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Par Thibaut
LEROLLE * |
Faire
le choix (difficile) de déclarer un système d’information à la CNIL
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Beaucoup d 'entreprises françaises ont encore aujourd'hui un
logiciel traitant des informations nominatives sur leurs salariés et ne
l'ont cependant toujours pas déclaré auprès de la Commission
Nationale de l'Informatique et des Libertés (CNIL*). Par ignorance de
leurs devoirs ou par peur de l'ampleur et de la difficulté du travail
qui les attend. Il est vrai que la déclaration de certains outils RH
peut ne pas sembler évidente, comme le signale Haffit Ennaoura,
consultant chez Aderhis : " certains
Directeurs des Ressources Humaines oublient que des outils de congés ou
de GTA tombent aussi sous le coup de la déclaration ".
Pourtant l'article 16 de la loi n° 78-17 du 16 janvier 78 stipule bien
que tous les traitements automatisés d'informations nominatives, hormis
les traitements de comptabilité générale, doivent " préalablement
à leur mise en œuvre faire l'objet d'une déclaration auprès de la
Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés ".Et
cela n'est pas sans danger pour le dirigeant, considéré comme
juridiquement responsable du contenu de la déclaration : il risque de 6
mois à 3 ans d'emprisonnement et une amende de 2 000 à 200 000 F (de
303 à 30 350 euros). Même si dans la plupart des cas la CNIL
préférera la concertation à la répression et essaiera de régler un
litige en trouvant une solution amiable.
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Dans le cas de détention de
'données sensibles' (origines raciales, opinions politiques,
philosophiques ou religieuses, appartenances syndicales ou mœurs des
personnes), 5 ans de prison et 2 000 000 francs sont requis.
Même sanction si un système informatique utilise le Numéro
National d'Identification d'un salarié sans permission de la CNIL, ceci
afin d'éviter le recoupement de fichiers informatiques par le biais du
numéro de sécurité sociale ou le numéro INSEE.
La déclaration reste cependant un travail très lourd (compter
jusqu'à 6 mois de préparation) qui doit être absolument pris en
compte et intégré dans un projet.
D'une part parce qu'on ne peut pas mettre dans un système
d'information n'importe quelle nature de données : selon l'article
31 de la loi " il est interdit de mettre ou de conserver en
mémoire informatisée, sauf accord exprès de l'intéressé, des
données nominatives qui, directement ou indirectement, font apparaître
les origines raciales ou les opinions politiques, philosophiques ou
religieuses ou les appartenances syndicales des personnes. "
D'autre part car un système d'information ne peut légalement être
mis en production sans l'aval de la CNIL. Haffit Ennaoura explique
encore que " beaucoup d'entreprises font une déclaration
ordinaire, mais le font assez mal car ils ne font uniquement qu'une
liste des informations traitées alors que ce qui intéresse la CNIL
c'est le contenu et la finalité de chacune des rubriques traitées par
le logiciel. " .
D'autant plus qu' " à partir du moment où il est choisi de
jouer le jeu de la déclaration, la CNIL vérifie jusqu'au bout la
validité des données ". Les principales difficultés
rencontrées résident dans le fait de faire la différence entre
déclaration simplifiée, déclaration ordinaire, avis, lors de
modification ou lors de suppression d'un traitement automatisé
d'informations nominatives. Aussi la paie des personnels peut faire
l'objet d'une déclaration simplifiée, alors que les autres principaux
outils de Gestion des Ressources Humaines nécessitent une déclaration
ordinaire.
Mais la plus grande difficulté reste le renseignement des
nombreuses annexes. Celles-ci servent principalement à sonder les
informations traitées par un système informatique et à valider leur
finalité, à comprendre la sécurité développée autour de ces
informations et à vérifier |
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que chaque salarié bénéficie bien de
son droit de veto, d'accès et de modification de ses données
personnelles. Cela permet aussi de vérifier qu'un logiciel ne se
substitue pas à l'homme pour la prise de décision, que certaines
informations ne sont pas gardées plus longtemps que leur durée
prévue, voir encore que les informations ne sont pas accessibles à des
personnes non autorisées ou qu'elles ne sont pas communiquées à des
tiers à des fins commerciales. C'est pourquoi l'ampleur du travail
de renseignement des annexes nécessite la collaboration de la Direction
Informatique de l'entreprise comme de la Direction des Ressources
Humaines. De plus, certains points peuvent être particulièrement
délicats à déclarer ; cela peut être le cas pour les outils de
gestion des compétences ou des carrières et les outils de recrutement.
Toute information ne doit pas pouvoir figurer
dans un système d'information. Par
exemple, prévient Haffit Ennaoura, il va falloir " se servir avec
parcimonie des champs commentaires " qui permettraient aux managers
(suite à l'entretien de performance) ou aux responsables recrutement de
renseigner des informations subjectives qui n'ont pas à figurer dans
une base de données.
Le statut de la CNIL lui permet à tout moment de
visiter une entreprise et de vérifier que l'utilisation d'un traitement
automatisé des données nominatives correspond bien avec ce qui a été
déclaré lors de son implémentation. Elle peut même en cas de
circonstances exceptionnelles aller jusqu'à détruire des supports
d'information. Cependant elle est moins bien armée en ce qui
concerne les transmission de données personnelles entre différents
pays. Le cadre légal complique la déclaration à la CNIL lors de
traitements internationaux. Mais imaginons un système d'information
dont le traitement des données serait effectué en France mais dont la
base de données serait localisée à l'étranger. Comment contrôler
que l'utilisation de certaines informations correspond bien à la
finalité du traitement déclaré en France ? Par exemple il
serait possible de s'appuyer sur une base de données pour concevoir un
plan de licenciement à partir de l'étranger mais dont les
répercussions se feraient en France. C'est pourquoi les
transmissions de données entre différents pays font état actuellement
de nombreux débats en France comme au niveau européen dans un contexte
où pour des raisons de coûts ou d'harmonisation de nombreuses bases de
données sont migrées à l'étranger. |
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| Sources |
 | Pour plus de renseignements sur la déclaration, visitez le site
de la CNIL à l'adresse : www.cnil.gouv.fr
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