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 Les droits du salarié détaché

 

Publié le : 20 decembre 2005


Auteur : Julie Coignet

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Dossier

Forum de discussion

Depuis quelques années, le nombre de salariés exerçant temporairement leur activité dans un pays autre que celui où ils sont habituellement embauchés ne cesse d’augmenter.
Ce principe s’intitule le détachement.
Il n’existe, en droit français pas de conception uniforme du détaché. L’administration fiscale, la sécurité sociale, le régime d’assurance chômage et les organismes de prévoyance complémentaire ont leurs propres définitions.
Voici le plus clairement possible, l’explication de ce qu’est un salarié détaché, ses droits et ses devoirs.

   

Définition :

Est un détaché au sens de l’article 2 de la Directive 96/71/CE du Parlement Européen et du Conseil du 16 décembre 1996 «tout travailleur qui, pendant une période limitée, exécute son travail sur le territoire d’un Etat membre autre que l’Etat sur le territoire duquel il travaille habituellement »».

Un salarié détaché, outre le fait qu’il continue à travailler pour son entreprise d’origine, est celui qui :

-         est mis à disposition à l’étranger pour une durée limitée par une entreprise ayant son siège en France
-         est affilié au régime de sécurité sociale français
-         appartient à l’effectif de l’entreprise d’origine
-         bénéficie uniquement de l’application du contrat de travail initial, conclu avec son employeur d’origine bien que son contrat s’applique dans une société étrangère.

Situation juridique du détachement :
Le détachement se caractérise par « le maintien du lien de subordination entre l’employeur d’origine et le salarié détaché ». Le salarié détaché continue à travailler pour son employeur d’origine. Il s’agit uniquement d’une mission temporaire à l’étranger et non d’une carrière à l’étranger.
En conséquence, juridiquement, il n’est pas nécessaire qu’un contrat local soit conclu, sauf si des raisons administratives l’exigent.
 
Dans la plupart des cas, un avenant au contrat de travail ou une lettre de détachement dans la société d’origine pour définir les modalités du détachement suffisent.
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A l’issue de sa mission, le salarié réintègre son entreprise d’origine, le contrat de travail du salarié détaché n’ayant jamais été ni rompu, ni suspendu.
Le salarié détaché appartient toujours à l’effectif de sa société d’origine afin de maintenir un lien juridique nécessaire entre son entreprise d’origine et lui-même.

Attention

Une entreprise française ne peut pas embaucher un salarié pour le détacher immédiatement à l’étranger.
Le salarié doit avoir travaillé en France avant le détachement pour qu’un lien de subordination ait pu se créer avec l’employeur.

Durée du détachement :

Le détachement ne doit pas dépasser une certaine durée, variable selon le pays d’accueil du salarié.

La durée du détachement est prévue par les textes applicables en matière de protection sociale. Par application de l’articleL.761-2 et R.761-1 du Code de la sécurité sociale, la durée maximale d’un détachement est de 3ans, renouvelable 1 fois, soit un maximum de 6ans.

Toutefois, pour les pays de l’EEE, la durée maximale d’un détachement est en principe de 12 mois, renouvelable une fois si la mission prévue n’est pas achevée pour des raisons exceptionnelles.

Dans le cas ce cas, l’employeur doit faire une demande de prolongation auprès de la Direction Régionale des Affaires Sanitaires et Sociales (DRASS) locale.Il est alors possible d’obtenir une dérogation pour une durée maximale de 5 à 6 ans (Articles 14 et 17 du règlement CE n° 1408/71).

Concernant les détachement d’un Etat membre de l’UE vers un Etat n’appartenant pas à l’UE, la durée maximale est souvent prévue par des traités bilatéraux de sécurité sociale.

Par exemple : aux Etats-Unis, le détachement est prévu d’une durée de 5 ans en application de la convention bilatérale conclue avec la France.

Rémunération :

Le salarié détaché est toujours payé par son entreprise d’origine, directement ou indirectement. Le montant de la rémunération est fixé par l’employeur d’origine et ce dernier s’engage à continuer de verser l’intégralité des cotisations salariales à la sécurité sociale française.

Le régime de sécurité sociale :

D’après l’article L.761-1 du Code de la sécurité sociale, les salariés détachés sont considérés comme habitant et travaillant en France, ils bénéficient donc de la protection sociale française.

Le salarié continue de cotiser au régime social de son pays d’origine, sans cotiser au régime social du pays d’affectation.

ð     Détachement dans l’EEE :

L’employeur doit demander le maintien du salarié au régime français de Sécurité sociale à la Caisse Primaire d’Assurance Maladie, avant le départ. La caisse délivre alors un certificat de détachement appelé aussi formulaire E101.

En cas de prolongation, l’employeur doit demander un certificat de prolongation ou formulaire E102 auprès du pays d’accueil du salarié.

Pour pourvoir bénéficier de ces droits français, le salarié doit demander des formaulaires E111 et E106 (pour longue durée) à sa CPAM.

La famille du salarié détaché a droit à toutes les prestations de la CPAM, qu’elle reste en France ou suive à l’étranger.

ð     Détachement en dehors de l’EEE, dans un pays ayant signé une convention de sécurité sociale avec la France :

L’employeur doit demander à la CPAM du siège social de l’entreprise d’origine, le maintien du salarié au régime français de Sécurité sociale.

Selon les conventions signées, les remboursements de soins de santé peuvent être réglés soit par la CPAM locale (du pays d’accueil) soit par la CPAM française.

Par contre les indemnités en nature sont toujours versées par la Caisse d’affiliation du salarié.

ð     Détachement en dehors de l’EEE, dans un pays n’ayant pas signé de convention avec la France :

L’employeur doit faire une demande de détachement auprès de la CPAM du siège social de l’entreprise d’origine.

Dans ces pays n’ayant pas signé de convention avec la France, le salarié et l’employeur doivent cotiser simultanément en France et au régime local s’il est obligatoire.

Si le pays d’accueil bénéficie d’un bon système de protection sociale, il est parfois moins coûteux de choisir le statut d’expatrié plutôt que celui de détaché.

La retraite :

- Retraite de Sécurité sociale : les périodes travaillées à l’étranger sont intégralement prises en compte pour le calcul de la retraite.

- Retraite complémentaire :

§         Non cadre (ARRCO) : pour cet organisme, les périodes travaillées à l’étranger seront prises en compte comme celles travaillées en France.

§         Cadre (AGIRC) : cet organisme a sa propre définition du détachement, seuls les français, ressortissants de l’EEE, les réfugiés et les monégasques ne peuvent être détachés. Pour les autres, ils doivent avoir travaillé au moins 3 ans en France pour avoir le droit au détachement.

L’assurance chômage :

Les ASSEDICS considèrent comme détaché, les salariés envoyés en mission hors de la France (comme la Sécurité sociale).

Les salariés détachés ainsi que leur employeur continue donc de cotiser au régime français d’assurance chômage.

La fiscalité :

La notion de détachement n’existe pas dans le domaine fiscale, la fiscalité du détaché repose en principe sur la notion de résidence fiscale.

ð     s’il existe une convention fiscale entre la France et le pays d’accueil du salarié, elle permet de diminuer les doubles impositions ou de les évitées. De nombreuses conventions fiscales internationales bilatérales éliminent ou essaient d'éliminer les doubles impositions.

ð     S’il n’existe pas de convention fiscale, le salarié paye ses impôts en France, pays d’où il perçoit ses ressources.

Après l’analyse précise du droit du salarié détaché, on peut dire que son statut ne diffère que très peut de celui d’un travailleur « normal ». Il est par contre très différent de celui de l’expatrié qui   contrairement au détaché restera dans le pays d’accueil pour une longue durée.

Le statut de détaché ayant une mise en place et une application très simple, permet de se développer de plus en plus au sein des entreprises internationales.

 

SOURCES - BIBLIOGRAPHIE
   
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=> www.gereso.fr

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=> www.netpme.fr

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=> www.convention-collective.fr

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=> Maître Francis KESSLER et Maître David JONIN, Avocats / Contact : kessler@netpme.fr

bullet=> « Travailler à l’étranger » Guide Pratique APEC

 

ANNEXES
 

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