|
I.
Les risques du bruit sur la santé
Pour une journée de travail
(8 heures), on considère que l'ouïe est en danger à partir de
85dB(A). Si le niveau de bruit est supérieur, l'exposition doit
être de plus courte durée. Si le niveau est extrêmement élevé (supérieur à
130 dB(A)), toute exposition, même de très courte durée, est dangereuse.
Fatigue
auditive
A la suite d’une exposition à un bruit intense,
on peut souffrir temporairement de sifflements d’oreilles, de bourdonnements
(acouphènes) ainsi que d'une baisse de l'acuité auditive. Les dégradations
de l’audition se situent en particulier au niveau du haut médium et de
l'aigu, ce qui donne la sensation d’écouter avec "du coton dans les
oreilles". Cette fatigue auditive demande quelques semaines sans
surexposition au bruit pour disparaître.
Le bruit est cause de fatigue même sous les
seuils réglementaires.
Surdité
L'exposition prolongée à des niveaux de bruits intenses détruit peu à peu
les cellules ciliées de l'oreille interne. Elle conduit progressivement à
une surdité, dite de perception, qui est irréversible. L'exposition à
certains solvants, dits ototoxiques, peut amplifier ce phénomène. Dans ce
cas, la chirurgie n'est d'aucun secours. L'appareillage par des prothèses
électroniques se contente d'amplifier l'acuité résiduelle, il ne restitue
pas la fonction auditive dans son ensemble. D'où une efficacité limitée.
|
1er stade |
surdité légère |
Le sujet ne se rend
pas compte de sa perte auditive car les fréquences de la parole sont
peu touchées. |
|
2e stade |
surdité moyenne |
Les fréquences aiguës
de la conversation sont touchées, le sujet devient "dur d'oreille"
et ne comprend plus distinctement ce qui se dit. |
|
3e stade |
surdité profonde et
irréversible |
Il existe d'autres
surdités dont les causes sont sans rapport avec ce type d'exposition
et qui peuvent, dans certains cas, être opérées ou corrigées. |
La surdité peut être reconnue comme une maladie
professionnelle selon des critères médicaux, professionnels et
administratifs bien précis, qui sont stipulés dans le tableau n°42 des
maladies professionnelles du régime général et le tableau n°46 du régime
agricole. Le tableau n° 42 a été modifié plusieurs fois, notamment en 1981
où la liste des métiers a été élargie. Si bien que le nombre de surdités
reconnues s'est accru brutalement dans les années qui ont suivi.
Nombre de
surdités reconnues au sein du régime général depuis 1973
Surdités
reconnues comme maladies professionnelles en 2003(par
secteur d'activité du régime général de la Sécurité sociale)
|
Comités
techniques nationaux (CTN) |
Surdités reconnues |
|
Métallurgie |
201 |
|
BTP |
108 |
|
Bois, Textile,
Vêtements |
57 |
|
Transports,
Livre, Communication |
16 |
|
Chimie,
Caoutchouc, Plasturgie |
11 |
|
Autres |
239 |
|
TOTAL |
632 |
Source : CNAMTS
Un bruit soudain très intense,
par exemple lors d'une explosion, peut entraîner une surdité brutale,
totale ou partielle, réversible ou non. L'effet de souffle peut en effet
entraîner une déchirure du tympan, mais aussi des lésions des os. Le niveau
de bruit détruit des cellules de la cochlée. C'est ainsi qu'en 2003, 119
accidents du travail avec arrêt ont entraîné des troubles auditifs
persistants (avec incapacité permanente).
Seule la surveillance de l'audition par le
médecin du travail permet de détecter la sensibilité d'une personne au bruit
et de faire les bilans des pertes auditives.
Effets
non traumatiques
Le bruit peut aussi entraîner des effets "non
traumatiques" ou "extra-auditifs", c'est-à-dire néfastes pour d'autres
fonctions que l'audition. Les effets non traumatiques du bruit se
manifestent aux niveaux physiologique et comportemental.
Le bruit favorise le risque d'accident du travail
pour plusieurs raisons : le bruit exerce un effet de masque sur les signaux
d'alerte ; le bruit perturbe la communication verbale ; le bruit détourne
l'attention.
Selon les études épidémiologiques, les
troubles cardiovasculaires,
en particulier l'hypertension, sont plus fréquents chez les
travailleurs exposés au bruit. Ils ont tendance à augmenter avec
l'ancienneté de ces travailleurs à un poste de travail bruyant. Il semble
que ces troubles dépendent également du caractère prévisible ou non du
bruit, du type d'activité exercée et d'autres facteurs de stress.
L'exposition au bruit pendant le travail
a des conséquences négatives sur la qualité du sommeil.
Par exemple, une exposition diurne de 12 heures à 85 dB(A) provoque une
réduction du nombre et de la durée des cycles de sommeil ; si bien que le
bruit interfère avec la fonction "récupératrice" du sommeil et peut
entraîner une fatigue chronique. C'est d'autant plus vrai chez les personnes
travaillant de nuit et devant dormir pendant la journée.
Le bruit peut aussi constituer un facteur
de stress au travail dans la
mesure où il est chronique, imprévisible et incontrôlable. La gêne liée au
bruit est aussi associée à l'insatisfaction au travail, à l'irritabilité, à
l'anxiété, voire à l'agressivité.
Enfin, le bruit détériore la performance
des travailleurs dans les tâches cognitives,
surtout lorsqu'elles sollicitent la mémoire à court terme. On recommande 55
dB(A) maximum pour un travail nécessitant une attention soutenue.
II.
Exposition des travailleurs
67% des actifs
français se disent dérangés par le bruit sur leur lieu de travail, selon un
sondage réalisé pour l'Agence européenne pour la sécurité et la santé au
travail début 2005. Selon l'étude Sumer 2003, en France, plus de 3 millions
de personnes seraient exposées de manière prolongée à des bruits intenses,
dépassant 85 dB(A) sur leur lieu de travail. Les expositions de longue durée
(plus de 20 heures par semaine) concernent 6,8% des salariés. Les secteurs
les plus concernés sont l'industrie et la construction. Un certain nombre
d'entre eux seront atteints de surdité irréversible.
Emission
de bruit
Il faut déterminer et caractériser les sources du bruit, qu'il s'agisse de
machines, d'outils, de voix…
Une émission se caractérise par :
·
le niveau de puissance (somme de "tout le
bruit" produit) ;
·
le niveau de pression au poste de travail.
La réglementation prend en compte ces deux
paramètres.
Propagation
du bruit dans un lieu de travail
En l'absence de tout obstacle, le niveau sonore
décroît avec l'éloignement. Il baisse de 6 dB(A) chaque fois que l'on double
la distance à la source.
A l'intérieur des locaux, en plus du
bruit direct, l'opérateur perçoit le bruit réfléchi par les parois du local
(voire par les parois d'autres obstacles). S'il n'est pas spécifiquement
traité, le local est un facteur d'augmentation du bruit.
Propagation du
bruit dans un local industriel
Réception
Le niveau de bruit auquel les travailleurs sont soumis peut varier au cours
de la journée. Il est donc indispensable de prendre en compte le temps
d'exposition aux différents niveaux de bruit. Des durées limites
d'exposition quotidienne à une phase bruyante ont été calculées et intégrées
à la réglementation. Dans la nouvelle réglementation, les seuils
d’exposition ont été abaissé ; le tableau ci-dessous donne les valeurs
d’exposition à partir desquelles une action est requise.
Durées d'exposition quotidienne au bruit
nécessitant une action
|
Niveau
sonore en dB(A) |
Durée
d'exposition maximale |
|
80 |
8 h |
|
83 |
4 h |
|
86 |
2 h |
|
89 |
1 h |
|
92 |
30
min |
|
95 |
15
min |
|
98 |
7,5 min |
Etre exposé 8 heures à 80 dB(A) est exactement
aussi dangereux que d'être exposé 1 heure à 89 dB(A).
De nombreux métiers exposent régulièrement au
bruit. A cela, on peut ajouter le bruit environnemental que les salariés
subissent en dehors de leur travail : loisirs et transports bruyants,
troubles de voisinage, etc.
La nouvelle législation sur
la protection des travailleurs contre les risques de l'exposition au bruit,
inscrite dans le Code du Travail depuis 1988, est très précise. Basée sur
deux principes : - le bruit doit être réduit au niveau le plus bas
raisonnablement possible compte tenu de l'état des techniques, -
l'exposition au bruit doit demeurer à un niveau compatible avec la santé des
travailleurs, notamment avec la protection de l'ouïe, elle définit les
obligations auxquelles doivent se conformer : d'une part les responsables du
fonctionnement des entreprises, les employeurs, d'autre part les
fournisseurs d'outils nécessaires à ce fonctionnement, les concepteurs de
machines et équipements, et enfin les constructeurs de locaux où s'exerce
l'activité, les concepteurs et aménageurs de bâtiments.
Contexte
réglementaire
Le cadre réglementaire de la
prévention des risques liés à l’exposition au bruit est identique à celui de
tout autre risque. La prévention des risques professionnels s’appuie sur une
démarche dont les principes généraux sont édictés par le Code du travail
(article L. 230-2).
Principe
généraux d’une démarche de prévention : principales obligations de
l’employeur
 | Eviter
les risques |
 | Evaluer
les risques qui ne peuvent être évités |
 | Combattre les risques à la source |
 | Agir sur
les conditions et l’organisation du travail (choix des équipements, des
procédés, des substances…) |
 | Former
et informer les salariés sur les risques et leur prévention |
 | Prendre
des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les
mesures de protection individuelle |
Article L. 230-2 du Code du travail
Le bruit fait l’objet d’une réglementation qui vise
à protéger les travailleurs contre les risques liés à une exposition
prolongée. Depuis 1963, il est reconnu comme cause de maladies
professionnelles (tableau n° 42 du régime général et tableau n° 46 du régime
agricole).
L’évaluation du risque se fait essentiellement par
rapport au niveau d’exposition sonore quotidienne exprimé en dB(A). La
réglementation se réfère également au niveau de pression acoustique de crête
qui correspond à des bruits intenses mais courts.
La réglementation en la matière s’articule autour de
3 principaux axes.
 | Agir sur l'environnement de travail
 | Réduire le bruit à la source : obligations
des fabricants |
 | Concevoir des machines silencieuses |
 | Informer sur le niveau sonore des machines |
 | Insonoriser les locaux : obligations des
maîtres d’ouvrage |
 | Réduire le bruit dans les locaux :
obligations des chefs d’établissement |
 | Mise en œuvre de principes généraux de
prévention R |
 | Réduire le bruit dans les locaux |
 | Utiliser les locaux conformément à leur
destination |
|
 | Evaluer les risques
 | Estimer les risques |
 | Mesurer les risques |
|
 | Protéger les travailleurs exposés
 | Pour tous les travailleurs exposés
|
 | Conditions d’affectation à un poste
exposant au bruit |
 | Surveillance médicale des travailleurs
exposés |
 | Informations quant aux résultats des
examens médicaux |
 | Lorsque l’exposition sonore est supérieure
à 85 dB(A) |
 | Renforcement du contrôle médical |
 | Formation et information des travailleurs
|
 | Mise à disposition d’équipements de
protection individuelle |
 | Lorsque l’exposition sonore est supérieure
à 90 dB(A) |
 | Renforcement de la surveillance médicale
|
 | Port des protecteurs individuels |
 | Mise en œuvre de mesures de prévention
technique collective |
 | Mise en place d’une signalisation
appropriée. |
|
|
Actions requises selon les
niveaux sonores |
Niveaux d'action
réglementaires |
|
< 85 dB(A)
|
85 à 90 dB(A) |
> 90 dB(A) |
|
Réduction
du bruit au plus bas niveau possible |
X |
X |
X |
|
Estimation
de l'exposition sonore
Identification des travailleurs exposés |
X |
X |
X |
|
Mesurage de
l'exposition |
|
X |
X |
|
Information
et formation des travailleurs |
|
X |
X |
|
Surveillance médicale des travailleurs |
|
Examen audiométrique |
Contrôle de l'ouïe |
|
Protection
individuelle (PICB) |
|
Mise à disposition |
Port obligatoire |
|
Obligation
de porter les EPI |
|
|
X |
|
Signalement
des zones bruyantes |
|
|
X |
La réglementation va évoluer
prochainement avec la transposition en droit français de la
directive européenne 2003/10/CE. Les seuils d'actions qui étaient
définis à 85 et 90 dB(A) vont être abaissés de 5 dB(A). De plus, une valeur
limite d'exposition (87 dB(A) en tenant compte de la protection
individuelle) va être instaurée.
Démarche
de prévention
Évaluation
des risques
L’évaluation des risques
constitue le point de départ de la démarche de prévention qui incombe à tout
employeur dans le cadre de son obligation générale de sécurité à l’égard de
son personnel.
Pour l’aider dans cette
démarche, l’employeur peut notamment faire appel au Comité d'hygiène, de
sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et au médecin du travail.
Le CHSCT, dans le
cadre des missions qui lui sont attribuées (article L. 236-2 du Code du
travail), notamment celle d’analyse des risques, dispose d’informations sur
les risques présentés par les postes de travail. Il peut ainsi contribuer de
façon intéressante à l’évaluation des risques.
Le médecin du travail peut
collaborer utilement à l’évaluation des risques, en raison de sa
connaissance des situations de travail, grâce à ses actions menées au sein
de l’entreprise (visite des locaux, des postes de travail…) et à ses
missions de surveillance des salariés. Dans le domaine acoustique,
l'évaluation des risques peut commencer par une estimation du niveau sonore.
S'il faut élever la voix pour communiquer c'est qu'il est élevé : à 2 mètres
de distance, s'il faut crier, c'est qu'il est d'au moins 85 dB(A). On peut
aussi se pencher sur des éléments de référence, comme les notices des
machines et des outils bruyants. Ensuite, il faut passer au
mesurage.
Le succès d'une action de
réduction du bruit dépend pour une large part de la pertinence de l'analyse
des situations de travail réelles des opérateurs exposés.
Les résultats de
l’évaluation des risques doivent être transcrits dans le document unique
(article R. 230-1 du Code du travail). Au-delà du strict respect de
l’obligation réglementaire, ce document doit permettre à l’employeur
d’élaborer un plan d’action définissant les mesures de prévention
appropriées aux risques identifiés.
Le problème du bruit peut
être pris en compte très en amont : un changement de procédé ou dans
l'organisation du travail peut être une solution très efficace. On peut
ensuite agir sur la source du bruit, sur sa propagation, ou sur le récepteur
(le travailleur exposé). Les solutions collectives sont les plus efficaces,
elles doivent donc être mises en place en priorité.
III.
BRUIT AU TRAVAIL/PROTECTION DES TRAVAILLEURS
Des
dispositions réglementaires ont été prises pour protéger les travailleurs
exposés au bruit et réduire les niveaux de risque. La réglementation
française actuelle est issue de la directive européenne 86/188/CEE du 12 mai
1986 (protection des travailleurs contre les risques dus à l’exposition au
bruit) et de la directive 89/392/CEE du 14 juin 1989 (directive « machines
»).
La
réglementation sur le bruit au travail s’organise depuis autour de trois
axes : la protection des travailleurs contre le bruit, la réduction du bruit
émis par les machines ou les équipements professionnels, la conception des
locaux de travail en vue du contrôle de leurs qualités acoustiques.
L’objectif de réduction des risques dus au bruit s’impose donc aussi bien à
l’employeur qu’aux constructeurs de machines ou d’équipements professionnels
et qu’aux concepteurs de locaux de travail.
Ce
que dit la réglementation
Le
décret du 21 avril 1988 a notamment défini les obligations des employeurs à
l’égard des salariés exposés au bruit : principes généraux de prévention,
contrôle de l’exposition au bruit, prévention technique collective,
protection individuelle, surveillance médicale, information et formation des
travailleurs… L’employeur doit réduire le bruit au niveau le plus bas
possible, selon l’état des techniques existantes et compte tenu des
possibilités économiques de l’entreprise.
Pour
assurer la protection des travailleurs contre les risques créés par
l’exposition au bruit, la réglementation s’appuie sur deux indicateurs de
niveau de risque : la valeur moyenne des niveaux de bruit auxquels est
exposé un travailleur durant sa journée de travail (ce niveau d’exposition
sonore quotidien s’exprime en décibels pondérés dB(A)) et la valeur maximale
du niveau de bruit instantané reçu durant la journée de travail (ce niveau
de pression acoustique de crête s’exprime en dB).
L’employeur doit identifier tous les travailleurs dont l’exposition atteint
ou dépasse un niveau sonore d’exposition quotidien de 85 dB(A) ou niveau de
pression instantanée de 135 dB crête.
Lorsque l’exposition dépasse 90 dB(A) ou 140 dB crête, l’employeur doit
mettre en oeuvre un programme de mesures réduisant l’exposition au bruit. Il
doit prendre toutes les dispositions pour que les protecteurs individuels
soient utilisés. Lorsque l’exposition dépasse 85 dB(A) ou 135 dB crête, des
protecteurs individuels doivent être mis à disposition des travailleurs. La
réduction de l’exposition au bruit s’obtient aussi par la mise en place de
capotages autour des machines bruyantes, d’écrans entre les machines et les
salariés, l’installation de cabines insonorisées, de panneaux absorbants sur
les murs et au plafond pour éviter la réverbération, de silencieux sur les
échappements... La directive européenne du 14 juin 1989 demande d’ailleurs
aux constructeurs que leurs machines soient conçues et construites pour que
les risques résultant de l’émission du bruit soient réduits au niveau le
plus bas, compte tenu du progrès technique et de la disponibilité de moyens
de réduction du bruit, notamment à la source. Le constructeur doit également
fournir dans la notice d’accompagnement une information spécifique
concernant l’émission de bruit par la machine.
Un
contrôle strict de l’exposition au bruit
Le
contrôle de l’exposition au bruit relève de l’article R 232-8-1 du code du
Travail. Cet article définit quatre obligations : identifier les
travailleurs exposés, définir un plan de mesurage, procéder à un
échantillonnage représentatif, rendre disponibles les résultats. L’employeur
peut notamment procéder à un échantillonnage lorsque des travailleurs
effectuent des tâches similaires.
Les
entreprises peuvent effectuer elles-mêmes ces mesurages si elles disposent
des compétences et des moyens nécessaires. Elles peuvent également faire
appel à un prestataire de service en acoustique. En revanche, l’intervention
d’un organisme agréé est requise par la réglementation si le mesurage est
effectué à la suite d’une mise en demeure de l’inspection du travail. Un
nouveau mesurage doit être entrepris tous les trois ans ou lorsqu’une
modification des installations ou des modes de travail est susceptible
d’entraîner une élévation des niveaux de bruit.
L’arrêté du 22 avril 1988 précise que la méthode et l’appareillage qui
doivent être utilisés pour le mesurage de l’exposition au bruit sont ceux
spécifiés par la norme NF S 31-084. Les conditions de mesurage doivent
notamment être représentatives de celles qui sont le plus fréquemment
rencontrées.
Elle
classe aussi les mesurages selon trois degrés de précision : référence,
expertise, contrôle.
Evolution
réglementaire
Sortie le 6 février 2003, la directive 2003/210/CE introduit de nouvelles
valeurs d’exposition au bruit et précise les sujets sur lesquels doit porter
la consultation des travailleurs. La responsabilité de l’employeur est
élargie de même que le champ d’application qui couvre désormais le secteur
de la navigation aérienne et maritime, celui de la musique et du
divertissement. Pour ces secteurs, la réglementation est cependant
légèrement différente et son application bénéficiera de deux années
supplémentaires.
Cette
directive fixe de nouvelles valeurs seuils : 80 dB(A) et 112 Pa crête (135
dB) pour les valeurs d’exposition inférieures déclenchant l’action, 87 dB(A)
et 200 Pa crête (140 dB) pour les valeurs d’exposition supérieures. Pour
l’application des valeurs limites d’exposition, l’évaluation du niveau
d’exposition au bruit tient compte de l’atténuation assurée par les
protecteurs auditifs individuels portés par le travailleur. Les valeurs
limites d’exposition déclenchant l’action ne prennent pas en compte l’effet
de l’utilisation de ces protecteurs.
Pour
les activités caractérisées par une variation notable d’une journée de
travail à l’autre de l’exposition quotidienne au bruit, on se basera sur le
niveau d’exposition hebdomadaire au bruit sous réserve qu’il ne dépasse pas
87 dB(A) et que des mesures appropriées soient prises pour limiter au
maximum les risques associés à ces activités. Cette mesure concerne par
exemple les personnels de maintenance qui vont d’un poste à l’autre.
Cette
démarche devrait garantir un meilleur niveau de protection de la santé et de
la sécurité de chaque travailleur pris isolément. Elle créera aussi un socle
minimal de protection pour éviter de possibles distorsions de concurrence.
Un
nouveau mesurage plus représentatif
Depuis le 5 octobre 2002, la nouvelle norme NF S 31.084 relative au mesurage
des niveaux d’exposition au bruit en milieu de travail remplace celle d’août
1987. Pour obtenir une meilleure représentativité de l’exposition
professionnelle, la procédure de mesurage a évolué : fonctions et tâches de
travail détaillées avec plus de précision, allongement de la durée de
mesurage pour une meilleure prise en compte d’éventuelles variations
d’expositions…. Avoir ainsi des informations disponibles par travailleur
(nominatif) et par poste de travail permet, par exemple, de reconstituer
l’exposition au bruit lié à une tache donnée.
Ce
qu’ apporte l’APAVE Parisienne
Par
l’arrêté du 29 décembre 2000, l’APAVE Parisienne bénéficie d’un agrément
ministériel (pour trois ans) pour procéder aux mesurages de bruit en milieu
de travail selon la norme NF S 31-084. Ses spécialistes assurent toutes les
prestations de mesurage et d’assistance technique en vue de respecter la
réglementation en vigueur. Dans le cadre du contrôle réglementaire, les
interventions de l’APAVE Parisienne consistent en des mesures réglementaires
d’exposition sonore des travailleurs, des contrôles de la qualité acoustique
des lieux de travail selon l’arrêté du 30 août 1990, une aide au choix des
protecteurs auditifs individuels…
A
cela peut s’ajouter une aide à la rédaction du cahier des charges acoustique
d’une machine, des mesurages de caractérisation des émissions sonores de
machines…
L’étude des sources de bruit et des caractéristiques des locaux peuvent
aussi être à la base de simulations informatiques liées à différents
traitements d’insonorisation (capotages, écrans, correction acoustique…).
Quant au logiciel spécialisé, il permet de réaliser des cartographies 3D
selon différents scénarios d’implantation de machines en atelier. |