Obligation d'avoir une infirmerie dans l'entreprise
Selon l'article R 241-36, si les conditions
sont réunies , les entreprises "doivent " s'assurer le
concours d'infirmiers.
Rôle et fonctions du personnel infirmier
Le personnel infirmier a pour mission, notamment, d'assister le
médecin du travail, il doit assurer une présence permanente pendant
les heures normales de travail, il peut être mis en place, à temps
partiel ou à temps complet, si le médecin du travail ou le comité
d'entreprise en fait la demande. L'inspecteur du travail prend la
décision si la demande est contestée par l'employeur.
Lorsque l'activité de l'entreprise comporte du travail de jour et de
nuit et que l'effectif du personnel infirmier ne permet pas d'assurer
cette présence, l'employeur doit prendre les dispositions nécessaires,
après avis du médecin du travail, pour que soient assurés les
premiers soins aux accidentés et aux malades. Ces dispositions font
l'objet d'un document tenu à la disposition de l'inspecteur du travail
(C. trav., art. R. 241-40). Le personnel recruté doit posséder le
diplôme d'Etat ou avoir l'autorisation d'exercer sans limitation, dans
les conditions fixées par le Code de la santé publique. Il est
recruté avec l'accord du médecin du travail
Nombre d'infirmiers
L'existence d'une infirmerie est obligatoire à partir de 200
salariés. le nombre d'infirmiers varie en fonction du nombre de
salariés et de la nature de l'entreprise :
Dans les entreprises industrielles, il faut un infirmier entre 200
et 800 salariés plus un infirmier supplémentaire par tranche de 600
salariés.
Dans les entreprises et établissements industriels de moins de 200
salariés une infirmière ou un infirmier est recruté si le médecin du
travail et le comité d'entreprise en font la demande.
Dans les entreprises autres que les établissements industriels, de
500 salariés ou plus, il faut un infirmier pour une entreprise de 500
à 1 000 salariés et au-dessus, un infirmier par tranche de 1 000
salariés. Dans les entreprises et établissements industriels de moins
500 salariés, une infirmière ou un infirmier est recruté si le
médecin du travail et le comité d'entreprise en font la demande.
Pour déterminer l'activité de l'entreprise, il faut apprécier les
faits au jour où la contestation naît . Le code APE ou NAF n'a
qu'une valeur indicative et ne dispense pas de la recherche de
l'activité principale effective de l'entreprise (Cass. soc., 14 nov.
1991, no 88-43.708 ). Est considérée comme activité principale
(Rép. min. no 10230, JO supp. 5 mai 1971) :
- pour une entreprise à caractère commercial, celle qui représente le
plus grand chiffre d'affaires ;
- pour une entreprise à caractère industriel, celle à laquelle sont
occupés le plus grand nombre de salariés ;
- pour une entreprise ayant des activités à la fois industrielle et
commerciale, le critère lié à l'effectif sera retenu lorsque le
chiffre d'affaires afférent à l'activité industrielle est égal ou
supérieur à 25 % du chiffre d'affaires total.
Décompte des effectifs
Selon l'article L. 412-5 , les salariés sous contrat à durée
indéterminée, les travailleurs à domicile et les travailleurs
handicapés employés dans des entreprises, des ateliers protégés ou
des centres de distribution de travail à domicile sont pris en
compte intégralement dans l'effectif de l'entreprise.
Les salariés sous contrat à durée déterminée, les salariés
sous contrat de travail intermittent, les travailleurs mis à la
disposition de l'entreprise par une entreprise extérieure, y compris
les travailleurs temporaires, sont pris en compte dans l'effectif de
l'entreprise au prorata de leur temps de présence dans celle-ci au
cours des douze mois précédents.
Toutefois, les salariés sous contrat à durée déterminée, sous
contrat de travail temporaire ou mis à disposition par une entreprise
extérieure sont exclus du décompte des effectifs lorsqu'ils remplacent
un salarié absent ou dont le contrat de travail est suspendu.
Les salariés à temps partiel, quelle que soit la nature de leur
contrat de travail, comptent pour un effectif calculé en divisant la
somme totale des horaires inscrits dans les contrats de travail par la
durée légale du travail ou la durée conventionnelle mentionnée
aux deuxième et troisième alinéas de l'article L. 212-4-2.
Sanctions
Si l'employeur conteste la demande, la décision est prise par
l'inspecteur du travail, après avis du médecin inspecteur régional du
travail et de la main-d' oeuvre.
Les infractions aux dispositions légales sur les services médicaux
du travail sont punies d'une amende de 3 750 € au plus pour la
première infraction (C. trav., art. R. 264-1) . En cas de
récidive dans le délai de trois ans, les peines sont portées à :
prison jusqu'à quatre mois et amende jusqu'à 7 500 € ; une peine
complémentaire d'affichage et de publication de jugement est appliquée
(C. trav., art. L. 264-1) .
Obligation d'avoir un secouriste
Dans chaque atelier où sont effectués des travaux dangereux,
comme dans chaque chantier occupant 20 personnes pendant plus de 15
jours où sont effectués des travaux dangereux, un membre du personnel
doit recevoir obligatoirement une formation de secouriste pour apporter
les premiers secours en cas d'urgence (C. trav., art. R. 241-39) .
Le registre des accidents bénins
Créé dans un but de simplification, le registre des accidents
bénins dispense l'entreprise autorisée ( par la caisse régionale
d'assurance maladie ) à tenir un tel registre de déclarer les
accidents bénins (c'est-à-dire n'entraînant ni arrêt de travail
ni soins médicaux) dès lors qu'elle les inscrit sur ce
registre.
L'autorisation est subordonnée à la réunion des conditions
suivantes ( conditions cumulatives ) :
- présence permanente d'un médecin, d'un pharmacien, d'un
infirmier diplômé d'Etat ou d'une personne chargée d'une mission
d'hygiène ou de sécurité dans l'entreprise, détentrice d'un diplôme
national de secouriste complété par le diplôme de sauveteur
secouriste du travail, délivré par l'Institut national de recherche et
de sécurité (INRS) ou par les caisses régionales d'assurance maladie
;
- existence d'un poste de secours d'urgence ;
- respect par l'employeur de ses obligations légales en matière de
CHSCT.
Si la caisse régionale refuse l'autorisation de tenue d'un registre
des accidents bénins, elle doit faire parvenir à l'employeur sa
décision motivée.
Tenue du registre
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Dès l'accident, il faut mentionner sur le registre les
mêmes informations que celles demandées lors d'un accident du
travail :
- le nom du salarié concerné ;
- la date de l'accident ;
- le lieu de l'accident ;
- les circonstances de l'accident ;
- la nature et la localisation des lésions (accompagnées du
visa de la personne ayant dispensé les soins), etc.
Le salarié doit signer le registre.
En cas de complications
Si l'accident entraîne postérieurement un arrêt de travail ou
des soins médicaux, l'employeur doit établir une déclaration
dès la survenance des complications.
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L'employeur doit envoyer le registre à la fin de chaque année
civile à la caisse régionale d'assurance maladie compétente. L'envoi
doit être effectué par lettre recommandée avec accusé de réception
.
La non-tenue du registre des accidents bénins est sanctionnée de la
même façon que le défaut de déclaration d'un accident du travail.
- le défaut de déclaration par l'employeur d'un accident du travail
est passible d'une contravention de la 4e classe soit 750 €. En cas de
récidive, l'amende sera celle des contraventions de la 5e classe soit 1
500 €
- lorsqu'un employeur envoie une déclaration frauduleuse à la caisse
afin de faire obtenir à son salarié des prestations non dues, il
s'expose à une amende de 3 000 € (CSS, art. L. 471-3).
Sauf faute inexcusable ou faute intentionnelle de l'employeur, aucune
action en réparation de l'accident ne peut être exercée par la
victime ou ses ayants droit (CSS, art. L. 451-1).La condamnation de
l'employeur à des sanctions civiles peut être demandée, soit par la
victime, soit par les caisses d'assurance maladie .
- les salariés victimes d'un accident du travail que l'employeur n'a
pas déclaré, et qui n'ont pas fait eux-mêmes la déclaration dans le
délai requis , peuvent toujours engager une action contre leur
employeur en réparation du préjudice subi. La victime de l'accident du
travail est prioritaire dans son action par rapport aux caisses de
sécurité sociale. La caisse d'assurance maladie peut engager une
action en remboursement contre l'employeur ou ses préposés ayant
contrevenu aux dispositions relatives à la déclaration des accidents
ou n'ayant pas inscrit les accidents sur le registre spécial (CSS, art.
L. 455-2).