I. Cadre
Juridique
Les
groupements d’employeurs sont apparus avec la Loi du 25 Juillet 1985
(Articles L127-1 et suivants du Code du Travail). Dès la loi de 1985
adoptée, de nombreux groupements d’entreprises se sont formés, notamment
dans l’agriculture car la loi fixait un seuil maximum de 10 salariés à une
entreprise pour pouvoir adhérer à un groupement d’employeurs.
Dès
le 30 juillet 1987, le seuil maximum de salariés est passé à 100.
Avec la
Loi quinquennale sur l’emploi de décembre 1993, le seuil maximum est passé à
300 salariés, permettant aux groupements d’employeurs de se développer dans
d’autres secteurs d’activité et permettant aux entreprises d’adhérer à deux
groupements d’employeurs maximum. Outre l’agriculture, les groupements
d’employeurs se sont alors développés dans le secteur de l’agroalimentaire,
puis dans d’autres secteurs industriels ou de services.
Depuis
la Loi relative à la réduction du temps de travail du 1er février 2000, (Loi
Aubry II), tous les secteurs d’activité (commerce, artisanat, santé,
professions libérales, secteur associatif, etc.) peuvent être concernés par
les groupements d’employeurs, en effet toute entreprise, quelle que soit son
effectif, peut devenir membre d’un groupement d’employeurs, à condition
qu’elles signent un accord collectif « définissant les garanties accordées
aux salariés du groupement ».
Le 23
février 2005, le groupement d’employeurs est à nouveau concerné par une loi,
celle relative au développement des territoires ruraux. Les salariés des
groupements d’entreprises peuvent alors bénéficier, en fonction de leur
temps de présence dans l’entreprise utilisatrice, des accords de
participation et/ou d’intéressement en vigueur dans cette dernière. Le
salarié peut bénéficier d’une délégation de pouvoir du chef d’entreprise de
l’entreprise utilisatrice. Les entreprises de plus de 300 salariés peuvent
signer un accord au niveau de l’établissement définissant les garanties
accordées aux salariés du groupement.
La Loi
du 1er août 2005 vient également enrichir le concept des groupements
d’employeurs. Elle permet au groupement d’apporter de l’aide ou des conseils
en matière d’emploi ou de gestion des ressources humaines à ses membres.
Un
groupement d’employeurs réunit plusieurs entreprises : deux, trois ou plus.
A l’origine, les groupements d’employeurs pouvaient prendre la forme
uniquement d’associations (association loi 1901 ou association régie par
le Code Civil local en Moselle, dans le Bas-rhin et le Haut-rhin).
Depuis la Loi n° 2005-882 du 2 août 2005, les groupements d’employeurs
peuvent également prendre la forme de société coopérative.
Le
Décret n°2006-409 du 6 avril 2006 donne autorité à la Direction
Départementale du Travail et de l’Emploi de s’opposer à la convention
collective choisie par un groupement d’employeurs (composé
d’entreprises de droit privé et de collectivités territoriales) si
elle ne correspond pas aux classifications professionnelles, aux niveaux
d’emploi des salariés ou à l’activité des membres du groupement.
Le groupement d’employeurs n’est pas à confondre avec une société de
travail temporaire.
Dans les deux cas, il s’agit de mise à disposition de personnel.
Dans le cas du travail temporaire, c’est un prêt de personnel à but
lucratif. A l’inverse, le prêt de personnel par le groupement d’employeurs
est à but non lucratif. Dans le cas contraire, il serait assimilé à du
marchandage de personnel.
II. Les
obligations du groupement
Les membres d’un groupement d’employeurs sont des
personnes physique ou morale de droit privé et des collectivités
territoriales, qui peuvent entrer dans le champ d’application d’une même
convention collective. Dans ce cas précis, cette convention sera
obligatoirement appliquée.
Le
groupement d’employeurs peut également être composé d’entreprises qui
n’entrent pas dans le champ d’application de la même convention collective.
Dans ce cas là, les entreprises membres devront choisir ensemble la
convention commune applicable aux salariés du groupement. La Loi fixe des
critères qui peuvent aider les entreprises membres à choisir la convention
collective applicable. Cette dernière doit être adaptée aux classifications
professionnelles, aux niveaux d’emplois des salariés ou à l’activité des
différents membres du groupement (L.127-10 ; R.127-4). Pour choisir la
convention collective applicable, les entreprises membres peuvent, par
exemple, observer l’activité qui nécessite le plus grand volume horaire de
mise à disposition, et prendre la convention collective qui lui correspond.
Si les
entreprises ont finalement du mal à se mettre d’accord sur la convention
commune, elles peuvent se tourner vers la Direction Départementale du
Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle (DDTEFP).
La convention choisie doit répondre aux exigences du Code du Travail pour
pouvoir être validée par l’autorité compétente.
Elle conditionnera le régime de cotisation sociale ainsi que l’Organisme
Paritaire Collecteur Agrée (OPCA) qui récupère les cotisations relatives à
la formation.
Le
groupement d’employeurs est tenu d’informer l’inspection du travail de sa
création dans le mois qui suit la constitution du groupement « le groupement
… adresse à l’inspecteur du travail dont relève son siège social, dans le
mois suivant sa constitution, une note d’information » (L.127-1). De même,
toute modification relative au groupement doit être communiquée à
l’inspecteur du travail dans le mois qui suit cette modification.
L’entreprise utilisatrice doit enregistrer chaque mise à disposition des
salariés dans son registre du personnel, de la même manière que pour ses
salariés permanents.
Financièrement, le groupement d’employeurs est soumis à l’impôt sur les
sociétés mais exonéré de l’impôt forfaitaire. De plus, si aucun des membres
du groupement n’est soumis à la TVA, le groupement n’y est pas soumis. Par
contre, si l’un de ses membres est assujetti à la TVA, le groupement l’est
aussi.
III. Le
statut des salariés
Le
groupement d’employeurs a pour but de recruter un ou plusieurs salariés et
de les mettre à la disposition des entreprises membres de ce groupement
d’employeurs. Le groupement d’employeurs devient alors l’employeur des
salariés, lesquels sont donc liés au groupement par un contrat de travail
écrit (précisant les conditions d’emplois, de rémunération, la qualification
du salarié, le lieu d’exécution et la liste de utilisateurs potentiels). Le
groupement, en étant l’employeur des salariés, est dépositaire du pouvoir
disciplinaire vis-à-vis des salariés.
Les
charges d’un groupement d’employeurs sont les salaires et les charges
sociales des salariés mis à disposition, les coûts de fonctionnement du
groupement et les charges relatives aux obligations de la médecine du
travail. Le groupement d’employeur ne délivre qu’un seul bulletin de paye au
salarié.