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UN CONTRAT D’APPRENTISSAGE EN DEUX TEMPS POUR LE JEUNE :
Cette formation est destinée aux jeunes désirant se
préparer à l’entrée en apprentissage, tout en poursuivant l’acquisition du
socle commun de connaissances et de compétences commun à tout élève soumis à
la scolarité obligatoire (Art D337-161 du code de l’éducation).
La durée maximale de ce contrat est de deux ans mais
elle peut être plus courte (Art D337-165 du code de l ‘éducation).
Le jeune choisit librement en accord avec ses parents
(ou représentants légaux) d’entrer en formation alternée d’Apprenti Junior.
1. La première étape est l’Apprentissage Junior Initial .
Dès 14 ans, le jeune entre dans un lycée professionnel ou centre de
formation d’apprentis et débute son apprentissage junior initial appelé
également « Parcours d’Initiation aux Métiers ».
A l’entrée dans l’établissement, un projet pédagogique
personnalisé (2ème alinéa de l’article L337-3) est défini pour
chaque jeune à partir de l’évaluation des connaissances et compétences déjà
acquises du socle commun. Ce projet personnalisé permet d’adapter le
contenu de la formation aux besoins de l’élève (Art. D337-164).
Durant cette période de découverte et de préparation, l’élève reste sous
statut « scolaire » et alterne période de cours et stages en entreprises
afin d’être initié à différents métier
A./ Période de cours
Le 4ème alinéa de l’article L337-3 du code
de l’éducation définit les enseignements dispensés pendant cette phase
d’Initiation aux Métiers.
Elle comporte des enseignements généraux (Français,
mathématiques…), technologiques et pratiques.
A titre d’exemple, voici un exemple de répartition
entre enseignement et stage :
B./ Période de stages
Ces stages en milieu professionnel se déroulent dans
les conditions prévues à l’art. L 331-5 du code de l’éducation. Ils
représentent entre 8 et 16 semaines et s’effectuent dans plusieurs
entreprises afin d’éclairer le choix du jeune (Art D331-11 du code de
l’éducation).
Les stages doivent faire l’objet d’une convention
(article 2 de la loi n°2006-396 du 31 mars 2006) et le jeune doit être suivi
par un tuteur, qui peut être le chef d’entreprise lui même ou un salarié
ayant au moins un an d’ancienneté (Art D337-167 du code de l’éducation).
Pendant ce stage, l’apprenti junior « ne peut accéder
aux machines, appareils ou produits dont l'usage est proscrit aux mineurs
par les articles R. 234-11 à R. 234-21 du code du travail ».
L’élève peut prétendre à une gratification financière
lorsque le stage excède 20 jours de présence, même discontinue, dans la même
entreprise. Cette gratification correspond à 20% du SMIC par heure
d’activité (Art. D337-167 .Décret n°2006-764 du 30 juin 2006).
Elle ne peut être assimilée à un salaire au sens de
l’article L 140-2 du code du travail.
Au terme de ce parcours d’initiation métiers, le jeune
peut choisir :
-
Soit de réintégrer son collège initial (fin de son contrat).Art D
337-171
-
Soit de poursuivre son parcours d’initiation métiers si son projet
n’est pas suffisamment défini.
-
Soit de signer un contrat d’apprentissage.
2. La deuxième étape est l’Apprentissage Junior Confirmé .
A 15 ans, après avoir été jugé apte à poursuivre
l’acquisition par la voie de l’apprentissage du socle commun de
connaissances et compétences (contenu précis du socle dans annexe du décret
2006-830 du 11 juillet 2006 – JO du 12 juillet 2006), le jeune peut signer
avec l’accord de ses parents un contrat d’apprentissage.
Cette aptitude est jugée sur les connaissances et
compétences acquises par l’apprenti junior, dans le lycée professionnel ou
le CFA, ainsi qu’à l’occasion des stages. Les éléments de ce bilan sont
portés dans le « Livret de l’apprenti junior » (Art D337-168 du code de
l’éducation).
Ø
Prise en compte dans
l’effectif
Les
apprentis ne sont pas pris en compte dans le calcul de l’effectif des
entreprises pour l’application des dispositions législatives ou
réglementaires soumises à une condition d’effectif minimum excepté celles
relatives à la tarification des accidents du travail. (Art L
117-11-1 du code du travail)
Ø
Une Indemnité Compensatrice
Cette indemnité est versée par la
région dans laquelle est situé l’établissement du lieu de travail de
l’apprenti (Art L 118-7 du code du travail). Le montant minimal est fixé à 1
000 euros minimum, par année de cycle de formation. Ce montant est proratisé
en fonction de la durée du contrat lorsque celle-ci est inférieure à un an
(avec un minimum de 6 mois) en application des dispositions de l'article L.
115-2 du Code du travail.
Ø
Une exonération de la taxe
d’apprentissage
Sont concernées les entreprises
qui emploient au moins 1 apprenti dans l'année et dont la masse salariale
est inférieure à 6 fois le Smic annuel. (Art 224 du code général des impôts)
Le gouvernement incite au
développement de l'apprentissage dans les entreprises de plus de 250
salariés. À compter du 1er janvier 2007, les apprentis devront y représenter
1 % des effectifs, 2 % au 1er janvier 2008 et 3 % au 1er janvier 2009. En
cas de non-respect de ces objectifs, les entreprises verront leur taxe
d'apprentissage majorée de 10%.
2. Obligation pour l’entreprise
Ø
Nommer un tuteur
L’apprenti junior doit être suivi dans l’entreprise par
un tuteur ou « Maître d’apprentissage » lorsqu’il effectue un stage lors du
« parcours d’initiation métiers » ou dans la cadre de son contrat
d’apprentissage.
-
pour l’apprenti junior initial
Le jeune doit être suivi par un tuteur, qui peut être
le chef d’entreprise lui même ou un salarié ayant au moins un an
d’ancienneté (Art D337-167 du code de l’éducation).
-
pour l’apprenti junior confirmé
Selon l’article L117-4 du code du travail, ce tuteur
doit :
> Etre impérativement sur le lieu de travail du jeune
> Etre majeur
> Etre titulaire d'un diplôme ou titre au moins
équivalent à celui préparé par le jeune en alternance, et correspondant au
domaine d'activité de la formation et travailler depuis au moins 3 ans dans
le domaine d'activité (5 ans si le maître d'apprentissage ne justifie pas
de diplôme ou titre).
Le tuteur peut être le chef d'entreprise ou l'un des
salariés.
Depuis le 20 janvier 2005, la fonction de tuteur peut
également être partagée entre plusieurs personnes salariées afin de
constituer une équipe tutoriale au sein de laquelle doit être désigné un
maître d’apprentissage. Dans ce cas, le maître d'apprentissage assure la
coordination de l'équipe.
Ce tuteur assure la liaison avec l’établissement
d’accueil. Il doit lui signaler les éventuelles difficultés rencontrées par
le jeune.
Son rôle est de former l’élève en lui transmettant
savoir et savoir-faire nécessaires à l’acquisition du diplôme ou titre
préparé.
L’employeur doit permettre au maître d’apprentissage de
dégager sur son temps de travail les disponibilités nécessaires à
l’accompagnement de l’apprenti et aux relations avec le centre d’apprentis (Loi
nº 2006-396 du 31 mars 2006 art. 6 Journal Officiel du 2 avril 2006
code du travail)
Il doit également veiller à ce que le maître
d’apprentissage bénéficie de formations lui permettant de suivre le contenu
de la formation de l’apprenti.
Le tuteur ne peut suivre plus de deux apprentis juniors
à la fois (Art R117-1 du code du travail)
Ø
Formalités à respecter
L’employeur et l’apprenti (ou son représentant légal)
signent le contrat d’apprentissage, contrat qui doit être obligatoirement
écrit (Art L 117-12 du code du travail). Ce contrat doit être enregistré par
la direction départementale du travail, de l’emploi et de la formation
professionnelle.
L’employeur doit par
ailleurs remplir une déclaration (Déclaration en vue de la
formation d’apprentis, Cerfa n°10101*02 ) indiquant qu’il
prendre les mesures nécessaires à l’organisation de l’apprentissage dans
l’entreprise ( conditions de travail, hygiène et sécurité, moralité des
personnes responsables de la formation).Art L 117-5 du code du travail
Jusqu’à l’âge de 16 ans, le jeune peut à tout moment,
après avis de l’équipe pédagogique et en accord avec ses parents, mettre fin
à sa formation d’apprenti junior, qu’il soit en apprentissage junior initial
ou confirmé, et reprendre sa scolarité dans son collège d’origine, un
établissement agricole ou maritime.
A la rupture de son contrat, un bilan des connaissances
et compétences acquises est alors effectué pour que le jeune intègre une
classe correspondant à son niveau. (Art D.337-171 du code de l’éducation)
Si le jeune apprenti avait signé un contrat
d’apprentissage, il peut le rompre jusqu’à ses 16 ans. Cette résiliation ne
peut donner lieu à indemnité à moins d’une stipulation contraire dans le
contrat.
CONCLUSION
L’apprentissage junior ne semble pas
rencontrer un franc succès. L’objectif du gouvernement était pour la rentrée
2006 entre 12 000 et 15 000 jeunes inscrits dans ce nouveau dispositif.
Selon le ministère de l’éducation nationale seule une cinquantaine de classe
ont été ouvertes, soit environ 2 000 apprentis junior.
La répartition des sections et des effectifs
varie selon les régions. En Bretagne, Pays de la Loire et Basse Normandie,
une seule classe a été ouverte à la rentrée 2006 alors qu’on comptait dans
les académies de Strasbourg ou de Toulouse 200 apprentis juniors et plus de
60 dans les académies de Dijon ou Limoges.
Les formations sont proposées soit en lycée
professionnel (31 en LP public et 8 en LP privé) soit en centre de formation
(23 en CFA public et 8 en CFA privé)
Plusieurs explications
sont avancées par rapport à ce démarrage plutôt timide.
La première selon
le ministère de l’Education nationale est que les régions bloquent les
subventions et que comme la formation professionnelle est de la compétence
des régions le ministère « ne peut rien y faire ».
La deuxième est que
ce nouveau contrat ne séduit ni les maîtres d’apprentissage, ni les
enseignants et les élèves qui n’en comprennent pas l’utilité.
-
Pour certains responsables de CFA, pour
que ce dispositif fonctionne, il est très important de travailler sur le
parcours du jeune, de bien identifier ses aptitudes et ses souhaits. Pour
eux c’est déjà difficile lorsque le jeune à 16 ans et encore plus donc à 14
ans.
-
Autre reproche fait au gouvernement c’est
une sensation de mépris face à l’existant notamment vis à vis des CPA
(classes préparatoires à l’apprentissage) qui existent depuis 10 ans pour
des jeunes âgés 15 ans. Ces pré-apprentis issus de classe de 5ème
et 4ème partagent leur temps entre les cours et les stages non
rémunérés en attendant de signer un premier contrat dès 16 ans. Cette
formule accueillait à la rentrée 2006 encore 10 000 jeunes. Ce contrat
continue donc de fonctionner et on évoque maintenant une année de transition
d’un an vers l’apprentissage junior.
C’est donc un début bien difficile pour ce nouveau
contrat mais il est préférable d’attendre au moins la rentrée 2007 pour voir
l’évolution de cette formation et en tirer des conclusions. Car même si les
résultats sont quelques peu timides pour le moment, il ne faut pas oublier
que ce dispositif ne date que de la rentrée 2006.