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 Protection sociale du télétravailleur et du travailleur à domicile

Publié le : 03 juillet 2005

Auteur : Rabiâa ESSABIR

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Nous avons précédemment identifié les différences entre un télétravailleur et un travailleur à domicile. Le présent document nous permettra de savoir de quelle protection sociale bénéficie le télétravailleur et le travailleur à domicile. Que se passe-t-il en cas d’accident de travail ?
 
 
 
I.      Le télétravailleur
 
L'article 8 de l'Accord Cadre Européen, du 16 juillet 2002, stipule que l'employeur est responsable de la protection de la santé et de la sécurité professionnelle du télétravailleur conformément à la directive 89/391, ainsi qu'aux directives particulières, législations nationales et conventions collectives applicables.  
 Le télétravailleur est affilié au régime général de la sécurité sociale, au régime de retraite complémentaire ou du bénéfice de l'assurance chômage, les règles ne sont pas différentes pour les télétravailleurs par rapport aux autres salariés.
Il bénéficie donc des mêmes droits que tout salarié travaillant « physiquement » dans les locaux de l’entreprise : allocation congés annuels, chômage, grossesse.
Source : www.teletravailenfrance.com
 
 
En revanche, les accidents du travail du télétravailleur posent certains problèmes. 
Définition de l’accident de travail : « est un accident du travail, un événement ou une série d’événements survenus à des dates certaines par le fait ou à l’occasion du travail, quelle qu’en soit la cause, à toute personne salariée ou travaillant à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs ou chefs d’entreprise et dont il résulté une lésion corporelle. (CSS, art. L. 411-1).
 
Voici la traduction de cette disposition par la jurisprudence : " toute lésion survenue aux temps et lieu du travail doit être considérée comme résultant d'un accident du travail, sauf s'il est rapporté la preuve que cette lésion a une origine totalement étrangère au travail " .
La lésion doit donc présumer de l'accident et l'accident survenu aux temps et lieu de travail est présumé d'origine professionnelle.  
En cas d’accident (ou de maladie) le télétravailleur  doit  contacter immédiatement son employeur par courrier électronique ou par lettre simple.
 
Si le télétravailleur exerce son activité en " télélocal ", c’est-à-dire dans un centre proche de son domicile et partagé avec d’autres télétravailleurs pouvant dépendre de sociétés différentes, la preuve
du caractère professionnel de l’accident ne pose pas de problème particulier dans la mesure où la réunion de travailleurs dans un même lieu distant du siège social peut s’apparenter à du travail exercé dans un établissement de l’entreprise. La présomption d’imputabilité de l’accident au travail jouera dès lors que la lésion est survenue dans le télélocal. 
Source : www.village-justice.com
 
En ce qui concerne le télétravail nomade, en application de la jurisprudence de la Cour de Cassation relative aux accidents de mission, l'accident sera présumé avoir un caractère professionnel sauf pour l'employeur à prouver que le salarié s'était délibérément soustrait à son autorité. 
En revanche, la situation se complique lorsqu’on doit traiter des accidents en cas de télétravail à domicile, l'identification du lieu de travail et des horaires de travail étant alors rendue difficile. La solution semble devoir passer par l'instauration d'une présomption d'accident du travail en cas de réalisation d'un accident au domicile d'un télétravailleur à domicile.
Source : www.management.journaldunet.com
 
Avant tout, il est important de noter que s’il s’agit d’un télétravailleur à domicile, l’employeur est tenu par la loi d’examiner si le domicile du télétravailleur répond aux prescriptions requises en matière d’hygiène et de sécurité : installation électrique, chauffage, sécurité incendie.
Source : www.adbs.fr
 
Ensuite, toute la difficulté en matière de télétravail consistera, pour la victime, à établir que la lésion s'est bien manifestée aux temps et au lieu du travail.  
Mais le problème n'est pas insurmontable.   
Pour les accidents intervenant au domicile, l'employeur pourra prévoir un régime complémentaire de protection sociale, le risque du rejet de la qualification d'accident du travail n'étant pas négligeable, puisque dans le cadre du télétravail, si le télétravailleur n'est pas connecté en permanence avec l'entreprise, la preuve de la survenance de la lésion au moment de la réalisation du travail pour l'entreprise sera souvent difficile à établir par le salarié ; en revanche, en cas d'accident survenant alors que l'intéressé est connecté à l'entreprise, cette preuve sera plus facile à établir.
http://apnta.teletravail.free.fr/droit.htm
 
II.      Le travailleur à domicile
 
Le travailleur à domicile est affilié au régime général de la Sécurité Sociale.
 
Il est soumis aux dispositions des articles L. 721-1 et suivants du Code du Travail. 
La garantie d’accident du travail couvre toute personne salariée ou travaillant à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit pour un ou plusieurs employeurs (CSS, art. L. 411-1).
 
En ce qui concerne les accidents de travail des travailleurs à domicile la question est, encore une fois, plus difficile à appréhender puisque le lieu de travail se confond avec le domicile du salarié.
 
Il faut alors examiner si l’accident est bien, survenu lors du temps de travail et si tel est le cas que le salarié ne se livrait pas à une activité sans corrélation avec son travail.
Le même raisonnement s’applique si l’accident se produit hors du domicile, dans la mesure où les notions de lieu et de  temps de travail sont plus difficile à cerner que dans le cadre strict de l’entreprise.
Prenons l ‘exemple d’un inspecteur au service d’une compagnie d’assurance qui décède subitement alors qu’il se trouve à proximité du bureau de poste voisin de son domicile, où il venait poster du courrier. La Caisse de Sécurité Sociale avait refusé à sa veuve le bénéfice d’une rente au titre de la législation professionnelle mais la cour d’appel a considéré qu’il s’agissait bien d’un accident à caractère professionnel.
 
 
La chambre sociale de la Cour de Cassation a approuvé la décision des juges d’appel qui ont relevé que la victime n’avait pas de bureau extérieur à son domicile et que l’accident était survenu un jour ouvrable, à une heure normale de travail d’un salarié, et en un lieu justifié par son activité professionnelle. Elle avait pu ainsi décider que l’accident s’était produit au temps et au lieu du travail et que la Caisse ne détruisait pas la présomption établie par l’article L.411-1 du Code de la sécurité sociale. (Cass. Soc., 11 avril 1996, Bull. V, n°155).
Source : Liaisons sociales « les accidents du travail », avril 1999.
 
Par ailleurs, La Recommandation 184 du Bureau International du Travail de 1996, sur le travail à domicile précise que :
Les employeurs devraient être tenus :
ü d'informer les travailleurs à domicile de tout risque, lié à leur travail, qui est ou devrait être connu de l'employeur, de leur indiquer les précautions à prendre, ainsi que de leur fournir, le cas échéant, la formation nécessaire;
ü de veiller à ce que les machines, outils ou autres équipements fournis aux travailleurs à domicile soient munis de dispositifs de sécurité appropriés et de prendre des mesures raisonnables pour veiller à ce qu'ils soient dûment entretenus;
ü de fournir gratuitement aux travailleurs à domicile tout équipement de protection individuelle nécessaire.
Les travailleurs à domicile, quant à eux, devraient être tenus:
ü de se conformer aux mesures prescrites en matière de sécurité et de santé;
ü de prendre raisonnablement soin de leur sécurité et de leur santé et de celles des autres personnes qui pourraient être affectées par leurs actes ou omissions au travail, y compris par l'utilisation correcte des matériaux, des machines, des outils et des autres équipements mis à leur disposition ;
ü Un travailleur à domicile qui refuse d'accomplir un travail dont il a un motif raisonnable de croire qu'il présente un danger imminent et grave pour sa sécurité ou sa santé devrait être protégé contre des conséquences injustifiées d'une manière compatible avec les conditions et la pratique nationales. Le travailleur devrait informer sans délai l'employeur de la situation ;
ü En cas de danger imminent et grave pour la sécurité ou la santé du travailleur à domicile, de sa famille ou du public, constaté par un inspecteur du travail ou un autre fonctionnaire chargé de la sécurité, la poursuite de ce travail devrait être interdite jusqu'à ce que des mesures appropriées aient été prises pour y remédier. Source : www.logo-net.net
 
SOURCES - BIBLIOGRAPHIE
   
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Liaisons sociales « les accidents du travail », avril 1999.

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www.teletravailenfrance.com

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 www.village-justice.com

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 www.management.journaldunet.com

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http://apnta.teletravail.free.fr/droit.htm

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www.logo-net.net

ANNEXES
 

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