1. Bien sélectionner et préparer le candidat au
départ
·
Mener une campagne de communication pour sélectionner
les candidats. Cette dernière doit être initiée en interne afin que
les salariés intéressés puissent être détectés. Elle doit ensuite être
élargie au niveau externe car il faut compter
en moyenne 100 candidats pour 30 expatriés
et rares sont les entreprises qui disposent d’un tel vivier en
interne.
Pas question par
ailleurs d’imposer le départ d’un salarié, cela ne contribuerait
qu’à accroître les statistiques des retours prématurés estimées
entre 8% et 28% en Angleterre et entre 10% et 20% aux Etats-Unis.
·
Evaluer leurs motivations : Pourquoi
souhaitent-ils s’expatrier ? A ce stade, il faut pouvoir discerner
les motivations négatives des motivations positives. Un salarié
qui s’expatrie pour fuir des problèmes rencontrés dans son pays (échec
conjugal ou familial) n’envisagera pas l’expatriation de la même manière
qu’un candidat souhaitant évoluer sur le plan professionnel. Il faudra
donc accorder une attention particulière aux candidats ayant des prédispositions
linguistiques (facteur d’insertion), un projet de carrière bien déterminé
ou encore ceux qui expriment un enthousiasme particulier pour le poste ou
pour le pays cible.
·
Ajuster les techniques de recrutement aux nécessités du
contexte international. Selon Marc Reynaud, directeur associé du
cabinet Intercultural Management Associates,
il faut considérer en premier l’aspect psychologique (primordial
dans le processus d’intégration), puis la compétence, et enfin la maîtrise
de la langue. Pourquoi ? –
« Parce que la
langue ça s’apprend ! ».
·
Prendre en compte la situation personnelle de l’expatrié.
Gérer la carrière d’un expatrié peut aussi vouloir dire
s’occuper de celle de son conjoint. En effet, la principale cause d’échec
d’une installation à l’étranger est due au contexte familial.
Ceci ne signifie pas «priorité aux célibataires» mais suppose la
considération préalable des effets de cascade et de tous les coûts
engendrés par les satellites qui gravitent autour du salarié.
·
Informer le futur expatrié des modifications
contractuelles relatives à sa délégation. Dès lors que le lieu de
recrutement est différent du lieu d’exécution, l’entreprise et le
salarié sont unis par un contrat de travail
international. Les parties .pourront alors choisir la loi qui
va régir le contrat (loi d’autonomie) sous réserve que cette dernière
soit au moins aussi favorable que la loi du pays d’exécution. A défaut
de choix, la Convention de Rome prévoit le rattachement à la loi du lieu
d’exécution habituel, voire à la loi du pays où se trouve l’établissement
qui a embauché le travailleur (à défaut de lieu d’exécution
habituel). La complexité des situations en matière de droit
international incite à la prudence. A ce sujet, certains sites Internet
tels que Juriscope
proposent des traductions de textes de loi ainsi que des études comparées
entre les juridictions de nombreux pays.
·
Mettre en place des actions de
sensibilisation et de préparation à l’environnement interne
et externe de l’entreprise. Cet aspect implique, entre autre, une
description de la culture d’entreprise, des rapports hiérarchiques ou
encore des us et coutumes de la population locale. On pourra ainsi
concevoir :
=>Des réunions
d’informations
=>Des cours de langue
(avant et pendant le séjour de l’expatrié)
=>Le recours à un
tuteur au sein de l’entreprise d’accueil comme cela se pratique
parfois pour favoriser l’intégration des juniors.
·
Rester attentif à l’évolution du salarié une
fois le processus de délégation amorcé.
Le modèle d’Hofstede :
un outil pour mieux comprendre « les autres »
Durant les années 70, le
chercheur Allemand Geert Hofstede a mis en place une étude visant à
expliquer l’impact de la culture d’origine sur les valeurs au travail.
Les résultats de ses recherches ont profondément marqué le management
interculturel et sont encore aujourd’hui cités comme référence par
les professionnels de l’intégration en milieu étranger. Sans toutefois
tomber dans des stéréotypes réducteurs, un certain nombre de
conclusions par pays peuvent faciliter la compréhension interethnique :
La France, la Belgique
ou encore l’Italie et l’Espagne partagent des caractéristiques
similaires en terme de distance hiérarchique et de mentalité
individualiste. Qualifiés d’individualistes
indépendants, ils montrent le besoin d’une stricte autorité
de la part de leurs supérieurs hiérarchiques. Par ailleurs, ces pays ont
un degré de contrôle de l’incertitude particulièrement élevé qui
les pousse à accorder beaucoup de crédit aux règles,
règlements ou encore à la sécurité en terme de carrière.
Ils auront tendance à éviter les situations à risques et à ritualiser
leurs procédures. Les relations entre les individus tendront ainsi à être
très formelles.
Les Etats-Unis, l’Angleterre,
le Canada, la Hollande ainsi que l’Australie ou la Nouvelle-Zélande
présentent un individualisme plus exacerbé qu’en France ainsi qu’une
distance hiérarchique plus courte. Ceci implique des rapports
plus francs et directs entre les individus. Les prises de
risques sont fortement encouragées, la conduite du changement est mieux
tolérée et les règles ou règlements sont
réduits à leur plus strict minimum.
Dans les communautés d’origine anglophone, l’initiative de consulter
les employés vient souvent du chef.
Les pays germanophones
ou scandinaves tels que l’Allemagne, la
Norvège, la Finlande, le Danemark ou la Suisse ont les mêmes spécificités
que les Etats-Unis en ce qui concerne la faible distance hiérarchique
tout en ayant des degrés
d’individualisme
moins importants. Ils sont ainsi plus enclins
à adopter des techniques participatives au sein de
l’entreprise et à privilégier la
consultation de groupe.
Les pays asiatiques,
d’Amérique Centrale ou d’Amérique du Sud correspondent plus à
des sociétés de type communautaire avec par ailleurs des distances
hiérarchiques particulièrement élevées.
Si la sélection et la préparation
du candidat au départ sont des éléments déterminants dans le processus
d’expatriation, la rémunération sera aussi le fruit d’une réflexion
stratégique pour l’entreprise.