La graphologie: présentation
générale
Cette technique
est née de la constatation que malgré l’apprentissage scolaire d’un
même modèle d’écriture, chacun adopte ensuite un graphisme qui lui
est propre, différent de tous les autres. L’écriture serait ainsi
le reflet de quelque chose de très personnel, que l’on pourrait
étudier en suivant une méthode d’analyse de la personnalité.
Cette analyse vise à dégager trois
aspect : l’intelligence, l’affectivité
et l’activité en se referant à 7 caractéristiques de l’écriture :
la direction de celle-ci,la forme, la vitesse, la continuité, la
pression du stylo sur le papier, la dimension des caractères, l’ordonnance
des lettres.
Elle est pratiquée par des spécialistes ayant suivi plusieurs années
de formation éventuellement sanctionnée d’un diplôme.
La graphologie n’est pas une profession réglementée et
il existe deux syndicats : le groupement des
graphologues-conseils de France (GGCF) dont le diplôme est reconnu par
l’Etat, et la Société Française de Graphologie (SFG) dont le
diplôme est reconnu d’utilité publique.
Au début des années 80, suite à l'engouement des entreprises pour
cette technique de recrutement, le Ministère du Travail a reconnu
officiellement le "diplôme"du Groupement des Graphologues
Conseils de France accréditant ainsi le bien-fondé de la graphologie
à des fins professionnelles Sur le plan
juridique, il n'existe aucun "diplôme d'état" de
graphologie. La formation délivrée par des organismes ou écoles
privées est sanctionnée par un "certificat de fin d'études"
.
La plupart des entreprises qui utilisent
officiellement la graphologie font appel a ces experts
qui estiment eux-mêmes leur marge d’erreur entre 15 et 20%.
Certains graphologues se spécialisent dans un domaine :
sélection professionnelle, orientation conjugale, expertise auprès des
tribunaux mais tous travaillent selon la même approche.
Pour
travailler le graphologue demande : un ou plusieurs
documents manuscrit originaux (de préférence au stylo) signés, le
sexe et la nationalité (ou le lieu de la première scolarité).
A partir de là, il réalise selon la
demande :
-un simple tri de plusieurs dossier selon quelques critères clef
-une esquisse qui dépeint en quelques lignes les traits dominant de la
personnalité
-une analyse succincte donnant en une page le profil général de la
personnalité
-une analyse approfondie en trois ou quatre page
comportant plusieurs chapitre :intelligence et affectivité
par exemple.
Ainsi, il serait possible de déterminer par exemple si une personne
est méthodique, imaginative, si
elle a penchant pour le travail de groupe, si elle est dynamique ou si
elle manque de confiance en elle….
Au niveau du
processus de recrutement, une analyse graphologique peut-être
réalisée à tous moments :
au premier examen des candidatures, pour
préparer l’entretien (s’il est réalisé par un sélectionneur
graphologue), en fin de sélection au moment du choix parmi les derniers
candidats.
Cette méthode est très utilisée en sélection, compte tenu de sa
rapidité, de sa réalisation hors de la présence du candidat et de son
prix modique.
Quelles sont les raisons de
son utilisation ?
Le prix est
en effet la première raison du succès de cette méthode qui reste
nettement moins coûteuse qu’un essai professionnel (de 10 Euros par
dossiers pour un simple tri jusqu’à environs 100 Euros en moyenne
pour une analyse graphologique approfondie).
L’analyse
graphologique est généralement bien vécue par les
candidats comme le sous-entend Nicole Dognin, recruteur chez GFI :
« La méthode est indolore contrairement aux tests ou aux
entretien vécus dans l’angoisse »
Enfin, le
portrait dressé par le graphologue demeure relativement ouvert
de tel sorte que le recruteur ne se sent pas dépossédé de son
pouvoir de décision.
Une certaine
fascination constatée à la fin du XXème siècle pour tout ce qui a
trait à l’irrationnel, tout ce qui nous dépasse, explique enfin
pourquoi de temps à autres des
personnes influençables subjuguées par l’aspect un peu magique de
cette technique, s’en remettre les yeux fermés aux avis de
« leur » graphologue .
La
graphologie a connu depuis la fin des années 70 jusqu’au milieu des
années 90 un essor remarquable dans les pratiques de recrutement. Comme
le montre le tableau ci-dessous, la France arrive en tête de son
utilisation : en effet la graphologie est une spécificité
française !!
Certains
recruteurs affirment que la méthode idéale n’existe pas : même
les entretiens qu’ils croyaient fiables, sont de plus en plus
critiqués face à des candidats de mieux en mieux préparés…devant
leur impuissance , leurs raisonnement est simple : « après
tout , la grapho ou autre chose… » .Ainsi de nombreux
sélectionneurs en entreprises ou en cabinet font travailler
régulièrement des graphologues.
|
« 80%
des entreprises françaises avouent utiliser la graphologie
couramment dans le processus de recrutement ». |
Il n’y a, a
priori, aucune raison d’en avoir peur et elle ne représente qu’un
des paramètres entrant en
ligne de compte pour la sélection d’un candidat. Il est d’ailleurs
frappant de voir que cette méthode a moins d’opposants que les tests.
On fait plus volontiers appel au graphologue qu’au psychologue.
Peut-être pour une raison de coût sans doute aussi parce que ce moyen
semble accessible à tous(ce qui ne va pas sans danger).
La graphologie
est alors considérée comme un outil précieux, qui n’est pas un
processus de sélection à part entière mais plutôt
une méthode d’aide au recrutement. Les qualités ou les
faiblesses analysées ne le sont que dans le cadre du travail à
accomplir : c’est du moins ce qui est affirmé car depuis le
début des années 90, les méthodes de recrutement sont dorénavant
encadrées au niveau légal.
La graphologie et le
droit : le chat et la souris ?
Voici les
différents articles qui encadrent légalement les méthodes de
recrutement :
La loi
n°92-1448 du 31 Décembre 1992, dans le Code du Travail, stipule que
"le candidat à un emploi doit être informé des méthodes d'aide
au recrutement utilisées à son égard. Ces méthodes sont tenues
d'être pertinentes au regard de la finalité poursuivie".
La loi 78-17 du 6 Janvier 1978 précise "qu'il convient d'informer
le candidat sur sa demande et conformément aux articles 35 et 45 des
résultats des analyses, notamment des tests éventuellement
pratiqués".
Article L121-6 :
Les informations demandées, sous quelque forme que ce soit, au
candidat à un emploi ou à un salarié ne peuvent avoir comme finalité
que d'apprécier sa capacité à occuper l'emploi proposé ou ses
aptitudes professionnelles.
Ces informations doivent présenter un lien direct et nécessaire
avec l'emploi proposé ou avec l'évaluation des aptitudes
professionnelles. Le candidat à un emploi ou le salarié est tenu
d'y répondre de bonne foi.
Article L121-7
Le candidat à un
emploi est expressément informé, préalablement à leur mise en
oeuvre, des méthodes et techniques d'aide au recrutement utilisées à
son égard. Le salarié est informé de la même manière des
méthodes et techniques d'évaluation professionnelles mises en oeuvre
à son égard. Les résultats obtenus doivent rester confidentiels.
Les méthodes et techniques d'aide au recrutement ou d'évaluation
des salariés et des candidats à un emploi doivent être pertinentes au
regard de la finalité poursuivie.