est le contentieux général qui s’applique (commission de recours amiable, tribunal des affaires de sécurité sociale, cour d’appel, cour de cassation).

L’employeur a toujours une possibilité de refuser cette reprise à temps partiel. Dans ce cas, le salarié peut soit demander au médecin de prolonger son arrêt de travail à temps complet, soit reprendre son travail à temps plein sous réserve de l’accord du médecin du travail à une reprise à temps plein.

Toutefois, si l’employeur refuse la reprise à temps partiel, il n’y a pas de recours possible. Ce contentieux ne relève pas de l’expertise médicale au titre de l’article L 141-1 du Code de la Sécurité Sociale.
Art. L. 141-1 Code de la Sécurité Sociale  - Partie Législative
Les contestations d'ordre médical relatives à l'état du malade ou à l'état de la victime, et notamment à la date de consolidation en cas d'accident du travail et de maladie professionnelle et celles relatives à leur prise en charge thérapeutique, à l'exclusion des contestations régies par l'article L. 143-1, donnent lieu à une procédure d'expertise médicale dans les conditions fixées par décret en Conseil d'Etat.

 

Incidences du mi-temps thérapeutique sur le contrat de travail

En cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle, le contrat est suspendu et l'employeur ne peut le résilier que s'il justifie d'une faute grave de l'intéressée ou en cas de force majeure.

En cas de maladie ou d'accident non professionnel, le contrat est aussi suspendu, mais le salarié peut être licencié si l'indisponibilité entraîne une gêne sérieuse pour l'entreprise et que l'employeur est obligé de recruter un remplaçant de manière définitive.

Dans le cadre du mi-temps thérapeutique, il est admis que cette situation de réadaptation professionnelle n'interrompt pas la suspension du contrat de travail.

 

SOURCES - BIBLIOGRAPHIE
   
[1] - Droit du travail et de la sécurité sociale : Edition 2006-2007 de Dominique Grandguillot  chez Gualino Editeur
[2] - Arrêt du 15 juin 1984, cass. assemblée plénière et cass. soc. arrêt du 1er mars 1989, Publication : Bulletin 1989 V N° 167 p. 100
[3] - Législation du travail Sécurite sociale : Année scolaire 2006-2007 de Bernard Lescot et André Cavagnol chez  Casteilla Editions
 www.travail.gouv.fr: les fiches pratiques
 www.legifrance.fr
 www.tripalium.fr
 
ANNEXES
 

Cet article a été lu  Hit Counter fois

 
Autorisation de reproduction de documents extraits du site Eur-lex de l'Union Européenne par autorisation de l'Office des publications officielles de la Communauté européenne en date du 21 mai 1999 ref: 99-cop-200
Copyright ã 2007 social conseil entreprise TRiPALiUM - Tous droits réservés. Toute reproduction , même partielle, de la page, par quelque procédé que ce soit ( électronique, photocopie, imprimante, bande magnétique, disquette, cd-rom ou autre ) est interdite sans autorisation par écrit de Yvan Loufrani  L'impression pour usage à titre privé et documentaire est autorisée