CAS
PRATIQUE DECF-UV2-98

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Cas DUFERT
La société anonyme DUFERT fabrique des pièces détachées
pour les entreprises de mécanique de précision, Leffectif est de soixante-quinze
salariés. Les institutions représentatives du personnel ont été mises en place
conformément à la loi. Depuis trois mois, une section syndicale a été créée,
affiliée à une confédération reconnue représentative au niveau national : un
délégué syndical a été désigné.
THEME N 0 I
La société négocie une commande importante à réaliser au
cours des deux mois prochains. Le temps de travail nécessaire à son exécution
excéderait la capacité de production habituelle. Lemployeur souhaite porter
lhoraire hebdomadaire de travail à quarante-deux heures pour chaque agent de
fabrication, pendant six semaines. Chacun de ces salariés a déjà accompli cent
vingt-cinq heures supplémentaires depuis le début de I année.
Travail à faire
I . Lemployeur peut-il avoir recours aux heures supplémentaires? Les
salariés peuvent-ils refuser? Quelles sont les obligations légales quimpose le
recours à ces heures supplémentaires?
1.2. Les dirigeants souhaiteraient remplacer intégralement le paiement des
heures supplémentaires par des jours de repos. Sous quelles conditions est-ce possible?
1.1. Lemployeur dispose annuellement dun contingent
libre de I 30 heures supplémentaires par salarié. Lhoraire envisagé représente
pour chaque salarié 18 heures supplémentaires. Compte tenu des heures déjà effectuées
le contingent annuel serait dépassé. Pour faire travailler les salariés au-delà du
contingent libre, lemployeur doit consulter le comité dentreprise et demander
lautorisation de linspecteur du travail.Les salariés ne peuvent refuser les
heures supplémentaires.Ces heures donnent lieu à un paiement majoré de 25 % ainsi
quà un repos compensateur pour toutes celles qui excèdent le contingent de 130
heures. Elles sont soumises aux cotisations sociales.
1.2. La compensation intégrale des heures supplémentaires par
un repos compensateur dit de remplacement est possible. La décision résulte soit
dun accord ou dune convention étendue, soit dun accord
dentreprise.Lemployeur ne peut pas prendre cette décision unilatéralement
mais il doit engager une négociation avec la section syndicale.Celle-ci, étant affiliée
à une confédération nationale reconnue représentative, bénéficie dune
présomption de représentativité au niveau de lentreprise.
THÈME N°2
Un salarié, technicien en productique, a travaillé à
limplantation dun logiciel de production assistée par ordinateur, À la suite
de dysfonctionnements répétés de lorganisation mise en place. le salarié a été
licencié. Une clause de non-concurrence figurait dans son contrat de travail. Elle lui
interdit de travailler dans toute entreprise du secteur industriel. en France. pendant une
durée de deux ans. En contrepartie, la société lui a versé une indemnité de 30000F
prévue dans le contrat. Six mois après son licenciement, le salarié qui na pas
retrouvé demploi, conteste la légitimité de cette clause de non-concurrence. Il a
manifesté son intention de saisir le conseil de prudhommes pour obtenir
lannulation de la clause ainsi que 20000F de dommages-intérêts. lemployeur
souhaiterait aboutir à une transaction avec le salarié. Il lui propose de réduire
lapplication de la clause de non-concurrence au secteur des industries mécaniques
si le salarié renonce à engager une action en Justice.
Travail à faire
2. I . Examinez si les conditions de validité de la clause de non-concurrence
sont réunies.
2 2 Quelles sont les règles applicables à la transaction?
2.1. Une clause de non-concurrence peut avoir été convenue
avec le salarié si elle est nécessaire à la protection des intérêts de
lemployeur. Mais pour être valable, la clause de non-concurrence doit être
limitée :
soit dans le temps;
soit dans lespace;
soit quant à la nature des activités.
Elle ne doit pas priver le salarié de la possibilité de
retrouver un emploi en rapport avec ses compétences. Les juges ont le pouvoir
dannuler des clauses abusives. La nullité dune clause de non-concurrence
entraîne pour le salarié un droit à des dommages et intérêts, proportionnels au
préjudice subi.Le travail effectué par le salarié de la société DUFERT concerne une
technologie nouvelle relative aux procédés de fabrication, domaine qui légitime une
clause de non-concurrence. Mais linterdiction de travailler dans toute entreprise
industrielle en France, obligerait le salarié à sexpatrier pour occuper un nouvel
emploi dans sa spécialité, ce qui constitue une contrainte excessive qui peut autoriser
le juge à lannuler.
2.2. La transaction est un accord écrit par lequel les
parties conviennent de terminer une contestation née ou préviennent une contestation à
venir. La transaction est valablement conclue si elle présente des concessions de part et
dautre.La transaction a lautorité de la chose jugée entre les parties, sans
possibilité de dénonciation unilatérale. En cas de litige. les juges peuvent apprécier
léquité des concessions de chaque partie.La proposition de lemployeur
correspond à une réduction des prétentions de lune et lautre des partes.
Elle permet au salarié de conclure un contrat de travail dans une autre entreprise
industrielle dun autre secteur
THÈME N°3
Jusquà présent, la société na jamais organisé
de formation pour son personnel. Les dirigeants envisagent des actions de formation pour
le personnel administratif et le personnel de production. Entre autres, le directeur
financier a informé monsieur LARSAN, comptable, quil recevrait le mois prochain une
formation à lutilisation du multimédia dune durée de 32 heures. Il la
également informé de son intention dinsérer dans son contrat de travail une
clause de dédit-formation.Monsieur LARSAN se demande quel serait son statut pendant le
stage de formation et si il peut refuser. Il voudrait également savoir quelles sont les
conséquences dune clause de dédit-formation.
Travail à faire
3.1. Quelles sont les obligations de la société concernant la
formation continue? Les représentants du personnel doivent-ils étre consultés?
3.2. Quelles réponses pouvez-vous apporter à monsieur LARSAN?
3.1. Les entreprises de plus de 10 salariés doivent consacrer
au minimum 1,5% de la masse salariale aux dépenses de formation continue. Les dépenses
libératoires concernent les salaires des personnes en formation ainsi que le coût de la
formation.
Le comité dentreprise est consulté chaque année :
sur les orientations de la formation permanente de lentreprise;
sur lexécution du plan de formation de lannée précédente;
sur le projet de plan de lannée suivante.
Le comité dentreprise est consulté au cours de deux
réunions. La première comporte la présentation et la discussion de documents
dinformation communiqués par lemployeur dans le cadre dune obligation
légale. Au cours de la deuxième réunion, le comité dentreprise délibère. Un
procès-verbal est établi concernant le choix des actions de formation et le personnel
concerné.
3.2. Pendant la formation organisée à linitiative
de lemployeur, le contrat de travail se poursuit. Le stage est une modalité
particulière dexécution du contrat. La formation est considérée comme un temps
de travail et rémunérée comme telle.Le salarié ne peut pas refuser de suivre une
formation. Le refus pourrait constituer une cause de licenciement.La clause de
dédit-formation oblige le salarié à rester au service de lemployeur pendant un
certain temps après la formation ou à verser à lemployeur une indemnité en cas
de départ anticipé.
THÈME N°4
Monsieur HENRt, contremaître dans lentreprise depuis 6
ans vient dêtre licencié pour perte de confiance. Lemployeur lui a indiqué,
lors de lentretien, que cette perte de confiance reposait sur le fait que sa femme,
ex-salariée de la société anonyme DUFERT, venait de créer une entreprise concurrente.
Ce salarié souhaite agir devant le conseil des prudhommes pour contester cette
décision.
Travail à faire
4.1 . Monsieur HENRI a-t-il des chances dobtenir
satisfaction?
4.1. La loi impose que le licenciement soit fondé sur un motif
réel et sérieux, cest-à-dire un motif exact, précis, reposant sur des faits
objectifs et revêtant une certaine gravité.La preuve du caractère réel et sérieux
doit être recherchée par le juge. Si un doute subsiste, il profite au salarié.La Cour
de cassation, depuis 1990, considère que la perte de confiance ne constitue pas en soi,
une cause réelle et sérieuse de licenciement, sauf si elle repose sur des faits
objectifs. À défaut, le licenciement est abusif.Si le licenciement est abusif et si le
salarié a au moins 2 ans dancienneté et quil appartient à une entreprise
ayant au moins Il salariés, dans ce cas, le tribunal peut prononcer sa réintégration.
Mais cette demière nest pas de droit. Elle doit être acceptée par les deux
parties. A défaut, le tribunal doit allouer au salarié une indemnité au moins égale à
6 mois de salaire, sans préjudice du versement de lindemnité de licenciement.Le
contremaître de lentreprise semble victime dun licenciement abusif, son
ancienneté et son appartenance à une entreprise de 75 salariés lui donnent droit à
lindemnité prévue par les textes.
THEME N°5
Le délégué syndical a demandé à lemployeur
dengager une négociation sur les augmentations de salaires. Pour éviter une
surenchère, les dirigeants de la société ont lintention de revaloriser les
salaires de 2% à partir du mois prochain.
Travail à faire
5.1 . Quelles sont les obligations de lemployeur à ce
sujet?
5.1. Dans les entreprises où une section syndicale
représentative est constituée et où un délégué syndical a été désigné,
lemployeur doit chaque année organiser une négociation sur les salaires effectifs,
la durée effective et lorganisation du temps de travail. Les modalités de la
négociation sont arrêtées dun commun accord. Lemployeur a lobligation
de négocier, mais pas daboutir à un accord.Pendant la négociation,
lemployeur ne peut pas prendre de mesures unilatérales, à caractère collectif,
sur les points qui font lobjet de la négociation.Les dirigeants de la SA DUFERI
doivent engager une négociation et, pendant sa durée, ils ne peuvent pas décider
unilatéralement une augmentation générale des salaires.
THEME N°6
Le délégué syndical a été consulté par un demandeur
demploi qui a été employé avec un contrat à durée déterminée (CDD) dans une
autre entreprise du 1er janvier 1997 au 31 décembre 1997 au motif de laccroissement
temporaire dactivité. Il a appris que précédemment ce même poste de travail
avait été occupé par un salarié en CDD du 1er juin 1995 au 30 novembre 1996, pour le
même motif. Il envisage dengager une action devant le conseil de prudhommes.
Travail à faire
6.1 . La réglementation du CDD a t-elle été appliquée?
6.2. Que peut demander le salarié?
6.1. Un CDD ne peut être utilisé pour pourvoir un emploi lié
à lactivité normale et permanente de lentreprise. La succession de CDD sur
un même poste de travail est interdite avant quil se soit écoulé un délai
minimal égal au tiers de la durée du contrat précédent.Si le délai de carence
nest pas respecté, lemployeur sexpose à des sanctions pénales et le
contrat est réputé à durée indéterminée.Lentreprise ne pouvait conclure un
deuxième CDD pour ce poste de travail avant un délai de 6 mois. Le délai nayant
pas été respecté, le nouveau contrat est réputé être à durée
indéterminee.
6.2. Le salarié peut demander directement devant le bureau de
jugement du conseil de prudhommes que le contrat soit requalifié en contrat à
durée indéterminée. La rupture du contrat relève alors des règles applicables au
licenciement. Elle constitue une rupture sans cause réelle et sérieuse puisque
lemployeur na pas adressé au salarié de lettre de licenciement motivée.Le
salarié ayant moins de deux ans dancienneté, le conseil de prudhommes
déterminera lindemnité pour licenciement abusif en fonction du préjudice subi.