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 La procédure de licenciement pour motif économique concernant moins de 10 salariés

Publié le : 20 decembre 2005


Auteur : Claire Elineau

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Dossier

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L’article L.321-1 du code du travail, relatif à l’article 73 de la loi du 18 janvier  2005, définit le licenciement économique comme « le licenciement  effectué par un employeur, pour un ou plusieurs motifs non inhérents à la personne du salarié résultant d’une suppression ou transformation d’emploi ou d’une modification, refusée par le salarié d’un élément essentiel du contrat de travail, consécutives notamment à des difficultés économiques ou à des mutations technologiques ».
La procédure varie en fonction du nombre de salariés concernés par un licenciement économique.
S’il n’y a qu’un seul salarié concerné, la procédure sera identique à celle relative à un licenciement pour motif personnel.
Pour le licenciement de 2 à 9 salariés, l’employeur a 30 jours pour appliquer ces règles de procédures particulières :

   

La consultation des représentants du personnel

            L’employeur doit convoquer les représentants du personnel ou à défaut le comité d’entreprise ou les délégués du personnel et leur remettre un document écrit qui mentionne l’effectif total de l’entreprise, les raisons du licenciement, le nombre de personnes concernées, leurs catégories professionnelles, les critères de choix pour l’ordre de licenciement et le calendrier prévisionnel des licenciements.

            Les représentants du personnel donnent leur avis sur le projet de licenciement et sur les mesures sociales d’accompagnement proposées. Cet avis doit être ensuite transmis à la Direction Départementale du Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle. 

L’établissement de l’ordre des licenciements

Selon l’article L.321-1-1 du Code du travail, l’employeur doit définir l’ordre des licenciements. Il doit utiliser les règles proposées par la convention collective ou l’accord collectif de l’entreprise (Cass.soc., 20 avril, N° 03-41490).
Si ces dispositions ne sont pas présentes, l’employeur devra définir lui-même les critère en s’appuyant sur les critères retenus par le Code du travail et consulter les représentants de personnel éventuels.
Ces critères ne doivent avoir aucun caractère discriminatoire, un juge pourra juger de l’objectivité des critères. L’employeur pourra, par exemple, prendre en compte l’ancienneté, l’âge, les qualités professionnelles, les charges de familles.

La convocation du ou des salariés concernés

L’employeur doit convoquer, par lettre recommandée avec accusé de reception ou lettre remise en main propre contre signature, le salarié à un entretien préalable. La présentation de la lettre doit avoir lieu au moins 5 jours ouvrables (les jours fériés, chômés ou de repos n’étant pas comptabilisés) avant la convocation à l’entretien préalable.
Cette lettre doit mentionner l’objet de la convocation, la date, l’heure et le lieu de l’entretien. De plus, elle doit informer le salarié qu’il peut se faire assister d’un représentant du personnel de l’entreprise ou qu’en l’absence de représentants du personnel, il peut faire appel à un intervenant extérieur inscrit sur une liste disponible à l’inspection du travail ou en mairie. L’employeur doit alors mentionner les adresses de l’inspection du travail et de la mairie du lieu d’habitation du salarié. 

Les mesures de sauvegarde de l’emploi

Durant l’entretien préalable, l’employeur doit proposer au salarié les différentes mesures dont il peut bénéficier.
L’employeur doit respecter son obligation de reclassement, en effet un licenciement économique n’est possible que si des propositions d’adaptation, de formation ont été faites au salariés. Le reclassement ne peut se faire que sur un poste équivalent ou inférieur, avec accord du salarié, dans l’entreprise ou dans le groupe auquel elle appartient.
Dans les entreprises de moins de 1 000 salariés, dont le licenciement est envisagé depuis le 31 mai 2005, l’employeur doit proposer au salarié la Convention de Reclassement Personnalisé (CRP)d’après l’article L.321-4-2 du Code du travail.
Pour les entreprise de plus de 1 000 salariés, le salarié se voit proposer un congé de reclassement.

La notification de licenciement

A la suite de l’entretien, l’employeur doit notifier son licenciement au salarié dans un délai de 7 jours ouvrables pour les salariés non cadres et de 15 jours ouvrables pour les salariés cadres en respectant le délai d’un jour franc.
La notification se fait  par lettre recommandée avec accusé de réception. L’employeur doit y préciser les motifs de rupture du contrat de travail, c'est-à-dire les motifs économiques retenus et leurs incidences sur l’emploi de l’entreprise (Cass.soc., 8 juin 2005, N° 03-41410).
De plus, il devra informer le salarié qu’il bénéficie d’une priorité à la réembauche pendant 1 an à compter de la rupture de contrat, lui préciser ses droits relatifs au Droit Individuel à la Formation et lui proposer le congé de reclassement ou la CRP.

Information de l’administration

            Dans un délai de 8 jours après l’envoi des lettres de licenciement, l’entreprise doit informer la Direction Départementale du Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle et lui transmettre certaines informations :
-         Le nom et l’adresse de l’employeur
-         L’activité de l’entreprise
-         Son effectif
-         L’identité des salariés licenciés (nom, prénom, nationalité, date de naissance, sexe, adresse, emploi et qualification)
-         La date de la notification de licenciement.

Le préavis

Le préavis débute le jour de la présentation de la lettre de notification du licenciement. Sa durée est égale à, au moins :

-         1 mois pour un salarié ayant une ancienneté comprise entre 6 mois et 2 ans

-         2 mois pour une ancienneté supérieure ou égale à 2 ans.

En cas de congés payés, d’accident du travail pendant le préavis ou de congé de maternité ou d’adoption, le préavis est prolongé de la durée de l’absence. Pour tous autres types d’absence, le prévis n’est pas prolongé.
Durant la période de préavis, le contrat se poursuit normalement.

En cas de dispense de préavis, l’employeur doit confirmer sa décision par écrit et verser au salarié une indemnité compensatrice égale au salaire qu’il aurait perçu pendant son préavis.

Indemnité de licenciement

            S’il a au moins 2 ans d’ancienneté dans l’entreprise, le salarié bénéficie d’une indemnité de licenciement au moins égale à deux dixièmes de son salaire moyen par année d’ancienneté.
S’il a plus de 10 ans d’ancienneté, deux quinzièmes de son salaire moyen par année d’ancienneté au-delà des 10 ans s’y ajoutent.

 

SOURCES - BIBLIOGRAPHIE
   
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www.travail.gouv.fr

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www.inforeg.ccip.fr

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www.tripalium.com

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www.pratique.fr

ANNEXES
 

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