Suite à l'adoption du Traité d'Amsterdam, qui contenait un nouveau titre emploi, il a été décidé dans le cadre du Sommet pour l'Emploi de Luxembourg en novembre 1997 que cette stratégie serait conçue de manière à reposer sur quatre piliers principaux : l'employabilité, l'entreprenariat, l'adaptabilité et l'égalité des chances. Chaque année, une série de Lignes directrices sont adoptées, portant sur chacun des quatre piliers, qui identifie un certain nombre de cibles spécifiques afin que les Etats membres se doivent d'atteindre dans le cadre de leur politique pour l'emploi.
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Pilier n°1: Employabilité
Le premier des quatre piliers met l'accent sur l'employabilité et le déficit en qualifications. Un élément essentiel du pilier de l'employabilité est la reconnaissance de la nécessité d'une intervention précoce, avant que les intéressés ne deviennent des chômeurs de longue durée, et la mise à disposition d'une aide personnalisée et ciblée sur les besoins individuels.
Afin d'influer sur l'évolution du chômage des jeunes et du chômage de longue durée, les États membres doivent adopter des stratégies préventives et d'amélioration de l'employabilité reposant sur une identification précoce des besoins individuels;
Au cours d'une période à fixer par chaque État membre, mais qui ne peut dépasser 5 ans, sauf dans les États membres enregistrant un taux de chômage particulièrement élevé, les États membres veillent à ce que:
1. chaque jeune au chômage se voie offrir un nouveau départ avant d'avoir été au chômage pendant 6 mois, sous la forme d'une formation, d'un recyclage, d'une expérience professionnelle, d'un emploi ou d'une autre mesure en faveur de l'employabilité;
2. chaque adulte au chômage se voie également offrir un nouveau départ avant d'avoir été au chômage pendant 12 mois, sous l'une des formes susmentionnées ou, d'une manière plus générale, d'un parcours d'insertion.
Ces mesures préventives en faveur de l'employabilité devraient être combinées à d'autres destinées à promouvoir la réintégration des chômeurs de longue durée.
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Pilier n°2: Esprit d'entreprise
Le second des quatre piliers des Lignes directrices résulte de la constatation que la création d'un plus grand nombre d'emplois de meilleure qualité exige des entreprises un esprit dynamique et entreprenant et la volonté de vouloir s'étendre et d'embaucher du personnel. C'est pourquoi, le présent pilier est axé sur l'esprit d'entreprise, au sens large du terme, afin de couvrir le démarrage et la gestion de nouvelles entreprises, le développement d'entreprises existantes et l'encouragement à l'adoption d'initiatives à l'intérieur des grandes entreprises. Il soutient également des mesures tendant à créer de nouvelles sources d'emploi (y compris les emplois indépendants) et à créer des réseaux entre les entreprises et entre les entreprises et les autorités locales.
En mettant en place une réglementation claire, stable et prévisible et en améliorant les conditions pour le développement des marchés de capital à risque. Les nouvelles facilités offertes par la banque européenne d'investissements, conjuguées avec les efforts des États membres, faciliteront la création de nouvelles entreprises. Les États membres devraient également alléger et simplifier les charges administratives et fiscales qui pèsent sur les petites et moyennes entreprises.
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Pilier n°3: Adaptabilité
Comme nous l'avons déjà fait remarquer, le défi de l'emploi se caractérise en partie par la nécessité d'une plus grande adaptabilité, des entreprises, d'une part, mais aussi de la main-d'œuvre, d'autre part. C'est pourquoi, le troisième pilier se concentre-t-il sur l'adaptabilité des entreprises et des travailleurs face aux nouvelles technologies et aux changements qui s'opèrent sur les marchés, à la réorganisation du travail et au développement de nouveaux produits et services. Ce pilier a pour objet l'adaptabilité en termes d'organisation du travail, de formes et de contrats de travail, ainsi qu'en termes de systèmes réglementaires et de formation. Il reconnaît explicitement qu'un équilibre doit être rétabli entre les besoins en flexibilité des entreprises et les exigences de sécurité et d'employabilité des travailleurs, et que la recherche de cet équilibre ne sera pas toujours une tâche aisée.
Afin de promouvoir la modernisation de l'organisation du travail et des formes de travail:
les partenaires sociaux sont invités à négocier, aux niveaux appropriés, notamment au niveau sectoriel et au niveau des entreprises, des accords visant à moderniser l'organisation du travail, y compris les formules souples de travail, afin de rendre les entreprises productives et compétitives et d'atteindre l'équilibre nécessaire entre souplesse et sécurité. Ces accords peuvent porter par exemple sur l'annualisation du temps de travail, la réduction du temps de travail, la réduction des heures supplémentaires, le développement du travail à temps partiel, la formation tout au long de la vie et les interruptions de carrière;
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Pilier n°4: Égalité des chances
Le dernier pilier des Lignes directrices donne la priorité à l'égalité des chances dans le double but, économique et social, de moderniser les sociétés afin que les femmes et les hommes puissent travailler dans des conditions égales, en assumant des responsabilités égales et contribuer ainsi à la pleine croissance des capacités des économies européennes. Il reconnaît à la fois la nécessité sociale de combattre les discriminations et les inégalités entre les femmes et les hommes, et la perte économique résultant de la non-utilisation pleine et entière des capacités de production de toutes les catégories de la population.
Outre la lutte contre la discrimination entre hommes et femmes dans la vie économique et sociale en Europe, le présent pilier met l'accent sur l'intégration dans la vie professionnelle des personnes handicapées. Il s'agit d'un premier pas important vers la reconnaissance que l'intégration sans réserve des personnes handicapées est un élément fondamental de l'égalité des chances. C'est également un pas vers une application plus large en matière d'emploi de l'importante nouvelle clause anti-discriminatoire du Traité d'Amsterdam en vertu de laquelle le Conseil peut prendre "... les mesures nécessaires en vue de combattre toute discrimination fondée sur le sexe, la race ou l'origine ethnique, la religion ou les convictions, un handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle" (Article 13).