Dans le traité de Rome
(1957), le Conseil Européen avait décidé de mettre en place une politique
commune de la formation professionnelle. Dans l’article 123 (Titre III Chap.
2) du présent traité, le conseil a défini les objectifs du Fonds Social
Européen :
-
« promouvoir les facilités d’emploi, la mobilité géographique et
professionnelle,
-
faciliter l'adaptation aux mutations industrielles et à l'évolution des
systèmes de production, notamment par la formation et la reconversion
professionnelle. »
Depuis sa création en 1957, les missions du
Fonds Social Européen ont évoluées. Quelles sont-elles aujourd’hui ? Quelles
aides sont mises à la disposition des entreprises ?
Les missions du FSE sont de soutenir des
mesures visant à lutter contre le chômage, de réduire les inégalités
professionnelles et de développer les ressources humaines.
Pour cela, la réforme des Fonds Structurels
(2000-2006) auxquels appartient le FSE précise dans son objectif 3 que le
FSE doit soutenir l'adaptation et la modernisation des politiques et des
systèmes d'éducation, de formation et d'emploi pour les régions.
Cet objectif comprend cinq axes, nous nous
attarderons essentiellement sur le quatrième axe « adaptation des
travailleurs, esprit d’entreprise, recherche, innovation, technologie » qui
dans sa mesure 6 permet aux entreprises de bénéficier d’aide à la formation.
Le gouvernement français a demandé pour la période 2000-2006 pour l'objectif
3 un montant de co-financement de 4.713,56 millions d'euros dont 22.5% pour
l’axe 4. Cette somme sera reversée sous forme de subvention auprès des
entreprises et notamment aux entreprises de moins de 250 salariés dont le
chiffre d’affaires n’excède pas 40 M€ qui forment des salariés soumis à une
précarité.
Sur les actions
éligibles, le FSE peut cofinancer entre 25 et 40 % des dépenses des actions
éligibles à savoir : les coûts pédagogiques, les frais annexes et les
salaires.
A titre d’exemples, la dernière campagne du
FSE 1994-1999 a permis de subventionner :
- A Lille : l’Ecole des Chances qui permet de
soutenir et d’accompagner les étudiants en difficultés
- Dans la ville de Rousset, bassin de la
microélectronique, un projet a permis de reconnaître les compétences des
salariés dans ce domaine.
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La réforme de la formation de François Fillon
s’inscrit totalement dans la même lignée que la politique européenne.
Quelles aides offrent le gouvernement
français ? Sans revenir sur l’aide au remplacement des salariés en formation
dans les entreprises de moins de 50 salariés, nous étudierons
essentiellement l’EDDF ?
Dans le livre IX du code de travail dédié à
la formation, l’article L 941-1 indique que l’Etat peut contribuer
financière aux dépenses de formation et notamment aux dépenses de
rémunérations des stagiaires à la formation professionnelle.
L’EDDF est un accord conclu entre l’Etat
(représenté par la Région) et une entreprise ou un groupe d’entreprises qui
s’engagent sur plusieurs années à faire un effort de formation.
Cette aide favorise les actions dans les
catégories suivantes :
-
Les formations destinées aux salariés fragilisés du fait de leur
qualification, leur âge, leur parcours professionnel ou la nature de leur
contrat de travail (CDD, temps partiel…),
-
Les actions de professionnalisation et de développement des
compétences,
-
Les formations sanctionnées par une qualification reconnue (diplôme,
certificat de qualification professionnelle…)
-
Les actions de validation des acquis de l’expérience.
Le taux de prise en
charge maximum est de 70% des coûts pédagogiques des actions éligibles la
première année. Cette aide est dégressive et plafonnée à 56% la deuxième
année et à 45% la troisième année.
Voici quelques exemples de formations
financées par l’Etat dans le secteur de l’imprimerie :
-
Environnement informatique des industries graphiques,
-
Maîtrise des systèmes d’échange des données numérisées,
-
Conduite de machine à imprimer d’exploitation complexe,
-
Conduite de matériel de finition…
Cependant, tout
comme le FSE, l’EDDF favorise les actions destinées au personnel dit
« prioritaire », c’est-à-dire les personnes les moins qualifiées, en
deuxième partie de carrière, menacées par les évolutions technologiques…
Les TPE sont
considérées comme des cibles prioritaires de ce dispositif. En effet, elles
rencontrent plus de difficultés que les grandes entreprises pour permettre
l’accès à la formation à leurs salariés. C’est pourquoi, plusieurs branches
comme le secteur graphique, le BTP ou la branche « carrières et matériaux,
tuile et brique, céramique » qui regroupent essentiellement des entreprises
de moins de 10 salariés ont mis en place via leurs OPCA de branche ou via
des accords conclu avec l’Etat des programmes spécifiques pour aider ces
entreprises.
Par exemple, en
2003 la branche « Transport Sanitaire » qui a du mal a recruté des salariés
ayant le CCA (Certificat d’Ambulancier) a obtenu une aide financière pour
financer les formations des salariés de l’entreprise n’ayant pas leur
certificat.
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Après le niveau national, comment cela se
passe –t-il au niveau régional ?
Comme précédemment, nous allons nous référer
aux textes de loi. Que dit le livre IX du code du travail ?
Les articles
L943-1 et suivants rappellent que la région doit mettre en place des
politiques favorisant l’accès le maintien ou le retour à l’emploi des
salariés et également favorisant les changements d’orientations
professionnelles.
En résumé chaque
région est libre de mettre en place les aides et autres subventions qui lui
sembleraient nécessaire pour appliquer la politique de formation de l’Etat.
Voici quelques
exemples :
Le Conseil
Régional de la Région Rhônes-Alpes a mis en place une action pour favoriser
le
« Développement des très petites entreprises ».
L’objectif est
de permettre aux artisans, les commerçants, les entrepreneurs et les
salariés des très petites entreprises d’être aidés dans la réalisation des
actions de formation. Le but de cette action est de favoriser l’accès de la
formation à cette population de salariés et de chef d’entreprises.
La région Alsace
a également mis en place une aide qui prend en charge une partie des frais
pédagogiques.
L’objectif est
de favoriser la compétitivité des entreprises et notamment des PME dans
l’adaptation des compétences de leurs salariés face aux
évolutions du marché et des technologies, et à également inciter les
entreprises alsaciennes à accroître le niveau de qualifications de leurs
salarié
Par ces deux exemples d’aides régionales, nous remarquons que les
régions priment essentiellement les aides aux petites et moyennes
entreprises.
Toutefois, il est à
noter que conformément aux règles européennes, les aides publiques à la
formation ne peuvent excéder un certain taux calculé sur l’ensemble des
dépenses, à savoir :
- 25 à 60 % pour les
grandes entreprises ;
- 35 à 80 % pour les PME
Pour conclure, l’Europe, le gouvernement et les régions mettent des
dispositifs en place pour favoriser les développements des actions de
formation dans les entreprises et notamment dans les petites voire très
petites entreprises.
Si votre entreprise a un projet de formation, n’hésitez pas à vous
renseigner auprès de la DDTEFP de votre département ou à votre OPCA de
branche.