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 LOI DE COHESION SOCIALE : Ouverture du marché de placement aux entreprises de travail temporaire.

Publié le : 23 mai 2005

Auteur : Sandrine FERNANDES ALPANDE

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Dans le cadre de la loi de cohésion sociale du 18 janvier 2005 (Jean-Louis BORLOO), les entreprises de travail temporaires sont mobilisées, afin de contribuer au service public de l’emploi. Elles offrent, désormais, leurs services de placement (CDD et CDI), d’insertion, de formation et d’accompagnement aux demandeurs d'emploi. Ces prestations peuvent être fournies directement aux entreprises mais peuvent aussi être demandées par l’UNEDIC et l’ANPE dans le cadre de convention.
   

Quatre mois après la mise en œuvre de la loi, un premier bilan s’impose :

Comment les entreprises de travail temporaire, ont-elles en pratique expérimenté la loi de cohésion sociale ?

Globalement elles proposent toutes une offre complète en matière de ressources humaines en misant sur leur savoir-faire. En effet, les entreprises de travail temporaire ont déjà une expérience en matière de recrutement permanent car 20% à 30% de leurs missions d’intérim se prolongent par un contrat en CDD et CDI. Les sociétés d’intérim s’adaptent à ce nouveau marché en proposant des prestations sur mesure en fonction des besoins de leurs clients, un paiement aux résultats et des délais de recrutement très courts.

Quelques exemples :

L’objectif de MANPOWER est d’offrir aux ouvriers, employés et professions intermédiaires, un service équivalent à celui fournit aux cadres par les cabinets de recrutement. Pour développer cette activité de placement, MANPOWER a embauché des consultants spécialisés en recrutement. Pour satisfaire leur clients et dans le but d’assurer une adéquation optimale entre le poste et ses 314 000 candidats, MANPOWER à mis en place une méthode en 8 étapes : de l’analyse du poste, en passant par le recrutement (présélection, test psychotechnique et d’aptitude, entretien), accompagnement durant la période d’essai et jusqu’à l’intégration du candidat. Elle dispose de nombreux outils d’évaluation des compétences (langues étrangères, logiciels,…). MANPOWER facture ses prestations aux entreprises sous formes d’honoraires.

Pour son offre de placement, VEDIOR BIS a mis en place « RECRUTEO » avec ses 6 réseaux de recrutement 100% spécialisés par métier ; elle dispose d’un vivier de plus de 1 million de candidats. Elle mise sur son savoir-faire, sa réactivité et sa proximité : 700 agences réparties dans toutes les régions de France.

RHI Intérim compte faire du recrutement pour 10% à 15% de son activité et s’engage à fournir un candidat dans un délai court de 48 heures à 1 semaine.

Quant à RANDSTAT Intérim, elle dispose déjà de 100 000 candidats. Elle s’engage à satisfaire ses clients dans un délai court de 72 heures. Elle développe son activité de placement sur des métiers qu’elle connait bien tel que soudeur, chaudronnier, électricien, chauffeur routier… Elle conserve cependant ses méthodes de recrutement. Elle ouvre, par ailleurs, une entité nommée RANDSTAD Professional spécialisée dans le recrutement de cadre.

ADIA renomme ses 464 agences « JOBSTORE » 1 900 emplois permanents y sont mobilisés. Tout en conservant l’exclusivité du travail temporaire, la JOBSTORE accompagne le candidat dans sa recherche d’emploi, son évolution de carrière, et tout au long de sa vie professionnelle, l’aide dans ses besoins de formation et d’orientation.

D’autre part, ces prestations peuvent être demandées par L’UNEDIC et l’ANPE, qui rémunèrent ces missions entre 3 000 et 6 000 euros, alors qu’un accompagnement classique de l’ANPE ne coûte que 500 euros. Pour compenser le cout généré par ces prestations, l’UNEDIC vise à réduire la durée d’indemnisation du chômage à 5 mois et ainsi rentabiliser ces opérations. Les entreprises de travail temporaire ont ainsi une obligation de résultat.

Exemple de convention entre l’UNEDIC et une entreprise de travail temporaire :

ADECCO à reçu pour mission dans 4 départements de la région SUD, le reclassement de 2 OOO demandeurs d’emplois indemnisés, qui alternent souvent les périodes d’emplois et de chômage. Cette opération, nommée « ICARE », se déroule sur 18 mois et concerne aussi bien les actuels que les futurs demandeurs d’emplois. Elle vise plus particulièrement les métiers du bâtiment, travaux public, hôtellerie, transport et logistique. Pour mener à bien cette mission, Adecco a réparti 5 équipes, chacune basée dans un « Centre de développement professionnelle »(CDP). L’agence de travail temporaire mise sur un accompagnement individuel : après participation à des réunions collectives sur la base du volontariat, les consultants des CDP mettrons à dispositions des demandeurs d’emplois, des méthodes de recherche d’emploi et travaillerons ensemble sur un projet professionnel qui sera aussi validé par l’ANPE. Chaque demandeur d’emploi sera suivi 9 mois. Dans le cas d’une embauche, un suivi de 7 mois supplémentaires sera réalisé pour s’assurer d’un reclassement durable. Selon les âges, Adecco percevra entre 3 600 et 5 600 euros par allocataire.

Quelles sont les autres types de conventions qui ont été signées ?

Les sociétés d’intérim n’étant pas seules à concurrencer l’ANPE, d’autres prestataires privés contribuant au service public de l’emploi ont été sollicités.

 

Personnes
à
reclasser

Public visé

Durée du
reclassement

Coût du reclassement

Régions

INGEUS

6000

Présentant des risques de chômage durable

10 mois
(+suivi de 7 mois)

4300 €
par personne
6000€
pour les + de 50 ans

Lille et Rouen

APEC

600

+ de 45 ans

9 mois
(+ suivi de 6 mois)

3000€
par personne

Hauts-de- Seine
Alsace

ALTEDIA
BPI

1100

Chômeurs présentant des risques de chômage de longues durées.
Cadres

9 mois
(+ suivi de 6 mois)

4000€
par personne
5000€
pour les + de 50 ans

PACA

Exemple :

INGEUS, société privée Australienne basée à Lille, a signé une convention avec l’UNEDIC afin de procéder aux reclassements de 6 000 demandeurs d’emplois, ouvriers et cadres, de 18 à 58 ans. L’accompagnement des ces personnes intervient à partir du troisième mois de chômage. Depuis sa mise en place, en Février 2005, Ingéus a reclassé 147 personnes sur 656 demandeurs d’emplois sur Lille et Rouen.

Ingeus propose un accompagnement individuel et intensif et fait signer à ses « Chercheurs d’emplois » des contrats dans lesquels ils s’engagent à rechercher activement un emploi. Ingéus est également soumis à l’obligation de résultat : elle ne perçoit que 2 800€ au moment de la prise en charge du chômeur, le solde est versé en fonction de la réussite du placement et s’étale de l’embauche et jusqu’à 7 mois plus tard. Au total cela coutera à l’UNEDIC 4 300€ et 6 000€ pour une personne de plus de 50 ans.

Les entreprises de travail temporaires semblent réagir favorablement à la loi de cohésion sociale de Jean-Louis BORLOO, certaines s’y étaient préparées rigoureusement. Devant cette opportunité d’accroître leurs profits, elles se sont déjà beaucoup investies pour assurer ce rôle de service public de l’emploi. Cependant, on peut se demander si cette ouverture du marché de placement aux entreprises privée aura des effets positifs sur la situation du chômage en France ?

SOURCES - BIBLIOGRAPHIE
   

Entreprise et carrières N°765 du 24 mai 2005 : « Placement le privé fera-t-il mieux que l’ANPE ? »

http://www.adia.fr/pdf/CPJobstore.pdf

http://www.maisondescadres.com/lettre/LaLettre0105.pdf 

http://www.sourcea.fr/interimtertiaire.php#  

LIENS UTILES

http://www.cohesionsociale.gouv.fr/

http://www.sett.org : Syndicat des entreprises de travail temporaire

http://www.assemblee-nationale.fr/12/dossiers/cohesion_sociale.asp#0404450304 : Dossier législatif

 

ANNEXES
 

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