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L’explosion du taux de chômage à la fin des années soixante-dix a poussé
les pouvoirs publics à expérimenter les premiers contrats aidés. Ayant pour
objectif de favoriser l’insertion professionnelle des personnes à la
recherche d’un emploi, avec, à terme, l’obtention d’un emploi classique, et
durable, ces contrats restent aujourd’hui l’arme anti- chômage préféré des
politiques français.
Les premiers contrats aidés ont été lancés en 1977.
Raymond Barre se proposait alors de rénover l’apprentissage. Dès lors, et
avec la persistance de la crise de l’emploi, les gouvernements successifs de
gauche comme de droite n’ont cessé d’expérimenter de nouveaux dispositifs.
Les TUC (travaux d’utilité collective) dispositif
créé par Laurent Fabius apparaissent en 1984
Les CES (contrats d’emploi- solidarité) les
remplacent en 1990 et sont initiés par Michel Rocard
Les CEC pour contrats emploi consolidé sont
inventés en 1992 par Pierre Bérégovoy et sont destinés aux bénéficiaires
des CES arrivés au terme de leur contrat.
Les Contrats d’Apprentissage mis en place par
Edouard Balladur ayant dû renoncer au CIP (contrat d’insertion
professionnel) en 1994
Les CIE (contrats initiative emploi) par Alain
Juppé en 1995
Les emplois - jeunes et le retour au CES par
Lionel Jospin en 1997
Les CJE (contrats jeune en entreprise) , les CIVIS
(contrats d’insertion dans la vie sociale), les CI-RMA (contrats
d’insertion - revenu minimum d’activité) sont mis en place par
Jean-Pierre Raffarin en 2002
Les CAE (contrats d’accompagnement dans l’emploi)
seront initiés en 2004 par Jean-Pierre Raffarin et auront pour objectif
de remplacer les CES et les CEC
Où en sommes-nous aujourd’hui ?
Le système des aides à l’emploi est devenu tellement
complexe, avec une dizaine de dispositifs différents qui évoluent tout le
temps, que les patrons non-initiés en lecture du Journal officiel ne s’y
retrouvent plus.
Pourquoi tant de dispositifs ?
Les gouvernements successifs
ont tous créé leurs propres contrats lesquels se sont rarement substitués
les uns aux autres. Une fois le contrat en place il est presque impossible
de le supprimer (cela mettrait ses bénéficiaires au chômage).
Une dizaine de dispositifs pour 1 million de
bénéficiaires en 2006
Parcours
d'accès aux carrières de la fonction publique territoriale et
hospitalière de l'Etat (Pacte)
Jean-Pierre Raffarin
2004
600
Emplois
vie scolaire
Dominique
de Villepin
2005
45.000
Contrat
d'apprentissage junior (lancement en sept 2006)
Dominique
de Villepin
2006
0
Nombre
total de bénéficiaires
960.000
La loi n° 2005-32 du 18 janvier 2005 *deprogrammation pour la cohésion sociale pilotée par Jean-Louis
Borloo, a modifié le régime des contrats aidés, en choisissant de
simplifier et de rationaliser les contrats. Présentons les principaux selon
leur appartenance au secteur non marchand ou marchand.
1.Les contrats
aidés du secteur non marchand
On trouve dans le secteur non
marchand, les collectivités territoriales, les personnes morales de droit
public, les organismes de droit privé à but non lucratif (association,
mutuelles …), les personnes morales chargées de la gestion d’un service
public, les structures d’insertion par l’activité économique (chantier et
atelier d'insertion).
·Le CAE (contrat d’accompagnement dans l’emploi)
Øce contrat est régi par l’article 44 de la loi du 18
janvier2005, et codifié à l’article L322-4-7 du Code du
Travail.
Øles personnes visées sont les demandeurs d’emplois de
longue durée, les bénéficiaires de minima sociaux.
Øc’est un CDD de droit privé, régi par l’article L 122-2
du Code du travail, de 6 mois minimum et dont la durée hebdomadaire ne
peut-être inférieur à 20 heures. En outre, il est renouvelable 2 fois
dans la limite de 24 mois.
Øla rémunération est égale au montant du SMIC horaire
multiplié par le nombre d’heures effectuées.
Øl’employeur conclut avec l’Etat (ANPE) une convention
fixant les actions à mettre en œuvre selon le profil du bénéficiaire
(orientation, accompagnement professionnel, formation et VAE), le
montant de l’aide à l’embauche et de l’aide à l’accompagnement.
L’employeur est exonéré de charges sociales.
Øle Cae peut-être rompu avant terme par le salarié lorsque
cela lui permet de prendre un autre CDD d’au moins 6 mois, un CDI ou de
suivre une formation qualifiante sur un secteur porteur d’emploi (cf
art.L900-3).
ØIl peut-être suspendu à la demande du salarié afin de lui
permettre d’effectuer une période d’essai en vue de son embauche via un
CDD de 6 mois ou un CDI. Si il est embauché à l’issue de la période
d’essai, le CAE sera rompu sans préavis.
·Le CA (contrat d’avenir)
Øce contrat est régi par l’article 49 de la loi du 18
janvier2005, et codifié à l’article L 322-4-10 du Code du
travail.
ØLes personnes visées sont les bénéficiaires du RMI (Revenu
Minimum d’Insertion) de l’ASS (Allocation Spécifique de Solidarité) ou
de l’API (Allocation de Parent Isolé)
ØC’est un CDD de droit privé régi par l’article L 122-2
du Code du Travail, d’une durée de 2 ans renouvelable dans la limite de
12 mois (36 mois si le salarié est âgé de 50 ans et plus). D’une durée
hebdomadaire de 26 heures, variable sans dépasser 35 heures et à
condition que sur toute la durée du contrat, en moyenne, elle n’excède
pas 26 heures.
ØLa rémunération est égale eu montant du SMIC horaire
multiplié par le nombre d’heures effectuées.
ØL’employeur perçoit le RMI personne seule, ou l’ASS et
reverse le SMIC horaire au salarié. L’aide de l’Etat est dégressive et
est complémentaire en cas d’embauche en CDI.
ØLa conclusion du CA est subordonnée à la signature d’une
convention tripartite entre le bénéficiaire, le président du Conseil
Général (ou le maire et la DDTEFP) et l’employeur. Le Conseil Générale
ou le maire désigne un référent chargé de suivre l’insertion du salarié.
ØLe CA peut-être rompu avant terme par le salarié si cela
lui permet de prendre un autre CDD de 6 mois, un CDI ou de suivre une
formation qualifiante sur un secteur porteur d’emploi (cf art. L900-3).
ØIl peut-être suspendu afin de permettre au salarié
d’effectuer une période d’essai en vue de son embauche via un CDD de 6
mois ou un CDI. Si il est embauché à l’issue de la période d’essai, le
CA sera rompu sans préavis.
2. Les contrats du secteur marchand
On trouve dans ce secteur
les entreprises industrielles, commerciales ou agricoles, les personnes
physiques et les services de l’Etat.
·Le CIE (contrat initiative emploi)
ØCe contrat est régi par l’article 45 de la loi du 18
janvier 2005, et codifié à l’article L 322-4-8 du Code du
Travail.
ØCe dispositif vise à faciliter l’insertion professionnelle
des personnes sans emploi rencontrant des difficultés sociales et
professionnelles d’accès à l’emploi.
ØC’est un CDD de 12 ou 24 mois ou un CDI à temps plein ou à
temps partiel (supérieur ou égale à 17h30 hebdomadaire). Le CDD est
renouvelable 2 fois et il peut aller jusqu’à 5 ans pour les plus de 50
ans.
ØLa rémunération est équivalente au SMIC minimum avec
l’application de la convention collective de l’entreprise pour le
salaire.
ØL’employeur conclue avec l’Etat une convention ouvrant
droit au bénéfice de contrat de travail, d’aide à l’embauche (47% du
SMIC horaire brut), d’aide dans la mise en place des actions de
formation professionnelles et de validation des acquis. Cette convention
ne peut-être conclue si l’entreprise a procédé a un licenciement
économique dans les 6 mois précédent le début du contrat de travail, ni
si cette embauche est la conséquence directe d’un licenciement pour
motif personnel.
ØLe CIE en CDD peut-être rompu avant terme par le salarié
si cela lui permet d’être embauché via un CDD de 6 mois ou un CDI, ou de
suivre une formation qualifiante. Il peut également être suspendu afin
de permettre au salarié d’effectuer une période d’essai en vue de son
embauche via un CDD de 6 mois ou un CDI. S’il est embauché à l’issue de
la période d’essai, le CIE sera rompu.
·Le CI-RMA (contrat
insertion - revenu minimum)
ØCe contrat, issu de la loi du 18 décembre 2003, est
modifié par la loi du 18 janvier 2005 en son article 54.
il reste codifié à l’article L 322-4-15 du Code du Travail.
ØCe dispositif vise les bénéficiaires du RMI, de l’API et
de l’ASS.
ØC’est un CDD à temps partiel ou à temps plein de 20 heures
minimum, variable sut tout ou partie de l’année sans excéder 35 heures.
Il peut-être renouvelé 2 fois mais la durée maximum du contrat sera de
18 mois.
ØLa rémunération est égale au SMIC horaire multiplié par le
nombre d’heures effectuées.
ØL’employeur signe avec l’Etat une convention ouvrant droit
au bénéfice de contrat de travail, d’aide à l’embauche et d’aide dans la
mise en place des actions de formations. En outre il est exonéré des
charges sociales et il reçoit l’équivalent du RMI personne seule.
ØEn CI-RMA, le salarié conserve tous les droits qui sont
rattachés au fait d’être bénéficiaire du RMI. En cas de rupture du
contrat ou si à l’issu, le salarié n’est pas embauché, il retrouve
l’allocation dont il bénéficiait avant la conclusion du contrat.
Premier bilan
En 2005, 247 000 personnes ont signé un CAE, un CA, un CI-RMA ou un
CIE, révèle une étude de la DARES (Direction de l’Animation de la
Recherche, des Etudes Statistiques) et plus de la moitié d’entre elles
ont été embauchées en CAE. Les associations restent le principal
employeur en contrats aidés dans le secteur non marchand.
Près de 1 million de Français profitent aujourd’hui de ces contrats
aidés et le gouvernement espère cette année pouvoir en signer 370 000 de
plus. Ils coûtent moins cher et font baisser davantage le nombre de
chômeurs.
La véritable question serait de savoir si tous ces dispositifs
permettent à ses bénéficiaires de retrouver un emploi stable.
SOURCES
- BIBLIOGRAPHIE
« Tout savoir sur les contrats aidés »
Eric LarpinCollection
www.rebondir.fr
Article de presse : « L’Expansion» n° 705 du 22 février 2006
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