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 Le bruit au travail, une prise en charge européenne et mondiale

Publié le : 03 janvier 2007

 

Auteur : Nathalie Capsie

Autres articles du même auteur : Le cadre juridique du bruit au travail

 

Commentaires

Chaque jour, des millions de travailleurs en Europe sont exposés au bruit sur leur lieu de travail et à l’ensemble des risques que celui-ci peut comporter. Si le bruit semble a priori concerner des secteurs tels que les industries manufacturières et la construction, il peut également être un problème dans un large éventail d’autres environnements de travail, allant des centres d’appels aux écoles, en passant par les fosses d’orchestre et les bars.
En Europe, un travailleur sur cinq doit élever la voix pour se faire entendre pendant au moins la moitié du temps qu’il passe au travail, et 7% d’entre eux sont atteints de troubles de l’audition liés au travail. La perte auditive due au bruit est la maladie professionnelle la plus fréquemment signalée dans l’UE.
   

        I.      Qui ce risque concerne-t-il?

Toute personne exposée au bruit est potentiellement en danger. Plus le niveau sonore est élevé et plus on y est exposé longtemps, plus on risque d’être affecté par le bruit. Dans les industries manufacturières et minières, 40 % des employés travaillent dans un environnement où les niveaux sonores sont considérables pendant plus de la moitié de leur temps de travail. Dans la construction, ce chiffre représente 35 % et, dans de nombreux autres secteurs, notamment l’agriculture, les transports et les communications, il atteint 20 %. Le bruit ne pose pas seulement un problème dans les industries manufacturières ou traditionnelles. Il est en passe d’être reconnu comme un problème affectant des secteurs des services tels que l’enseignement et les soins de santé, les bars et les restaurants.

 

Une étude réalisée sur le bruit dans les classes de maternelle a révélé des niveaux sonores moyens supérieurs à 85 dB
Un relevé effectué lors d’une représentation du Lac des cygnes a démontré qu’un chef d’orchestre s’exposait à 88 dB
Les camionneurs peuvent être exposés à 89 dB
Le personnel des discothèques peut s’exposer à 100 dB
Le bruit dans une ferme d’élevage de porcins a été mesuré à 115 dB
 

      II.      Réduire le bruit

Les employeurs sont légalement tenus de protéger la santé et la sécurité de leur personnel, en évitant tout risque lié au bruit sur le lieu de travail. Ils doivent:

effectuer une évaluation des risques; il peut s’agir de réaliser des mesures du bruit, mais en prenant en compte tous les risques potentiels du bruit (c’est-à-dire les accidents ainsi que la perte auditive);
en fonction des résultats de l’évaluation des risques, mettre en place un programme de mesures afin:
>       si possible, d’éliminer les sources de bruit;
>       de contrôler le bruit à sa source;
>       de réduire l’exposition des travailleurs à travers des mesures destinées à modifier l’organisation du travail et l’aménagement de l’espace de travail, y compris en marquant et en limitant l’accès aux zones de travail dans lesquelles les travailleurs sont susceptibles d’être exposés à des niveaux sonores supérieurs à 85 dB(A);
>       en dernier ressort, de fournir aux travailleurs des équipements de protection individuelle;
informer, consulter et former les travailleurs sur les risques auxquels ils s’exposent, les mesures leur permettant de travailler dans un environnement à faible bruit et la manière d’utiliser les protections auditives;
effectuer un suivi des risques et passer en revue les mesures préventives; cela peut inclure une surveillance médicale.

    III.      Que dit la législation ?

Il incombe également aux fabricants de machines et d’autres équipements de réduire les niveaux sonores. En vertu de la directive 98/37/CE, une machine doit être «conçue et construite pour que les risques résultant de l’émission du bruit aérien produit soient réduits au niveau le plus bas».

La directive 2003/10/CE du Parlement européen et du Conseil concernant les prescriptions minimales de sécurité et de santé relatives à l’exposition des travailleurs aux risques dus aux agents physiques (bruit) a été adoptée en 2003. Cette directive se devait d’être transposée dans le droit national de tous les États membres avant le 15 février 2006.

L’article 5, paragraphe 1, de la directive dispose que, en tenant compte du progrès technique et de la disponibilité de mesures de maîtrise du risque à la source, «les risques résultant de l’exposition au bruit sont supprimés à leur source ou réduits au minimum». La directive fixe également une nouvelle valeur limite d’exposition de 87 dB.

 Et l’OMS dans tout ça ?

L’OMS a réagi au problème de deux façons : en développant et en faisant valoir la notion de prise en charge du bruit et en élaborant des lignes directrices pour le bruit ambiant. Ce domaine se caractérise par un manque de documentation, particulièrement pour les pays en développement. Quelque 20 ans après sa dernière publication sur le bruit, l’OMS a publié Guidelines for Community Noise (Lignes directrices pour la lutte contre le bruit ambiant). Cette publication, fruit des travaux d’un groupe spécial d’experts de l’OMS réuni en mars 1999, contient des valeurs qui peuvent servir de lignes directrices pour le bruit ambiant (elle énumère également les effets critiques pour la santé, depuis les nuisances jusqu’aux déficits auditifs)

* L’oreille présente différentes sensibilités à différentes fréquences, mais elle est très peu sensible aux fréquences extrêmement élevées et extrêmement basses. A cause de cette variation de la sensibilité, on se sert de la « pondération A » : on évalue les différentes fréquences constituant le son pour avoir un niveau de pression acoustique. Le niveau de pression acoustique mesuré en dB est « pondéré A » et exprimé en dB(A).

Environnement

Effet critique pour la santé

Niveau sonore dB(A)*

Temps en heures

Espaces extérieurs

Nuisance

50-55

16

Intérieur des locaux dhabitation

Intelligibilité de la parole

35

16

Chambres à coucher

Troubles du sommeil

30

8

Salles de classe

Perturbation de la communication

35

Pendant les cours

Zones industrielles et commerciales et aires de circulation

Déficits auditifs

70

24

Musique par écouteurs

Déficits auditifs

85

1

Fêtes et loisirs

Déficits auditifs

100

4

Les lignes directrices contiennent également des recommandations à l’intention des gouvernements pour la mise en oeuvre des mesures énoncées, par exemple élargissement (et application) de la législation existante, et prise en compte du bruit ambiant dans les évaluations d’impact sur l’environnement. Le rôle de l’OMS est de donner l’impulsion nécessaire et de fournir un appui technique.

 Rentrons dans le détail à l’échelle européenne :

Les États membres avaient  jusqu’au 15 février 2006 pour mettre en oeuvre les dispositions législatives, réglementaires et administratives assurant leur conformité à la directive 2003/10/CE du Parlement européen et du Conseil du 6 février 2003 concernant les prescriptions minimales de sécurité et de santé relatives à l’exposition des travailleurs aux risques dus aux agents physiques (bruit).

Si la perte auditive est incontestablement l’effet préjudiciable le plus notoire — et probablement le plus grave — causé par le bruit, il en existe bien d’autres: l’acouphène ou bourdonnement d’oreille, les interférences dans la communication verbale, la perte de sensibilité aux sons, la performance professionnelle perturbée ainsi que des effets non auditifs, tels que des troubles psychologiques. Non seulement les effets du bruit engendrent la souffrance et l’exclusion sociale, mais la surdité constitue également l’une des principales causes de rentes versées par la sécurité sociale, et ce dans tous les États membres 

La protection contre les effets du bruit occupe une place prioritaire depuis les prémices de l’élaboration d’une politique européenne en matière de sécurité et de santé au travail. Dès 1986, en effet, le Conseil avait adopté la directive 86/188/CEE concernant la protection des travailleurs contre les risques dus à l’exposition au bruit pendant le travail. Cette directive fixait déjà des valeurs limites d’exposition des travailleurs ainsi que les principaux éléments de la politique de prévention à appliquer par les employeurs.

Le 8 février 1993, la Commission présentait une proposition relative aux exigences minimales applicables à l’exposition des travailleurs aux risques dus aux agents physiques, englobant tous les agents physiques pour lesquels une action communautaire se justifiait sur la base des preuves scientifiques disponibles — bruit (risques pour l’ouïe), vibrations (risques pour la main, le bras et l’ensemble du corps), champs électromagnétiques et rayonnement optique (risques pour la santé causés par les courants induits dans l’organisme, par les dangers de choc et de brûlure et par l’absorption d’énergie thermique).

En ce qui concerne le bruit, la proposition de la Commission visait à harmoniser les dispositions de la directive sur le bruit avec la structure de la directive 89/391/CEE du 12 juin 1989 concernant la mise en oeuvre de mesures visant à promouvoir l’amélioration de la sécurité et de la santé des travailleurs au travail, en réponse à la demande du Conseil à la Commission, prévue à l’article 10 de la directive 86/188/CEE, de réexaminer et de présenter une proposition révisée concernant le bruit.

Ce n’est qu’en 1999 que la proposition de la Commission a été discutée au niveau du Conseil, lorsque la présidence allemande a engagé l’examen d’un agent physique particulier, à savoir les vibrations. Un éclatement de la proposition a alors été décidé, et chaque agent physique a été envisagé de manière distincte, le bruit constituant la seconde partie de la proposition originale adoptée par le Parlement européen et le Conseil en tant que dix-septième directive particulière au sens de l’article 16, paragraphe 1, de la directive 89/391/CEE: la directive 2003/10/CE du Parlement européen et du Conseil du 6 février 2003 concernant les prescriptions minimales de sécurité et de santé relatives à l’exposition des travailleurs aux risques dus aux agents physiques (bruit). Cette nouvelle directive 2003/10/CE abrogea la directive 86/188/CEE à dater du 15 février 2006, échéance fixée pour la transposition de la nouvelle directive.

La nouvelle directive sur le bruit se caractérise par la volonté d’instaurer une stratégie de prévention claire, cohérente et capable de protéger la sécurité et la santé des travailleurs exposés au bruit. Dans le but d’éviter tout dommage irréversible à l’ouïe des travailleurs, la directive prévoit des valeurs limites d’exposition de 87 dB(A) et de pression acoustique de crête de 200 Pa, au-delà desquelles aucun travailleur ne doit être exposé. La directive fixe également des valeurs d’exposition supérieures et inférieures déclenchant l’action — 85 dB(A) (et 140 Pa) et 80 dB(A) (et 112 Pa) respectivement —, qui déterminent le moment où des mesures préventives doivent être prises afin de réduire les risques pour les travailleurs. Il est important de souligner que, pour l’application des valeurs limites d’exposition, la détermination de l’exposition effective prendra en compte l’atténuation assurée par le port de protecteurs auditifs personnels. Les valeurs d’exposition déclenchant l’action ne tiendront pas compte, pour leur part, de l’effet de l’utilisation de ces protecteurs.

Les mesures préventives stipulées dans la directive se fondent principalement sur la détermination et l’évaluation des risques que l’employeur est tenu d’effectuer à l’aide de diverses méthodes d’appréciation du niveau de l’exposition au bruit, ainsi que sur l’obligation de supprimer ou de réduire par priorité les risques à la source. Afin d’évaluer correctement l’exposition des travailleurs au bruit, et compte tenu de l’utilité d’appliquer une méthode de mesure objective, la directive fait référence à la norme ISO 1999:1990, communément reconnue. Les valeurs estimées ou objectivement mesurées devraient être déterminantes pour le déclenchement des actions prévues aux valeurs d’exposition inférieures et supérieures déclenchant l’action.

Sur la base de l’évaluation des risques et dès que les valeurs déclenchant l’action sont dépassées, l’employeur doit établir et mettre en oeuvre un programme de mesures techniques et/ou organisationnelles visant à réduire l’exposition au bruit. La directive contient également des règles précises afin que les travailleurs exposés sur leur lieu de travail à un niveau sonore égal ou supérieur à la valeur d’exposition inférieure déclenchant l’action reçoivent des informations et une formation plus spécifiques concernant: les risques découlant de l’exposition au bruit; les mesures prises pour supprimer ou réduire au minimum les risques liés au bruit, y compris les circonstances dans lesquelles les mesures s’appliquent; les valeurs limites d’exposition et valeurs d’exposition déclenchant l’action; les résultats des évaluations et des mesures du bruit effectuées, accompagnés d’une explication relative à leur signification et aux risques potentiels; l’utilisation correcte de protecteurs auditifs; pourquoi et comment et la façon de dépister et signaler les symptômes d’altération de l’ouïe; les conditions dans lesquelles les travailleurs ont droit à une surveillance de la santé et le but de cette surveillance; les pratiques professionnelles sûres permettant de réduire au minimum l’exposition au bruit.

Le renforcement de la surveillance de la santé est l’un des principaux éléments de la directive, qui octroie notamment le droit au travailleur de bénéficier d’un contrôle de l’ouïe par un médecin, ou par une autre personne dûment qualifiée et sous la responsabilité d’un médecin, lorsque l’exposition au bruit dépasse les valeurs d’exposition supérieures déclenchant l’action. Un examen audiométrique préventif est également proposé aux travailleurs dont l’exposition au bruit dépasse les valeurs d’exposition inférieures déclenchant l’action, dans le cas où l’évaluation et les mesures du niveau sonore révèlent un risque pour la santé.

Ces contrôles ont pour objectif le diagnostic précoce de toute perte auditive due au bruit et la préservation de la fonction auditive. Lorsque la surveillance de la fonction auditive révèle qu’un travailleur souffre d’une altération identifiable de l’ouïe, un médecin, ou un spécialiste si le médecin le juge nécessaire, doit évaluer si cette altération est susceptible de résulter d’une exposition au bruit sur le lieu de travail.

Si c’est le cas:

1) le travailleur est informé, par le médecin ou par une autre personne ayant une qualification appropriée, du résultat qui le concerne personnellement;

2) l’employeur:

a) revoit l’évaluation des risques effectuée,

b) revoit les mesures prévues pour supprimer ou réduire les risques,

c) tient compte de l’avis du spécialiste de la médecine du travail, ou de toute autre personne dûment qualifiée, ou de l’autorité compétente pour la mise en place de toute mesure jugée nécessaire pour supprimer ou réduire les risques, pouvant comprendre une éventuelle affectation du travailleur à un autre poste qui ne comporte plus de risques d’exposition,

d) organise une surveillance systématique de la santé et prend des mesures pour que soit réexaminé l’état de santé de tout autre travailleur ayant subi une exposition semblable.

Les caractéristiques particulières des secteurs de la musique et du divertissement requièrent des orientations pratiques pour permettre une application réelle des dispositions établies par la directive. Les États membres sont autorisés à recourir à une période transitoire de deux ans au maximum pour l’élaboration d’un code de conduite prévoyant des orientations pratiques en vue d’aider les travailleurs et les employeurs de ces secteurs à atteindre les niveaux de protection fixés dans la directive.

Les grandes différences par rapport à la directive précédente sur le bruit (86/188/CEE) sont l’abaissement de 90 à 87 dB(A) de la valeur limite d’exposition et l’inclusion de tous les secteurs d’activité. La directive 86/188/CEE excluait en effet les travailleurs de la navigation maritime de son champ d’application, alors que la nouvelle directive 2003/10/CE prévoit à leur égard une période transitoire facultative de cinq ans pour la mise en place des dispositions relatives au respect des valeurs limites pour le personnel à bord des navires de mer, afin de prendre en compte les conditions spécifiques à ce secteur.

Dès lors, la nouvelle directive 2003/10/CE relative au bruit:

>      renforce la protection des travailleurs de tous les secteurs de l’activité économique, y compris les transports maritimes et aériens (lesquels étaient exclus de la directive 86/188/CEE);
>      reconnaît la spécificité des secteurs de la musique et du divertissement en leur accordant une période transitoire de deux ans, au cours de laquelle des codes de conduite seront établis pour aider les travailleurs et les employeurs de ces secteurs à respecter leurs obligations légales en vertu de la directive;
>      abaisse la valeur limite d’exposition de 90 dB(A), telle que fixée par la directive de 1986, à 87 dB(A) — ce qui constitue un progrès incontestable.

L’étape suivante a consisté pour les États membres à transposer, depuis le 15 février 2006, les dispositions de la nouvelle directive sur le bruit dans leur droit national et à élaborer, en concertation avec les partenaires sociaux, un code de conduite proposant des orientations pratiques destinées à faciliter leur mise en oeuvre dans les secteurs de la musique et du divertissement. La Commission établira, après consultation du comité consultatif pour la sécurité, l’hygiène et la protection de la santé sur le lieu de travail, des orientations européennes dont les États membres pourront s’inspirer lors de l’élaboration de leurs orientations nationales 

La nouvelle directive représente une avancée majeure en matière de protection des travailleurs contre le bruit au travail, dans le droit fil de la philosophie de prévention qui sous-tend la directive-cadre. La meilleure législation ne peut cependant atteindre son but, en l’occurrence la réduction de la perte auditive liée à l’exposition au bruit, si son adoption n’est pas suivie d’une mise en oeuvre et d’une application adéquates. Il appartient donc aux partenaires sociaux, en tant qu’acteurs principaux de la prévention du bruit sur les lieux de travail, et aux instances d’exécution de faire en sorte que la surdité d’origine professionnelle appartienne désormais au passé au sein de l’UE.

La Commission va encourager l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail à multiplier ses actions de sensibilisation et les échanges de bonnes pratiques en la matière afin d’aider les employeurs et les salariés à réaliser cet objectif.

    IV.      Les solutions : Réduire le bruit à sa source

a)      Machines et outils

Réduire le bruit à la source en incitant les fabricants à fournir des machines et des outils moins bruyants constitue sans doute le meilleur moyen de limiter l’exposition. Les encourager à fournir, en outre, une meilleure information aux utilisateurs concernant les émissions sonores et le bon usage du matériel permettrait à l’employeur de choisir les machines et les outils les plus adaptés, et de mieux évaluer et gérer l’exposition au bruit. Étant peu nombreux par rapport aux employeurs, les fabricants et fournisseurs concernés pourraient être aisément contactés et directement influencés à travers, par exemple, une conférence, des contacts entre fabricants et usagers et l’application de la législation relative à la mise à disposition de machines-outils (qui découle, elle aussi, d’une directive communautaire). Il est important que, dans le même temps, le HSE contribue à des normes internationales/européennes/britanniques adéquates, afin de veiller à ce qu’elles matérialisent les exigences des dispositions législatives pertinentes et à ce qu’un accord soit trouvé sur des codes pragmatiques en matière d’essai d’émissions sur des machines et des outils.

b)     Favoriser la conformité à l’aide de conseils, de consultations et de mesures d’exécution

Les nouvelles réglementations en matière de bruit sont entrées en vigueur en 2006, accompagnées d’orientations à l’intention des employeurs. Ces réglementations sont indispensables à la réussite du programme, parce qu’elles fixent la norme de conformité. Ce volet comprend d’autres projets, qui consistent à:

>      contribuer à assurer le respect des dispositions réglementaires en poursuivant la mise au point d’instruments destinés aux inspecteurs et en procédant à des inspections préventives dans des secteurs cibles, tout en collaborant avec les parties prenantes des industries prioritaires dans le cadre d’initiatives conjointes et du développement d’exemples de mesures de contrôle;
>      travailler, conformément à la récente directive de l’UE concernant le bruit en milieu professionnel, avec les partenaires sociaux à l’établissement d’orientations pratiques pour les secteurs de la musique et du divertissement d’ici à février 2008;
>      étudier les moyens de faire passer des messages simples aux travailleurs à l’aide de discussions avec les syndicats et les organisations sectorielles. Les travailleurs peuvent très largement contribuer à la gestion et au contrôle de nombreux aspects de leur exposition quotidienne en participant notamment à la sélection, au bon usage et à l’entretien du matériel et en veillant à l’utilisation adéquate de protecteurs auditifs;
>      envisager de nouveaux moyens de diffuser les messages — les voies classiques de soutien et de conseil aux employeurs devant être revues en fonction de l’évolution de la main-d’oeuvre.

c)      Objectif général, objectif intermédiaire et évaluation

Compte tenu de l’étroite corrélation entre le niveau sonore et les effets sur l’ouïe, une réduction de l’exposition se traduit directement par une atténuation du processus de perte auditive. Mais les effets chroniques sur la santé dus à l’exposition au bruit se caractérisent par une période de latence prolongée et ne se manifestent généralement qu’après plusieurs années d’exposition régulière. Le programme du HSE en matière de bruit poursuit dès lors un objectif à long terme, à savoir supprimer, d’ici à 2030, toute nouvelle incidence de dommage causé à l’ouïe en tant que maladie professionnelle.

d)     Inspection du niveau sonore:

Une inspection a pour but d’évaluer le degré de conformité de l’entreprise, d’encourager la poursuite des améliorations et d’assurer, s’il y a lieu, le respect des dispositions réglementaires par des mesures d’exécution. Le «pack d’inspection thématique» aide les inspecteurs à focaliser leur contrôle sur un risque particulier. Dans le cas du bruit, les risques sont aisément identifiables, le lien direct entre le niveau sonore et les effets est dûment établi, les limites d’exposition sont clairement fixées par la législation, le bruit est facile à mesurer et il existe des orientations précises. Les employeurs peuvent assurer une prévention de la perte auditive causée par le bruit en adoptant une approche fondée sur les principaux éléments suivants:

>      engagement de la direction;
>      évaluation des risques;
>      maîtrise du bruit à la source dans la mesure du possible;
>      mise à disposition d’informations, d’instructions et de formations au personnel;
>      mise en place, s’il y a lieu, d’un programme de protection de l’ouïe;
>      surveillance de la santé, le cas échéant.

Trois indicateurs de contrôle des risques ont dès lors été retenus pour permettre aux inspecteurs de mesurer la performance des employeurs:

1) Système de gestion du bruit— Organisation et dispositions efficaces, y compris une évaluation adéquate du bruit, un plan d’action en matière de bruit, la mise à disposition d’informations, d’instructions et de formations et un système de supervision et de surveillance de la santé. Preuve d’une politique d’achat positive et d’un réel engagement de la direction. Modalités de révision du système.

2) Contrôle du bruit à la source — Des mesures antibruit raisonnablement praticables (autres que la mise à disposition de protections individuelles) sont en place et maintenues de manière adéquate.

3) Programme de protection de l’ouïe — Des zones antibruit sont strictement délimitées et respectées par l’ensemble du personnel. Des protecteurs auditifs adaptés à la personne et à la tâche sont fournis. Un calendrier d’entretien/de remplacement est prévu, y compris des vérifications régulières assurées par une personne formée à cet effet. Preuve d’une utilisation systématique et appropriée.

À l’issue de l’inspection, l’employeur est noté sur une échelle de 1 à 4 pour chacun des indicateurs de contrôle des risques. Un résultat de 1 signifie que tous les éléments pertinents sont en place pour ce qui concerne l’indicateur en question et que toute amélioration supplémentaire serait impossible. Un résultat de 4, synonyme de faible conformité, implique la nécessité de mesures de mise en application. Une note d’évaluation de performance générale est attribuée à l’employeur sur la base des résultats obtenus pour chacun des indicateurs de contrôle des risques. Cette note est un élément utile pour les évaluations ultérieures et tient lieu de référence pour la mesure des progrès accomplis au fil du temps. Les inspecteurs ont également à leur disposition une documentation de base concernant les activités et procédés bruyants relevés dans la plupart des secteurs industriels, un aide-mémoire des points à contrôler lors de l’inspection, des mesures de contrôle, des précisions relatives aux dispositions législatives en matière de bruit et des notifications types d’exécution.

Le respect absolu des nouvelles réglementations permettrait de réaliser cet objectif. Il convient donc de tendre au maximum vers cet idéal, en particulier dans les cas de forte exposition. Atteindre un niveau de conformité de 90 % avec la valeur limite d’exposition en 2010 pourrait constituer un objectif intermédiaire.

La réduction du bruit à la source est le meilleur moyen de diminuer l’exposition, mais le processus peut prendre du temps. Bon nombre d’employeurs recourent aux protecteurs auditifs individuels, et il est probable que cette pratique se renforce compte tenu des obligations que leur imposent les nouvelles réglementations en termes de diminution de l’exposition au bruit. Cependant, la protection auditive est beaucoup moins efficace que l’abaissement des niveaux sonores. Un autre objectif intermédiaire serait donc de réduire, d’ici à 2010, la dépendance à l’égard de la protection individuelle en tant que moyen de respecter les valeurs limites.

Une évaluation officielle de l’impact des dispositions réglementaires est prévue dans cinq ans environ. Elle permettra également de mesurer le succès du programme à ce stade. Entre-temps, les preuves de sa réussite au niveau des trois axes de travail seront établies sur la base d’un examen par les pairs, d’informations relatives aux mesures d’exécution et d’enquêtes intermédiaires.

      V.      RÉDUIRE LES RISQUES POUR LES TRAVAILLEURS

Supprimer ou réduire l’exposition des salariés au bruit n’est pas seulement une obligation légale de l’employeur: c’est une démarche qui relève de l’intérêt économique de l’entreprise. Plus le milieu de travail est sain et sûr, plus la probabilité d’absentéisme, d’accident et de contre-performances — autant d’éléments qui coûtent cher à l’entreprise — est faible. L’approche souvent adoptée pour réduire les risques causés par le bruit au travail est un processus en trois étapes consistant à:

>      évaluer les risques;
>      prendre, sur la base de l’évaluation, des mesures de prévention ou de contrôle des risques;
>      suivre et faire le bilan régulier de l’efficacité des mesures en place.

a)      Evaluation des risques

L’ampleur et le type d’évaluation dépendent de l’envergure du problème observé sur le lieu de travail, mais tous les risques liés au bruit doivent être pris en considération. Par exemple:

>      un lieu de travail où le bruit est très intense, y compris éventuellement le bruit impulsif (provenant de pistolets de rivetage, par exemple), peut exiger un relevé de bruit approfondi;
>      sur un lieu de travail caractérisé par le déplacement de nombreux véhicules, l’attention devrait prioritairement porter sur la prévention d’accidents résultant de ce que les travailleurs n’entendent pas les signaux d’avertissement;
>      certaines organisations (services d’urgence notamment) peuvent se préoccuper plus spécifiquement de la possibilité pour les travailleurs de communiquer entre eux dans un environnement bruyant qui échappe à leur contrôle;
>      sur certains lieux de travail (dans les secteurs de l’éducation, des services sociaux et des soins de santé, notamment), le bruit lié au travail n’est généralement que l’un des nombreux facteurs de stress auxquels les travailleurs sont exposés; une approche holistique de la réduction du stress au travail s’impose donc, la lutte contre le bruit ne constituant que l’un des volets de cette démarche.

Il convient lors de l’évaluation des risques: d’identifier ceux qui sont liés au bruit; de se demander qui est susceptible de subir des préjudices et de quelle manière, notamment le personnel temporaire ou à temps partiel, de même que les travailleurs appartenant à des groupes à risques spécifiques (femmes enceintes notamment); d’évaluer les mesures déjà en place pour abaisser les niveaux sonores et de décider des mesures supplémentaires à prendre; de consigner toutes les données recueillies et d’en faire part aux travailleurs et à leurs représentants. Faute d’une évaluation adéquate de l’ensemble des risques liés au bruit auxquels les travailleurs peuvent être exposés, certains dangers ou certains travailleurs pourraient être négligés (des personnes ne travaillant pas à la production, mais chargées du nettoyage par exemple, peuvent être oubliées). Du côté de l’employeur, l’évaluation inadéquate des risques peut entraîner des dépenses en mesures de contrôle qui, n’étant pas dûment ciblées, équivalent à une affectation inefficace de ressources souvent limitées.

b)     Mesures de prévention et contrôle des risques

Les mesures de contrôle à mettre en place pour assurer la sécurité et la santé des travailleurs sont par ordre de priorité:

>      l’élimination des sources de bruit;
>      la réduction du bruit à sa source;
>      les mesures de contrôle collectives axées sur l’organisation et l’aménagement de l’espace de travail;
>      les équipements de protection individuelle.

 Élimination des sources de bruit

L’élimination de la source d’un bruit est le moyen le plus efficace de prévenir les risques pour les travailleurs, et cette démarche devrait être systématique lorsque de nouvelles installations ou de nouveaux locaux sont envisagés. Une politique d’achat «zéro bruit ou bruit faible» est, le plus souvent, la façon la plus économique de prévenir ou de contrôler le bruit.

 Réduction du bruit à sa source

Lorsque l’élimination des sources de bruit s’avère impossible, l’objectif suivant doit être la maîtrise du niveau sonore à la source — une approche qui consiste souvent en un examen minutieux de la source de bruit (en général une machine), afin de déterminer les éléments les plus bruyants et la manière dont ce bruit peut être atténué.

La réduction du niveau sonore, que ce soit à la source ou lors du cheminement ultérieur, doit être au coeur même de tout programme de gestion du bruit; il convient, en effet, d’en tenir compte depuis la conception jusqu’à la maintenance du matériel comme du lieu de travail. Il existe à cette fin toute une gamme de solutions techniques, parmi lesquelles:

>      l’isolation de la source, de par son emplacement, au moyen d’une enceinte, ou par amortissement des vibrations à l’aide de suspensions métalliques ou pneumatiques ou de supports à base d’élastomère;
>      la réduction à la source ou le long du trajet du bruit, par l’installation d’enceintes et de barrières, ou de silencieux au niveau des circuits d’échappement, ou par la diminution des vitesses de coupe, de soufflerie ou d’impact;
>      le remplacement ou la modification des machines, en privilégiant notamment les transmissions à courroie aux engrenages, plus bruyants, et les outils électriques aux pneumatiques;
>      l’utilisation de matériaux atténuant davantage le bruit (revêtement en caoutchouc des divers bacs, convoyeurs et vibreurs);
>      dans certaines conditions, la réduction active du bruit;
>      l’entretien préventif, l’usure des pièces pouvant entraîner la modification du niveau sonore.

 Mesures de contrôle collectives

Lorsque le bruit ne peut être suffisamment maîtrisé à la source, d’autres mesures doivent être prises pour limiter l’exposition des travailleurs, en l’occurrence des mesures de contrôle collectives de plus grande envergure que les précédentes..

 Bruit et femmes enceintes

L’exposition de travailleuses enceintes à des niveaux sonores élevés peut avoir des conséquences pour l’enfant à naître.L’exposition prolongée à un son intense peut entraîner une augmentation de la tension artérielle et une fatigue accrue. Des résultats d’expériences donnent à penser qu’une exposition prolongée de l’enfant à naître à un son intense pendant la grossesse peut avoir des répercussions sur les capacités auditives ultérieures de l’enfant et que les basses fréquences sont potentiellement plus dangereuses.

Les employeurs sont tenus d’évaluer la nature, le degré et la durée de l’exposition des femmes enceintes au bruit et, lorsqu’il existe un risque pour la sécurité et la santé de la travailleuse ou pour sa grossesse, d’aménager les conditions de travail de la travailleuse concernée pour éviter l’exposition. Le port de protecteurs individuels (bouchons d’oreilles, par exemple) par la mère ne protège pas l’enfant à naître.

 Équipements de protection individuelle (EPI)

Les équipements de protection individuelle (coquilles de protection, bouchons d’oreilles, etc.) ne doivent être envisagés qu’après avoir mis en oeuvre toutes les autres possibilités de prévention et de réduction du bruit. Les EPI peuvent être très efficaces, mais il n’est pas toujours facile, sur le terrain, de choisir le modèle le mieux adapté, de porter correctement les protecteurs auditifs pendant des périodes prolongées et de les entretenir de manière qu’ils ne perdent pas leur efficacité. En outre, le port d’équipements de protection individuelle, y compris les protections auditives, peut en outre être très inconfortable.

Les éléments suivants doivent être pris en compte lors de l’emploi d’EPI:

>      l’EPI sélectionné doit être adapté au type de bruit et à sa durée. Il doit également être compatible avec d’autres équipements de protection;
>      les travailleurs doivent avoir le choix entre plusieurs protections auditives adéquates, de manière à sélectionner le modèle le plus confortable;
>      de nombreux travailleurs, et notamment les chauffeurs, les officiers de police, les pilotes et les cameramen, doivent être munis de coquilles ou de casques en principe avec système d’élimination active du bruit (ANC) pour assurer une communication claire et minimiser les risques d’accident;
>      l’EPI doit être correctement rangé et entretenu;
>      une formation doit être prévue pour expliquer la nécessité de l’EPI, son mode d’utilisation, son rangement et son entretien.

c)      Information et formation

Les travailleurs doivent bénéficier d’informations et de formations les aidant à comprendre et à gérer les risques liés au bruit. Les points suivants doivent y être abordés:

>      les risques rencontrés ainsi que les mesures prises pour les supprimer ou les réduire;
>      les résultats de l’évaluation des risques et des mesures du bruit éventuellement effectuées, y compris l’explication de leurs implications;
>      les mesures de contrôle du bruit et de protection de l’ouïe, y compris l’EPI;
>      pourquoi et comment détecter et signaler des symptômes de perte auditive;
>      les cas dans lesquels les travailleurs ont droit à une surveillance de leur santé et le but de celle-ci.

d)     Participation du personnel

La consultation des travailleurs est une obligation légale, qui assure leur participation aux programmes de sécurité et de santé et leur engagement à l’égard des améliorations dans ce domaine. Leurs connaissances permettent de mieux identifier les risques et de mettre en place des solutions pragmatiques. Les représentants des travailleurs ont un rôle important à jouer dans ce processus. Les salariés doivent être consultés sur les mesures de sécurité et de santé avant l’introduction de nouvelles technologies ou de nouveaux produits.

e)     Suivi régulier des risques et des mesures de contrôle

Les employeurs doivent régulièrement s’assurer du bon fonctionnement des mesures mises en place pour prévenir ou contrôler le bruit. Les travailleurs ont droit, en fonction de leur exposition, à un suivi adapté de leur santé. Lorsque tel est le cas, un dossier médical individuel doit être tenu à jour, et les informations doivent être communiquées aux salariés concernés. Les connaissances acquises à l’occasion de cette surveillance doivent permettre de passer en revue les risques et mesures de contrôle en matière de bruit. Enfin, il convient d’imposer des contrôles externes en vue de s’assurer que les mesures de réduction du bruit sur le lieu de travail produisent effectivement le résultat escompté. Les modalités et la fréquence de ce suivi et de cet examen vont dépendre du lieu de travail et de la nature exacte des risques en jeu. Ils doivent tenir compte des exigences éventuelles de la législation nationale en matière de surveillance de la santé.

    VI.      Et demain ? un forum eUropéen pour trouver des solutions efficaces pour maitriser le bruit au travail

Bruit au travail : un forum européen pour trouver des solutions efficaces pour le maîtriser

Le premier forum européen sur les Solutions efficaces pour maîtriser les risques du bruit au travail se tiendra à Lille du 3 au 5 juillet 2007. Les propositions de résumés de communications et de démonstrations peuvent être soumises jusqu'au 5 janvier 2007.

Dans le sillage du sommet européen sur le bruit au travail qui s’est tenu à Bilbao en décembre 2005, le premier forum européen sur les Solutions efficaces pour maîtriser les risques du bruit au travail se tiendra à Lille (chez nous !!!) du 3 au 5 juillet 2007. Loin de constituer un congrès académique, ce forum est un point de rencontre où les acteurs concernés par la problématique de la maîtrise du bruit au travail pourront échanger leurs expériences et leur savoir-faire. Ce forum vise à rapprocher les concepteurs de solutions des utilisateurs, à stimuler la diffusion des connaissances existantes en matière de réduction du bruit au travail, dans tous les secteurs concernés.

Spécialistes de la sécurité et de la santé en milieu de travail, médecins et inspecteurs du travail, membres de comités d'hygiène et de sécurité, représentants des branches professionnelles, bureaux d’études en acoustique, chercheurs et concepteurs de procédés moins bruyants, fabricants de machines silencieuses, fournisseurs de matériaux et équipements d’insonorisation, architectes industriels, acheteurs… tous les acteurs de la réduction du bruit au travail trouveront intérêt à prendre une part active dans le forum.

La date limite pour soumettre une proposition de résumé pour une communication ou une démonstration est fixée au 5 janvier 2007.

Les thèmes couverts par le Forum :

>      Mesure et évaluation du bruit en milieu de travail
>      Identification et prévention des risques liés à l’exposition au bruit en milieu de travail
>      Application pratique de la directive européenne (2003/10/CE)
>      Réduction du bruit sur le lieu de travail dans divers secteurs d’activité (industrie, bâtiment, agriculture, …)
>      Réduction du bruit dans les bureaux, les hôpitaux, les écoles, le secteur du divertissement...
>      Principes généraux et démarches de réduction du bruit en milieu de travail
>      Réduction du bruit des équipements et machines couramment rencontrées sur les lieux de travail
>      Communication en environnement bruyant et perception des signaux d'alerte
>      Protection individuelle contre le bruit

Les communications et les démonstrations (description pratique d’un dispositif à moindre bruit ou d’une machine moins bruyante, présentée à la tribune par vidéo ou par un exposé) ne doivent pas nécessairement consister en des articles originaux (non encore publiés). D’ailleurs, les travaux ayant fortement contribué à l’émergence de bonnes pratiques – présentés sous forme de cas concrets ou d’articles relatant l’histoire d’une réussite – sont particulièrement encouragés. Les communications et démonstrations se feront en Anglais ou en Français, avec traduction simultanée.

Le Forum est organisé par INCE/Europe, le CIDB et Association AINF, en collaboration avec ABAV, BAuA, CETIM, CIOP, FIOH, HSE, INRS, IRSST, OSHA/EU, SUVA, sous l’égide de l’International-INCE, de l’European Acoustics Association (EAA), de la Société française d’acoustique (SFA) et des ministères français chargés du Travail, de la Santé et de l’Ecologie.

Dans le sillage du sommet européen sur le bruit au travail qui s’est tenu à Bilbao en décembre 2005, ce forum vise à stimuler la diffusion des connaissances existantes en matière de réduction du bruit au travail, dans tous les secteurs concernés. Rapprocher les concepteurs de solutions des utilisateurs, tel est le but poursuivi par ce forum.

 

Les thématiques du Forum
 
Les auteurs et démonstrateurs sont invités à soumettre des propositions de communications et de démonstrations s’inscrivant dans les différents champs thématiques suivants :
 
1. Emission sonore et réduction du bruit sur le lieu de travail dans les secteurs d’activité suivants (liste non limitative) :
 
1.01 Industries des équipements mécaniques, de la métallurgie et de la transformation des métaux
 
1.02 Construction navale, ferroviaire, automobile et aéronautique, industries lourdes
 
1.03 Industrie du travail du bois
 
1.04 Industrie plastique, plasturgie, chimie
 
1.05 Industries du béton et du verre
 
1.06 Bâtiment et travaux publics
 
1.07 Industries extractives (mines et carrières)
 
1.08 Industrie de l’emballage
 
1.09 Industrie agroalimentaire
 
1.10 Industrie textile
 
1.11 Industries du papier et de l’imprimerie
 
1.12 Centrales de production d’énergie, raffineries
 
1.13 Agriculture, sylviculture et pêche
 
1.14 Industrie du traitement des déchets
 
1.15 Transports (bruit à l’intérieur des cabines de conduite)
1.16 Bureaux et centres d’appels téléphoniques
 
1.17 Milieu hospitalier et établissements de santé
 
1.18 Ecoles et lieux d’accueil de la petite enfance
 
1.19 Activités récréatives, culturelles et sportives
 
1.20 Secteurs de la restauration (privée et collective) et de la préparation alimentaire (autre qu’industrielle)
1.21 Secteurs de la musique et du divertissement
 
1.22 Activités faisant usage des armes à feu
 
2. Réduction du bruit des équipements, des machines et autres sources couramment rencontrées sur les lieux de travail :
 
2.01 Systèmes de production d’énergie
 
2.02 Systèmes d’extraction de l’air et des poussières, des systèmes de chauffage et de climatisation
 
2.03 Equipements de levage et de manutention
 
2.04 Outils portatifs (électriques, pneumatiques, hydrauliques)
 
2.05 Outils destinés au travail des métaux et matériaux divers
 
2.06 Engins et matériels utilisés à l’extérieur (couverts par la directive « outdoor » 2000/14/CE).
 
3. Principes généraux et démarches de réduction du bruit en milieu de travail :
 
3.01 Conception de machines et procédés à moindre bruit
 
3.02 Matériaux acoustiques dédiés à des environnements de travail spécifiques
 
3.03 Conception d’encoffrements et de silencieux haute performance
 
3.04 Conception de cabines moins bruyantes pour les conducteurs d’engins
 
3.05 Conception de locaux à usage professionnel moins bruyants (ateliers, halls industriels)
 
3.06 Comment améliorer la communication et l’intelligibilité au poste de travail ?
 
3.07 Comment trouver la solution la plus appropriée : méthodologie et outils d'aide à la décision
 
4. Evaluation et prévention des risques liés à l’exposition au bruit en milieu de travail :
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