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 L’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (II)

Publié le : 20 decembre 2005


Auteur : Sullivan Courault

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Autres articles du même auteur : L’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (I)

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Dossier

Forum de discussion

Trois lois régissent l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés. Elles datent de 1975, 1987 et 2005. Mais la première véritable loi qui impose aux entreprises d’employer des travailleurs handicapés est celle de 1987 puisque c’est elle qui instaure des quotas et des sommes à allouer. La loi de 2005 garde les mêmes principes. On peut donc considérer que cela fait désormais pratiquement vingt ans que les quotas existent. Seulement une loi met toujours du temps à être appliquée. Donc aujourd’hui, les entreprises respectent elles la loi ? Quelle est la situation actuelle ? Quels constats peut on faire ?

   

La situation actuelle

En novembre a lieu traditionnellement le mois de la Semaine nationale pour l'emploi des personnes handicapées. C’est donc la période idéale pour faire le bilan des initiatives menées dans ce domaine. Et on se rend compte que le constat est triste puisque le taux d'emploi des travailleurs handicapés dans les entreprises du secteur privé en France est seulement 4%, bien loin du quota imposé de 6%. Ce pourcentage de 4% est le même pour les trois fonctions publiques nationale, territoriale et hospitalière. Et cela malgré toutes les actions de sensibilisation, toutes les campagnes d'information et toutes les autres actions de communication qui ont été conduites depuis la loi du 10 juillet 1987 et la création de l'AGEFIPH. Le plus inquiétant c’est surtout que le taux de chômage des travailleurs handicapés reste très élevé par rapport à celui des actifs valides : il est de 31%  contre 9,8% chez les valides. Les raisons évoquées sont toujours les mêmes : de la plupart des travailleurs handicapés ont un  faible niveau de qualification, leur adaptation est réduite, du fait du handicap, les emplois à faible niveau de qualification sont associés à des conditions de travail de plus en plus dégradées et surtout les allocations et les prestations sont trop souvent plus élevées que le salaire espéré, ce qui dissuade les handicapés de travailler. 

Le problème du point de vue des personnes handicapées

Comment, en effet, accepter de travailler pour le Smic quand on dispose d'une somme supérieure avec l'Allocation Adulte Handicapé, son complément et une allocation logement ? Pourtant en juillet 2005, on a institué un nouveau cumul ; mais celui-ci ne représente que 150€ d'allocation résiduelle et donc il ne change pas la situation. Le constat est en effet le suivant : les personnes handicapées n’accepteraient un emploi que dans la mesure où elles conserveraient la majeure partie de leurs allocations. Actuellement elles se sentent financièrement pénalisées, voire même punies, en retravaillant.

Le problème du point de vue des entreprises

2003 était l’année européenne des travailleurs handicapés. Pourtant c’est cette année qu’a été voté le décret très controversé du 16 septembre 2003. En effet, il s’agit du contenu de la déclaration annuelle d’emploi des travailleurs handicapés. Suite à ce décret, certaines informations ne sont désormais plus accessibles. Ce sont toutes les données nominatives relatives aux bénéficiaires de la loi du 10 juillet 1987. Le but était d’assurer la confidentialité des informations sur les travailleurs handicapés figurant dans cette déclaration. On a en effet estimé que les informations relatives aux travailleurs handicapés figurant sur l'imprimé de la déclaration revêtent un caractère personnel et confidentiel car elles indiquent que les personnes concernées présentent un handicap plus ou moins sévère ce qui peut porter atteinte à leur vie privée.

La controverse c’est que les comités d’entreprises perdent ici l’un des seuls moyens de contrôle qu’ils avaient sur la véracité du contenu de la déclaration annuelle d’emploi des travailleurs handicapés. Avant le décret, les employeurs récalcitrants étaient condamnés par les tribunaux, à fournir dans son intégralité la déclaration annuelle sous prétexte que les CE ont un rôle majeur en matière d’emploi et d’insertion des travailleurs handicapés.

Conclusion :

Deux problèmes de taille empêchent donc d’atteindre le quota de 6%.

Le premier, ce sont les handicapés qui gagnent plus d’argent en restant chez eux. Pour que les handicapés reprennent le chemin du travail, le seul moyen semble la politique "d'activation", qui signifie un retour contraint au travail. Ce qui passe par une privation des allocations A.A.H en cas de refus d'un emploi. Les gouvernements britannique et allemand ont appliqué cette politique. La France le fera-t-elle ?
L’autre problème reste la dissimulation et les déclarations fantaisistes faites par certains employeurs. Là encore la parade reste délicate à trouver même si le nombre de fraudes demeure a priori faible.

 
SOURCES - BIBLIOGRAPHIE
 
 

-www.handroit.com

-www.handiplace.org

-www.legifrance.fr

-www.travail.gouv.fr

Texte de référence :

- Décret du 16 Septembre 2003

ANNEXES
 

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