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 Les primes exceptionnelles et déblocages anticipés :
deux mesures destinées à soutenir le pouvoir d’achat des salariés

Publié le : 20 decembre 2005


Auteur : Helen Mahieu

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Autres articles du même auteur : Le renforcement du « package salarial » à travers l’intéressement et participation

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Dossier

Forum de discussion

L’intéressement et la participation sont des spécificités françaises, dans une logique de démocratie sociale ou encore d’introduire davantage d’équité au sein des entreprises, notion fondamentale en matière de politique salariale. A travers la Loi n°2005-842 du 26 juillet 2005 et les dernières circulaires, le Premier Ministre, Dominique De Villepin, renforce l’idée d’un package salariale. Comment s’appliquent ces mesures ? Révèlent-elles une tendance de fond vers un nouveau management de la politique salariale ?

   

Les dernières directives en matière d’intéressement

Une circulaire du 4 octobre 2005 précise les conditions de versement de la prime exceptionnelle d’intéressement liée aux résultats ou aux performances de 2004 (article 38).

1/ Modalités d’application :

Quel est Le montant de la prime ?

-         200 euros maximum par salarié.

-         Un accord spécifique a pu être conclu avant le 30 septembre 2005 pour mettre en place une prime exceptionnelle plafonnée au montant le plus favorable entre 15% de l’intéressement versé au titre de l’exercice 2004, et 200 euros.

-         Elle n’est pas prise en compte pour le respect des plafonds fixés (art L.441-2) applicables à l’intéressement (plafond global de 20% de la masse salariale et plafond individuel égal à la moitié du plafond annuel fixé par la sécurité sociale).

Qui peut bénéficier de cette prime d’intéressement ?

-         Seule une condition d’ancienneté peut être exigée, qui ne peut excéder trois mois de présence dans l’entreprise à la date de conclusion de l’accord. La répartition de la prime d’intéressement est fixée par les articles L 444-4 et L 441-2 du code du travail.

-         Les chefs d’entreprise ou les personnes mentionnées au second alinéa du 1 de l’article 36 de la loi du 26 juillet 2005 ne peuvent bénéficier de la prime exceptionnelle d’intéressement.

Quels sont les critères de répartition ?

-         Ils peuvent différer de ceux retenus auparavant si un accord spécifique a été signé et déposé auprès de la Direction Départementale du travail de l’Emploi et de la Formation Professionnelle (DDTEFP), instituant une prime exceptionnelle. L’accord spécifique est dans tous les cas un accord autonome et ne peut prendre la forme d’un avenant à un accord d’intéressement préexistant.

-         En cas d’échec ou d’absence d’accord spécifique, l’entreprise peut mettre en place la prime exceptionnelle par décision unilatérale avant le 31 décembre 2005. Les employeurs sont invités (ce n’est pas une obligation légale) à déposer auprès de la DDTE leurs décisions unilatérales.

Régime fiscale et social :

-         Pour les entreprises : le montant total de la prime exceptionnelle est déductible des bases retenues pour l’assiette de l’impôt sur les sociétés (IS). Celles-ci pourront donc réduire leur acompte dû au 15 décembre 2005 d’une somme égale au produit du montant total de la prime par le taux de l’IS, soit 33,33 %. (code général des impôts, article 1668).

-         Pour les salariés : cette prime exceptionnelle suit le régime commun de l’intéressement. Ces sommes ne sont pas des rémunérations, et ne sont donc pas soumises aux cotisations sociales. En revanche, la CSG et la CRDS s’appliquent au titre des revenus d’activité.

Les salariés qui affectent tout ou partie de leur prime exceptionnelle à des plans d’épargne salarial (PEE, PEI, PERCO…) au plus tard 15 jours après l’avoir perçue bénéficient d’une exonération d’impôt sur le revenu annuel dans la limite annuelle de la moitié du plafond annuel fixé par la sécurité sociale, soit en 2005 la somme de 15 096 euros. Cette exonération est valable pour toutes primes perçues en 2005 hors primes exceptionnelles.

2/ Précisions sur l’intéressement lié à la jurisprudence :

Un salarié licencié bénéficie-t-il de la prime d’intéressement ?

Une mesure de licenciement, quelle qu'en soit la cause, ne peut entraîner la suppression des droits acquis par le salarié au titre de l'intéressement. Il en est de même en cas de démission ou de départ en retraite du salarié. Ainsi, dans le cadre d'un licenciement économique, lorsque l'employeur dispense expressément le salarié d'exécuter son préavis, ce dernier ne peut être privé du versement de la prime d’intéressement pour la période de préavis. Il en est de même si l'accord d'intéressement limite le bénéfice de cette prime au temps effectivement travaillé, à l'exclusion des périodes non oeuvrées.(Cass. soc., 28 janv. 1998, no 95-42.250)

Les nouveautés en matière de déblocage anticipé de la participation

Une circulaire du 4 octobre 2005 précise les conditions de déblocage anticipé de la participation (article 39).

1/ Modalités d’application

Qui peut en bénéficier ?

Tous les salariés :

-         Sur simple demande : les salariés peuvent « sans avoir à justifier de l’emploi des sommes correspondantes » obtenir le versement de tout ou partie des sommes issues de leur participation au titre du dernier exercice clos, c’est-à-dire l’année 2004.

-         La demande de déblocage doit se faire entre le 28 juillet et le 31 décembre 2005 au plus tard.

-         Le versement doit s’effectuer avant la fin de l’année 2005.

-         Les sommes déjà affectées à des plans d’épargne peuvent être débloquées. Néanmoins le déblocage est soumis à la conclusion d’un accord collectif, s’il existe, afin de préserver l’équilibre financier de l’entreprise.(L 442 10 et L 442 11 du code du travail).

Régime social et fiscal

Les sommes versées ou débloquées sont soumises à l’impôt sur le revenu selon les règles de droit commun des traitements des salaires

Elles sont exclues de l’assiette de cotisations de sécurité sociale

Elles sont assujetties à la CSG/CRDS

Concernant les frais de déblocage : les conditions sont définies dans l’accord, en l’absence d’accord les frais sont à priori supportés par le salarié sauf décision contraire de l’employeur.

L’entreprise est dans l’obligation d’informer les salariés 2 mois sur les possibilités et modalités de déblocage exceptionnel après la promulgation de la loi, soit avant le 27 septembre 2005.

2/Quelques précisions sur la participation suite à des cas de jurisprudence :

Quel droit à la participation pour les expatriés ?

La Cour de cassation précise dans un arrêt n°3064 en date du 29 octobre 2002,pourvoi n°00-14.787 que les modalités de calcul et la répartition de la réserve spéciale de participation entre les salariés bénéficiaires, ne peut faire l'objet d'une distinction suivant que les salariés d'une même entreprise travaillent en France ou à l'étranger.

Y a t il maintien de l’accord de participation si l’effectif de l’entreprise devient inférieur à 50 salariés ?

La cour de Cassation, dans l’arrêt du 18 septembre 2002, juge licite le fait qu’un accord de participation conclu au sein d’une entreprise pour une durée de 5 ans renouvelable par tacite reconduction prévoyant qu’il cesserait de produire effet si au cours d’un ou plusieurs exercices l’effectif habituel de l’entreprise devenait inférieur à 50 salariés.

Quels risques encourent les entreprises n’ayant pas mis en place d’accord de participation ?

La participation est obligatoire dans les entreprises qui font des bénéfices et qui ont plus de cinquante salariés. Un accord collectif doit être conclu en ce sens, faute d’accord, un compte rémunéré portant intérêt à 10% doit être ouvert pour chaque salarié.(Cass.soc., 13 septembre 2005, 03-10502)Une entreprise n’ayant pas mis en place un accord de participation dans le pas

Les perspectives

Des exonérations de charges et d’impôts sur les bonus et sur les actions distribuées aux salariés…Jeudi 1er septembre 2005, le Premier ministre a annoncé un programme de mesures destinées à relancer, d’ici à 2007, la croissance, l’emploi et le pouvoir d’achat. Celles-ci passent en particulier par une réforme de la fiscalité, la valorisation du travail, le soutien du pouvoir d’achat, la valorisation des énergies « propres », et l’accès à la propriété pour un plus grand nombre. Parmi les trente « recettes » annoncées, trois concernent plus particulièrement les salariés et les entreprises :

-         Une réduction de l’impôt sur les sociétés accordée aux entreprises qui distribueront des actions à leurs salariés : celles-ci pourront déduire de l’assiette de l’IS le montant de ces actions.

-         Une baisse de la taxation des plus-values sur les titres distribués aux salariés : « La taxation des plus-values baissera en fonction de la durée de détention des titres ; ce sera un moyen de garantir la pérennité du capital de l’entreprise », a précisé le Premier ministre.

-         La possibilité donnée aux entreprises de distribuer à leurs salariés un bonus de  1 000 euros au maximum, entièrement exonéré d’impôt et de charges patronales fiscales et sociales (le salarié devra en revanche payer des charges salariales sur ce bonus et le déclarer dans ses revenus). Cette mesure, a ajouté Dominique de Villepin, « sera adoptée dans le projet de loi de finances pour 2006 pour une mise en œuvre dès la fin de l’année 2005 ».

La tendance est donc nette : les politiques favoriseront l’intéressement et la participation dans les mois et années à venir, à travers notamment à des exonérations d’impôt. Il revient à la gestion des ressources humaines de bien manager sa politique salariale en adéquation avec les réformes, afin de faire de sa politique salariale de réels leviers de motivations pour les salariés.

 

SOURCES - BIBLIOGRAPHIE
   
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Les Echos, octobre 2005

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www.legifrance.fr

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www.lentreprise.com

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www.evs-consulting.fr

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www.travail.gouv.fr

ANNEXES
 

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