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Maud Aulagnon
étudiante en ressources humaines

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 Les tests que le recruteur peut faire sans risques

Une nouvelle recommandation de la CNIL(n° 02-017) du 21 mars 2002 abroge et remplace la précédente recommandation n° 85-044 datant du 15 octobre 2001.

Elle porte sur la protection des informations collectées lors d’opérations de recrutement, c’est à dire « tout recrutement opéré par un intermédiaire choisi par un employeur afin de l’assister dans le choix d’une personne extérieure pour un poste à pourvoir, ainsi que tout recrutement opéré directement par un employeur partie prenante dans le choix d’une personne extérieure pour un poste à pourvoir ».

C’est pourquoi certaines méthodes de recrutement utilisées par les recruteurs peuvent être jugées à risque, et même illicites.

La recommandation de la CNIL porte sur plusieurs points importants qui vont permettre aux recruteurs d’utiliser des méthodes licites, loyales, et non frauduleuses.

Tout d’abord les informations demandées lors des opérations de recrutement doivent avoir un lien direct avec l’emploi ou avec l’évaluation des aptitudes professionnelles du candidat.

C’est sur ce point que doit s’appuyer toute méthode de recrutement.

En conséquence, toute méthode qui ne respecte pas ce point est illicite :

                        -les annonces qui ne correspondent pas à un poste à pourvoir, mais qui ont pour but de collecter des informations sur les candidats.

                        -les méthodes de recrutement où sont demandées, sauf accord expresse du candidat, des informations sur « les origines raciales ou les opinions politiques, philosophiques ou religieuses, ou les appartenances syndicales, les informations relatives à la santé ou à la vie sexuelle des personnes ». Et même si il y a accord expresse du candidat, la collecte est licite seulement si elle est justifiée par le poste à pourvoir.

                        -les informations collectées seulement pour utilisation à des fins de prospection commerciale.

De plus, la CNIL prohibe les profils automatiques.

                        -Toute méthode de recrutement sans intervention humaine est interdite.

Enfin, pour que ces opérations de recrutement soient totalement licites, il est nécessaire que les recruteurs respectent ces deux points :

                        -La transparence :

Le candidat à un emploi doit être clairement informé des méthodes et techniques utilisées. Si un questionnaire est soumis au candidat, l’employeur doit lui préciser le caractère obligatoire ou non des réponses, les personnes destinataires des informations et lui indiquer la possibilité dont il dispose d’accéder et de rectifier les informations fournies.

                        -La confidentialité :

Les résultats obtenus lors d’une procédure de recrutement, à la suite d’un test, questionnaire ou autre technique doivent rester confidentiels.

Or, on s’aperçoit que certains recruteurs ne respectent pas toutes ses règles.

Voici quelques méthodes utilisées en entreprise.

Le questionnaire avec les tests de personnalité, et de logique.

Ex :Les tests projectifs(Rorschach).Ce ne sont pas des questionnaires mais des dessins ou des images, où il est demandé au candidat ce qu’il imagine.

La graphologie.

L’astrologie. Elle détermine soit disant la personnalité et le comportement prévisibles du candidat en fonction de l’évolution et de la position des planètes.

 

 

La numérologie. C’est le calcul de la valeur de certains mots.
Ex 
: Le nom propre Martin aura une certaine valeur en chiffres, qui aura pour but de déterminer la valeur du candidat au poste proposé.
La morpho-psychologie. Le fait de faire le lien entre le caractère et le tempérament du candidat et certaines de ses caractéristiques physiques.

La chirologie(les cartes), le marc de café, et la boule de cristal.

La gestuologie. Elle fait le lien « entre des gènes physiques et psychologiques, s'exprimant au travers de gestes de souffrance par des blocages de zones corporelles et la signification profonde de ces blocages », dixit le fondateur de la discipline, François SULGER.

Parmi toutes ces méthodes, certaines sont efficaces et légales, d’autres totalement inefficaces, et illicites.

En effet, « toute investigation sur la psyché d'une personne hors d'un cadre médical est catégoriquement interdite en vertu des principes fondamentaux et constitutionnels des droits de la personne ».

Citons donc comme méthodes illicites :

La graphologie, entrée dans les mœurs (quel employeur ne demande pas une lettre manuscrite accompagnant le CV ?). En effet, la graphologie a pour but de déterminer le caractère du candidat uniquement en analysant son écriture. Or il n’y a aucun rapport entre ces deux éléments, et cette méthode n’a aucun lien direct avec le poste à pourvoir.

La numérologie, astrologie, gestuologie, chirologie, etc ; qui apparaissent comme les plus délirantes, et qui n’ont elles aussi, aucun rapport avec l’emploi proposé, et qui ne vise pas à évaluer les capacités du candidat au poste à pourvoir.

Et pourtant Marilou BRUCHON-SCHWEITZER, de l'université de Bordeaux, a fait une étude en 1989 sur les préférences en matière de recrutement issus d’un échantillon représentatif de 102 entreprises et cabinets de recrutement français. Les résultats sont les suivants :

§        L'examen graphologique approfondi est utilisé à 93 %,

§         Les tests d'aptitude ou d'intelligence à 63 %,

§         Les tests de personnalité à 61 %,

§         Les mini-situations de travail à 34 %,

§         Les techniques projectives à 20,5 %,

§         Les autres techniques (morpho-psychologie 12 %, astrologie 8 %, neurobiologie 1,5 %

§         Autres méthodes (visite entreprise, dossier sur le poste, vérification des références, questionnaires d'intérêts) à 15,5 %.

On observe donc que beaucoup d’entreprises sont dans l’illégalité, et risquent des procès avec leurs futurs salariés, alors même qu’ils ne sont pas encore entrés dans l’entreprise. Il faut donc éviter d’utiliser ces méthodes, ou bien de le faire uniquement pour se divertir, mais seulement après avoir utilisé toutes les méthodes légales pour recruter, et après avoir recruté ou non le candidat.

Cependant, quelque soit la méthode utilisée pour le recrutement, la durée de conservation des informations collectées lors du recrutement ne doit pas excéder deux ans après le dernier contact avec les personnes concernées.

 

Sources
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Etude de Marilou BRUCHON-SCWEITZER: "Les méthodes d'évaluation du personnel utilisées pour le recrutement en France". Marilou BRUCHON-SCWEITZER et Dominique FERRIEUX. 1991.

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www.la-peniche.fr/lieuxcommuns

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www.tripalium.fr

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www.cnil.fr

bulletwww.legifrance.gouv.fr

 

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